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Dimanche 05 Avril 2026
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Moyen-Orient : 115 millions de personnes en détresse, l’OMS alerte sur une urgence sanitaire

Au Moyen-Orient, la crise sanitaire franchit un seuil critique, selon le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé, qui estime à 115 millions le nombre de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire dans la région. L’organisation souligne que les systèmes de santé, déjà fragilisés, sont confrontés à une pression croissante, sous l’effet conjugué de l’intensification des violences et des déplacements massifs de populations. Dans plusieurs pays, les capacités hospitalières sont mises à rude épreuve et l’accès aux soins se dégrade progressivement. Les données publiées rendent compte d’une détérioration rapide des conditions sanitaires, ce qui a conduit l’organisation à tirer la sonnette d’alarme et à appeler à une aide d’urgence.

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Selon le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) couvrant la période du 27 mars au 2 avril 2026, 115 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire au Moyen-Orient, soit près de la moitié du total mondial.

Derrière ce chiffre, l’OMS décrit une région sous tension, où l’intensification des violences redessine en profondeur les équilibres sanitaires. Le rapport fait état de 21 pays affectés, dont 14 dans la région de la Méditerranée orientale, dans un contexte de forte tension sur les systèmes de santé.

Les données compilées par l’organisation témoignent d’une dégradation rapide. En Iran, les autorités font état de plus de 2.000 morts et près de 28.000 blessés. Au Liban, le bilan dépasse 1.300 morts et 3.900 blessés.

À mesure que les combats s’intensifient, les déplacements de population s’accélèrent, explique l’organisation, qui fait état de plus de 3,2 millions de personnes contraintes de fuir en Iran et de plus d’un million de déplacés au Liban, exerçant une pression supplémentaire sur des infrastructures déjà fragiles. Dans les hôpitaux, cette réalité se traduit par un flux continu de patients, souvent dans des conditions d’urgence extrême. L’organisation onusienne souligne que les services fonctionnent sous contrainte permanente, avec des capacités d’accueil rapidement saturées et des pénuries qui compliquent la prise en charge.

Une crise sanitaire qui s’étend silencieusement !

Au-delà des blessures visibles, l’organisation met en lumière des risques sanitaires plus diffus, mais tout aussi préoccupants. Dans les zones de déplacement, la concentration des populations favorise la propagation de maladies liées aux conditions de vie, comme la gale ou les infestations de poux.

Dans le même temps, les capacités de surveillance épidémiologique diminuent dans certaines régions, ce qui limite la détection rapide des foyers infectieux. Cette combinaison accroît le risque d’une dégradation progressive de la situation sanitaire.

Les dommages causés aux infrastructures d’eau et d’énergie aggravent encore ces vulnérabilités. L’accès à l’eau potable devient plus incertain, tandis que la dégradation de la qualité de l’air expose les populations à de nouveaux risques pour la santé. Face à cette évolution, l’Organisation mondiale de la santé a lancé un appel d’urgence de 30,3 millions de dollars pour soutenir la réponse sanitaire jusqu’en août 2026. L’objectif, explique-t-elle, est de maintenir les services essentiels et de contenir les effets d’une crise qui continue de s’étendre.

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