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Samedi 09 Mai 2026
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Hantavirus : le point sur la situation épidémiologique liée au navire MV Hondius

Voici les derniers développements en lien avec la gestion de la situation épidémiologique liée au navire MV Hondius, attendu dimanche aux Canaries entre 04H00 et 06H00 (heures locales), avant le lancement d’une opération d’évacuation qualifiée d’"inédite" par les autorités espagnoles.

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Huit cas de hantavirus, dont trois décès, ont été recensés après une flambée survenue à bord du navire de croisière MV Hondius, battant pavillon néerlandais, ayant navigué entre l’Argentine, l’Antarctique et plusieurs îles de l’Atlantique Sud, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Six cas ont été confirmés en laboratoire comme étant dus au virus des Andes, une souche rare de hantavirus susceptible de provoquer des transmissions interhumaines limitées lors de contacts rapprochés, précise l'OMS dans son dernier bulletin d'information consacré à ce foyer publié samedi.



Le premier patient aurait probablement contracté l’infection lors d’activités en Argentine ou au Chili avant l’embarquement, tandis que les enquêtes épidémiologiques suggèrent ensuite des contaminations secondaires à bord.

Quatre patients restent hospitalisés, dont un en soins intensifs en Afrique du Sud, deux aux Pays-Bas et un à Zurich en Suisse.

L’OMS continue de juger le risque mondial "faible", mais le considère “modéré” pour les passagers et l’équipage du navire en raison de la promiscuité à bord et de la durée d’exposition.

L’épisode a déclenché une réponse internationale coordonnée impliquant l’Argentine, le Cap-Vert, le Chili, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Afrique du Sud, l’Espagne, la Suisse et le Royaume-Uni, avec l’appui de l’OMS et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Des opérations de traçage international des contacts sont en cours via le mécanisme du Règlement sanitaire international, tandis que des experts de l’OMS et de l’ECDC ont été déployés à bord du navire.

Les autorités ont recommandé aux passagers de limiter leurs déplacements et de rester autant que possible dans leurs cabines.

L’OMS a également diffusé des protocoles techniques détaillés sur la gestion des cas, le débarquement des voyageurs, le suivi des contacts et les mesures de prévention à appliquer par les États concernés.

Des analyses complémentaires, incluant séquençage génomique et tests sérologiques, se poursuivent dans plusieurs laboratoires internationaux afin de mieux comprendre les chaînes de transmission et l’origine précise des infections.

Hantavirus : les Canaries se préparent à une vaste opération d’évacuation du navire de croisière

Le navire de croisière touché par un foyer de hantavirus est attendu dimanche aux Canaries entre 04H00 et 06H00 (heures locales), avant le lancement d’une opération d’évacuation qualifiée d’"inédite" par les autorités espagnoles.

La ministre espagnole de la Santé, Mónica García Gómez, a indiqué samedi, lors d’une conférence de presse à Madrid, que "ni les bagages des passagers ni le corps de la personne décédée à bord ne seront débarqués dans l’archipel", précisant qu’ils resteront à bord avec une partie de l’équipage avant que le navire ne poursuive sa route vers les Pays-Bas.

Les passagers seront évacués de manière "échelonnée et ordonnée", en portant des masques FFP2, a expliqué la ministre, ajoutant que les 14 ressortissants espagnols présents à bord – 13 passagers et un membre d’équipage – seront les premiers à débarquer.

Mme García Gómez a également fait savoir qu’elle avait tenu vendredi une visioconférence avec les ressortissants espagnols, affirmant qu’ils sont tous asymptomatiques, tout en soulignant qu’ils traversent "une situation très difficile depuis plusieurs jours".

Le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a assuré, de son côté, que l’opération d’évacuation sera "rapide", les passagers devant quitter le navire "par groupe de nationalité".

"Tout est prêt", a-t-il affirmé, soulignant que le dispositif mis en place empêchera tout contact avec la population civile et garantira l’absence de risque pour les habitants des Canaries.

Le responsable espagnol a précisé que toutes les zones de transit des passagers seront isolées, en réponse aux inquiétudes exprimées ces derniers jours par les autorités régionales et certains habitants de l’archipel.

Des vols de rapatriement sont déjà prévus vers les Etats-Unis, le Royaume-Uni, ainsi que vers la France, l'Allemagne, la Belgique, l'Irlande et les Pays-Bas, a-t-il précisé.

Pour les passagers originaires de pays ne disposant pas de moyens aériens pour assurer leur rapatriement, un plan spécifique est en cours de préparation en coordination avec les autorités néerlandaises, l’armateur et l’assureur du navire, a ajouté M. Grande-Marlaska.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, est attendu samedi soir aux Canaries afin de suivre les opérations d’évacuation du navire, après un entretien prévu à Madrid avec le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.

Dans un message adressé à la population de Tenerife, le responsable onusien a tenu à rassurer les habitants de l’île, affirmant que "ce n’est pas un autre Covid" et que le risque actuel pour la santé publique lié au hantavirus "reste faible".

M. Tedros a également salué la décision de l’Espagne d’accueillir le navire, qualifiant cette initiative d’"acte de solidarité et de devoir moral". Il a précisé que Tenerife a été choisie conformément au Règlement sanitaire international, en raison de ses capacités médicales et logistiques.
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