Anthropic va "ralentir autant que nécessaire" la cadence sur l'IA "pour s'assurer" que chaque nouveau modèle commercialisé "soit vraiment sûr", a promis mercredi son patron, Dario Amodei, devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
Pour certains, ce discours s'accommode mal des contraintes inhérentes à un groupe coté, la rumeur attribuant toujours au créateur de l'interface Claude l'intention de faire le grand saut prochainement, plutôt en novembre qu'en octobre comme prévu initialement, selon le Wall Street Journal.
Le patron d'OpenAI, Sam Altman a d'ailleurs officialisé, mi-septembre, le report à 2027 de l'introduction du père de ChatGPT, estimant 2026 "mal choisi (...) au vu de tout ce qui se passe en matière de sécurité".
La Bourse "ajoute de la pression", "des attentes en matière de croissance", "un cours qui bouge toutes les secondes", a fait valoir, sur X, Deirdre Bosa, commentatrice de la tech.
Autre handicap potentiel au moment de se présenter au marché, le catalogue d'incidents rapportés par Anthropic et OpenAI depuis le début de l'été sur les sorties de route de leurs modèles.
Ni Dario Amodei ni Sam Altman n'ont cherché à minimiser ces épisodes, qui ont vu les modèles dévier des objectifs fixés, tricher ou dissimuler les traces de leurs méfaits.
Si les nouvelles menaces liées à cette technologie, à savoir une utilisation malveillante ou la dérive d'un modèle "sont mal gérées", a déclaré mercredi Dario Amodei, "je pense même que l'IA pourrait présenter un risque pour l'humanité tout entière".
Là encore, des investisseurs ont tiqué, inquiets de voir dégradée l'image du seul produit commercialisé par les deux entreprises, à savoir de l'IA.
"L'appétit est énorme"
Début septembre, un ingénieur, passé auparavant par OpenAI, avait démissionné avec fracas d'Anthropic, affirmant que les créateurs de l'IA "croient sincèrement qu'elle pourrait nous tuer tous d'ici la fin de la décennie".
"Faut-il croire qu'il y a quelque chose d'extrêmement dangereux caché au sein de cette entreprise parce que cette personne l'a dit et que cela a été amplifié par beaucoup de gens" qui travaillent encore chez Anthropic, s'est interrogé l'investisseur tech Chamath Palihapitiya.
"Si c'est vrai", a-t-il conclu, le marché "va demander une énorme décote" sur la valorisation de l'entreprise, projetée à environ 2.000 milliards de dollars lors de l'entrée en Bourse, soit plus que le record établi en juin par SpaceX (1.750 milliards).
Patronne de la société Laffer Tengler Investments, Nancy Tengler voit, au contraire, une opportunité dans cette prise de conscience.
"Je ne minimise pas les problèmes ou les difficultés que présente l'IA", explique-t-elle, "mais je pense que cela donne la possibilité de prendre du recul, de mettre en place des garde-fous qui auront ou pas un effet mais calmeront les angoisses du grand public."
De fait, Anthropic s'est engagé à intégrer à demeure des observateurs indépendants et mène des discussions avec Google DeepMind et OpenAI pour élaborer des normes de pilotage des risques, rappelle Stephen Henriques, chercheur à l'université de Yale.
"Il faut rester prudent", prévient-il, "mais aussi prendre en compte ces efforts."
Pour Brad Gerstner, fondateur de la société de capital-investissement Altimeter qui a des parts dans Anthropic et OpenAI, Wall Street a déjà intégré les paramètres de l'équation. "Le marché sait quel prix attribuer au risque", a-t-il écrit sur X, et malgré les incertitudes, "l'appétit d'investissement dans les leaders de l'IA est énorme".
Selon plusieurs plateformes d'échanges d'actions non cotées, le prix moyen de l'action Anthropic a continué de progresser ces derniers jours.
Malgré un contexte moins favorable, Stephen Henriques estime qu'il est, de toute façon, trop tard pour faire marche arrière.
Anthropic qui a acheté pour plusieurs centaines de milliards de dollars de puissance de calcul, reste nettement déficitaire et a donc besoin d'argent frais à échéance rapprochée.
"Le marché s'attend à ce qu'ils entrent en Bourse et voit ça comme un signe de progression et d'évolution de la société", dit-il. "S'ils renonçaient, (les investisseurs) prendraient peur et cela jouerait sur leur valorisation, même en n'étant pas cotés."
Pour certains, ce discours s'accommode mal des contraintes inhérentes à un groupe coté, la rumeur attribuant toujours au créateur de l'interface Claude l'intention de faire le grand saut prochainement, plutôt en novembre qu'en octobre comme prévu initialement, selon le Wall Street Journal.
Le patron d'OpenAI, Sam Altman a d'ailleurs officialisé, mi-septembre, le report à 2027 de l'introduction du père de ChatGPT, estimant 2026 "mal choisi (...) au vu de tout ce qui se passe en matière de sécurité".
La Bourse "ajoute de la pression", "des attentes en matière de croissance", "un cours qui bouge toutes les secondes", a fait valoir, sur X, Deirdre Bosa, commentatrice de la tech.
Autre handicap potentiel au moment de se présenter au marché, le catalogue d'incidents rapportés par Anthropic et OpenAI depuis le début de l'été sur les sorties de route de leurs modèles.
Ni Dario Amodei ni Sam Altman n'ont cherché à minimiser ces épisodes, qui ont vu les modèles dévier des objectifs fixés, tricher ou dissimuler les traces de leurs méfaits.
Si les nouvelles menaces liées à cette technologie, à savoir une utilisation malveillante ou la dérive d'un modèle "sont mal gérées", a déclaré mercredi Dario Amodei, "je pense même que l'IA pourrait présenter un risque pour l'humanité tout entière".
Là encore, des investisseurs ont tiqué, inquiets de voir dégradée l'image du seul produit commercialisé par les deux entreprises, à savoir de l'IA.
"L'appétit est énorme"
Début septembre, un ingénieur, passé auparavant par OpenAI, avait démissionné avec fracas d'Anthropic, affirmant que les créateurs de l'IA "croient sincèrement qu'elle pourrait nous tuer tous d'ici la fin de la décennie".
"Faut-il croire qu'il y a quelque chose d'extrêmement dangereux caché au sein de cette entreprise parce que cette personne l'a dit et que cela a été amplifié par beaucoup de gens" qui travaillent encore chez Anthropic, s'est interrogé l'investisseur tech Chamath Palihapitiya.
"Si c'est vrai", a-t-il conclu, le marché "va demander une énorme décote" sur la valorisation de l'entreprise, projetée à environ 2.000 milliards de dollars lors de l'entrée en Bourse, soit plus que le record établi en juin par SpaceX (1.750 milliards).
Patronne de la société Laffer Tengler Investments, Nancy Tengler voit, au contraire, une opportunité dans cette prise de conscience.
"Je ne minimise pas les problèmes ou les difficultés que présente l'IA", explique-t-elle, "mais je pense que cela donne la possibilité de prendre du recul, de mettre en place des garde-fous qui auront ou pas un effet mais calmeront les angoisses du grand public."
De fait, Anthropic s'est engagé à intégrer à demeure des observateurs indépendants et mène des discussions avec Google DeepMind et OpenAI pour élaborer des normes de pilotage des risques, rappelle Stephen Henriques, chercheur à l'université de Yale.
"Il faut rester prudent", prévient-il, "mais aussi prendre en compte ces efforts."
Pour Brad Gerstner, fondateur de la société de capital-investissement Altimeter qui a des parts dans Anthropic et OpenAI, Wall Street a déjà intégré les paramètres de l'équation. "Le marché sait quel prix attribuer au risque", a-t-il écrit sur X, et malgré les incertitudes, "l'appétit d'investissement dans les leaders de l'IA est énorme".
Selon plusieurs plateformes d'échanges d'actions non cotées, le prix moyen de l'action Anthropic a continué de progresser ces derniers jours.
Malgré un contexte moins favorable, Stephen Henriques estime qu'il est, de toute façon, trop tard pour faire marche arrière.
Anthropic qui a acheté pour plusieurs centaines de milliards de dollars de puissance de calcul, reste nettement déficitaire et a donc besoin d'argent frais à échéance rapprochée.
"Le marché s'attend à ce qu'ils entrent en Bourse et voit ça comme un signe de progression et d'évolution de la société", dit-il. "S'ils renonçaient, (les investisseurs) prendraient peur et cela jouerait sur leur valorisation, même en n'étant pas cotés."
