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Jeudi 29 Octobre 2026
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Christine Lagarde annonce son départ anticipé de la présidence de la Banque centrale européenne

Après des mois de spéculations, Christine Lagarde a annoncé jeudi son départ anticipé de la BCE, ouvrant une bataille de succession qui mobilise déjà les principales capitales de la zone euro.

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"Je quitte cette institution avec le sentiment du devoir accompli et une BCE prête pour l'avenir", a déclaré Christine Lagarde dans un message vidéo, juste avant que la Banque centrale européenne communique sur une stabilité de son principal taux directeur.

En quittant son poste dès février prochain, Lagarde ouvre la possibilité au président français sortant Emmanuel Macron de participer à la désignation de son successeur avant l'élection française du printemps, tandis que les sondages donnent actuellement Marine Le Pen parmi les favorites pour le scrutin.

Berlin affiche déjà ses ambitions pour le prochain partage des postes clés au sein de la BCE.

Tout en exprimant envers Mme Lagarde son "grand respect pour son action à la tête de la BCE", le ministre des Finances allemand Lars Klingbeil souligne dans un message que l'Allemagne "fera valoir son poids de plus grand pays de la zone euro afin de contribuer à la mise en place d'une direction de la BCE largement soutenue et responsable".

De son côté, le chancelier Friedrich Merz a relevé que "le processus de nomination prévu par le traité de l'UE va maintenant débuter, et nous le mènerons à bien d'ici la fin de l'année au sein du cercle des chefs d'État et de gouvernement de la zone euro".

Bataille de succession

Le président français Emmanuel Macron a salué l'"engagement européen" et "l'action déterminée" de Mme Lagarde à la tête de la BCE, et appelé à préparer sa succession "de manière ordonnée et équilibrée avec nos partenaires européens".

"De la pandémie à la guerre d'agression menée par la Russie, vous avez contribué de main sûre à maintenir notre économie stable et résiliente", a réagi Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.

Le ministre français de l'Économie Roland Lescure a salué "une voix puissante pour l'Europe sur la scène internationale", qui a "modernisé et renforcé l'institution avec brio".

Le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a rappelé son rôle de "précurseure pour inclure la dimension climatique dans l'action des banques centrales".

Le départ anticipé de la première dame de l'euro ouvre une bataille de succession avec deux favoris qui émergent déjà : l'ancien gouverneur de la banque centrale néerlandaise Klaas Knot et Pablo Hernández de Cos, l'ex-gouverneur de la Banque d'Espagne actuellement à la tête de la Banque des règlements internationaux (BRI).

Dans un contexte marqué par les tensions sur les marchés obligataires et la remontée des taux, face à une inflation encore élevée alimentée par la guerre au Moyen-Orient, la désignation du prochain président de la BCE s'inscrit aussi dans un vaste renouvellement de la direction de l'institution de Francfort.

Outre la présidence, les postes de chef économiste, occupé par l'Irlandais Philip Lane jusqu'en mai 2027, ainsi que celui de membre du directoire, pour remplacer l'Allemande Isabel Schnabel qui doit rejoindre le FMI début 2027, sont à pourvoir.

Un troisième candidat de compromis pourrait toutefois émerger pour la présidence si les grands pays ne parvenaient pas à s'entendre, comme ce fut le cas en 2019 avec l'arrivée surprise de Mme Lagarde.

"Liberté d'expression"

Propulsée à la tête de la Banque centrale européenne en novembre 2019 après avoir dirigé le Fonds monétaire international (FMI), l'ex-ministre française des Finances aura traversé une succession de crises majeures, de la pandémie de Covid-19 à la flambée des prix de l'énergie provoquée par la guerre en Ukraine.

Mme Lagarde a indiqué jeudi lors d'une conférence de presse à Francfort qu'elle quittait prématurément la BCE pour avoir "la liberté de parole, la liberté d'expression et la liberté de s'engager sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire".

"Je sens que je dois dire ces choses, et je ne peux pas le faire dans ma position actuelle", son mandat lui imposant la neutralité.

Reste désormais à savoir quelle sera la prochaine étape pour Christine Lagarde, 70 ans. Celle qui a écarté fin septembre l'idée d'une candidature à l'Élysée est citée parmi les personnalités susceptibles de prendre la tête du Forum économique mondial de Davos.
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