Après ses créations sur des sujets en rapport avec la femme marocaine, les costumes traditionnels et le quotidien au Maroc, Sophia Lahlou s’est lancée dans une nouvelle expérience sur le thème du cheval, exploitant sa beauté et son histoire pleine de magie et de courage.
«Al Furusiyya au féminin», comme le nomme le socioanthropologue Jawad Lahlou, représente les œuvres de Sophia, remontant le temps vers les chevaux des Almoravides, des Almohades, des Mérinides, des Zénétes et de la splendeur andalouse. «Il y a bien un art de monter à cheval chez le Marocain pour simuler la guerre en faisant la paix. C’est le thème de certains tableaux de cette exposition», souligne Jawad Lahlou pour expliquer la démarche de Sophia qui, selon lui, a choisi la paix en la montrant à travers le cheval qui dégage une lumière parfois auréolée par la calligraphie comme un don de Dieu.
«C’est un sujet que j’ai toujours voulu exploiter dans mes travaux plastiques, d’abord parce que j’aime le cheval depuis que j’étais toute petite. Nous habitions, dans mon enfance, à proximité d’un club équestre et j’ai gardé une grande admiration pour cet animal noble. C’est une image qui est restée dans ma mémoire et c’est venu le temps de la mettre sur toile», affirme l’artiste.
Peints en plein mouvement, les chevaux de Sophia sont d’une beauté incroyable, dégageant une âme et une prestance dignes de leur noblesse. Son expression plastique, tout à fait propre à elle, met en relief des couleurs, des ombres et des lumières qui cadrent avec le galop chevaleresque et la physionomie du cheval fier et majestueux. De tableau en tableau, Sophia nous fait remonter le temps et l’espace, en nous racontant les plus belles chevauchées, depuis les chevaux sauvages jusqu’à ceux dressés par les humains.
Une aventure qu’elle ne compte pas lâcher de sitôt. Car, selon elle, il reste encore beaucoup à faire chez cet ami de l’homme qui l’a accompagné aussi bien dans ses guerres que dans ses festivités.
«Les chevaux dans l’art pictural de Sophia incarnent la beauté, l’allure, les couleurs et le respect qu’il dégage comme compagnon du Marocain pour la préservation de la nature et aussi pour l’usage comme art équestre», précise Jawad Lahlou.
Et d’ajouter que le cheval au Maroc a toujours été vénéré à travers des Moussems, comme ceux de Abdellah Amghar et Tissa dans la région de Fès. D’où la recherche de Sophie dans un héritage fructueux, car enraciné dans l’histoire et les traditions au Maroc, représentant un patrimoine commun et un legs faisant la fierté de tous les Marocains.
