Photographie

Le Maroc à travers le regard de Gabriel Veyre

,LE MATIN
06 Mai 2012
Lexposition-sera-inauguree-a-Casablanca.jpg L’exposition sera inaugurée à Casablanca dans le nouveau musée de la Fondation Abderrahmane Slaoui.

● L’Institut français du Maroc présente, pour la première fois, l’exposition «dans l’intimité du Maroc». Une collection inédite de photographies et de films composée sur le Royaume de 1901 à 1936 par l’artiste-photographe Gabriel Veyre.
● Cette exposition permet d’entrer dans l’intimité du Maroc de cette époque, loin des clichés et des stéréotypes, mais au plus près de la vie quotidienne de ses hommes et de ses femmes, grâce au génie et au regard si particulier de Gabriel Veyre qui a passé 35 ans de sa vie dans ce pays.

Venu au Maroc «pour trois mois tout au plus», Gabriel Veyre restera sept ans au service du Sultan Moulay Abd El Aziz comme «ingénieur de Sa Majesté chérifienne». Durant ces sept années passées dans l’intimité du sultan à Fès et Marrakech, ce dernier n’a cessé de produire des images qui constituent aujourd’hui un témoignage photographique exceptionnel sur le Maroc du début du XXe siècle. Après avoir parcouru le monde comme opérateur du cinématographe des frères Lumière, Gabriel Veyre débarque au Maroc en 1901 pour enseigner la photographie au Sultan Moulay Abd El Aziz. Ces quelques années passées dans l’intimité de la cour chérifienne seront déterminantes : lorsque sa mission prend fin en 1907, il décide de s’installer définitivement au Maroc où son esprit ingénieux l’amène à développer de multiples activités innovantes qui l’éloignent pour un temps de la photographie.

Mais en 1934, Gabriel Veyre revient à ses premières amours, la photographie et le cinéma. Équipé d’une chambre photographique, de matériel autochrome (premier procédé de photographies en couleurs) et d’une caméra 16 mm, il entreprend un voyage à travers tout le Maroc afin d’immortaliser des centaines de paysages et de portraits, et de filmer autant de scènes de la vie quotidienne. Il dresse ainsi un portrait unique du Maroc en ce début de vingtième siècle. Un Maroc poétique et légendaire, vibrant de luminosité.
À noter que cette exposition est produite par l’Institut français du Maroc dans le cadre de la saison culturelle France-Maroc, en partenariat avec la galerie Lumière des Roses, le Musée Nicéphore Niepce et les Éditions Malika. Elle sera inaugurée à Casablanca dans le nouveau musée de la Fondation Abderrahmane Slaoui et circulera ensuite à Tanger, El-Jadida, Rabat, Meknès, Oujda, Marrakech et Safi.

À l’occasion de cette exposition, les Éditions Malika rééditent le livre des photographies de Gabriel Veyre (1901-1936) paru en 2005 aux Éditions Kubik et aujourd’hui épuisé, ainsi qu’un dossier pédagogique destiné aux enseignants et permettant de préparer la visite de l’exposition préalablement à la venue des élèves. Des ateliers pour le jeune public, des conférences et des projections avec accompagnement musical enrichiront la visite. Gabriel Veyre a ainsi pu photographier le Maroc pendant plus de trente ans, ces images constituent aujourd’hui un document exceptionnel sur la mémoire visuelle du Maroc du début du XXe siècle et, au-delà de leur valeur historique, témoignent d’un regard profondément humain. D’ailleurs, une rue de Casablanca porte encore le nom du «Docteur» Veyre.



Gabriel Veyre : un précurseur au Maroc

C’est un prodige dans la photographie. Un «touche-à-tout», polyvalent, passionné par la technologie et l’innovation. Son esprit pragmatique et ingénieux l’a conduit à se lancer dans de multiples entreprises, mais toujours avec le souci de servir ce Maroc qui le passionne. C’est ainsi qu’il montera les usines du grand Socco, à partir desquelles l’électricité sera distribuée pour la 1re fois.
Il était également précurseur en matière d’automobile en devenant en 1909 le concessionnaire exclusif de la marque Ford. Il fondera le garage Auto-Hall ainsi que le premier club automobile l’année d’après.
Avec une longue liste de réalisations à son actif, celui qu’on surnomme le «docteur» Veyre a marqué à jamais l’histoire marocaine de son empreinte.

E-MATIN
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