Menu
Search
Lundi 14 Septembre 2026
S'abonner
close

Le Koweït rendra obligatoire une formation à la vie conjugale avant le mariage

Le Koweït s’apprête à conditionner l’enregistrement des mariages au suivi préalable d’une formation consacrée à la vie conjugale. Prévue dans la nouvelle loi sur la documentation des actes en cours de finalisation, cette mesure imposera aux futurs époux d’obtenir une attestation avant de pouvoir faire enregistrer leur contrat de mariage. L’objectif affiché par les autorités est de mieux préparer les couples à leurs responsabilités et de réduire les divorces.

No Image

Les futurs époux au Koweït devront bientôt suivre une formation consacrée à la vie conjugale avant de pouvoir faire enregistrer leur mariage. Annoncée samedi par le ministre de la Justice, Nasser Al-Sumait, lors d’une déclaration à la presse en marge d’une visite à l’Université du Koweït, la mesure sera intégrée à la nouvelle loi sur la documentation des actes, actuellement au stade des dernières retouches avant sa promulgation.

Le dispositif imposera aux deux futurs conjoints de suivre une session de préparation à la vie matrimoniale et d’obtenir une attestation, appelée à devenir une condition pour faire enregistrer officiellement le contrat de mariage. Les autorités koweïtiennes n’ont pas encore dévoilé les modalités précises du dispositif, notamment sa durée, son contenu et les organismes qui seront chargés de l’organiser.

Selon Nasser Al-Sumait, cette préparation doit sensibiliser les futurs mariés aux responsabilités de la vie commune, à la portée de l’engagement matrimonial et aux moyens de préserver leur union. Le ministre a directement relié cette nouvelle obligation à la volonté de réduire les divorces, en choisissant d’intervenir avant que les désaccords ne s’installent plutôt qu’au moment où le couple est déjà engagé dans la rupture.

Cette orientation intervient alors que les statistiques du ministère koweïtien de la Justice font état d’une progression des séparations. Le Koweït a enregistré 8.168 divorces en 2024, contre 7.865 en 2023, soit une hausse de 3,9 %, tandis que 14.639 mariages ont été conclus la même année, contre 13.303 douze mois plus tôt.

La durée des unions concernées renforce encore la logique préventive défendue par les autorités. En 2024, 33,8 % des divorces enregistrés concernaient des couples mariés depuis moins de cinq ans, tandis que le nombre de séparations prononcées durant l’année même du mariage est passé de 710 en 2023 à 769 en 2024, soit une progression de 8,3 %.

Les statistiques font également état de 633 divorces intervenus avant la consommation du mariage en 2024, contre 600 un an auparavant. Ces chiffres montrent que la fragilité de certaines unions se manifeste parfois dès leurs premiers mois, voire avant le début effectif de la vie commune, ce qui explique le choix des autorités de déplacer une partie de l’accompagnement vers l’étape qui précède le mariage.

Le choix koweïtien pourrait aussi trouver un écho dans d’autres pays arabes, notamment au Maroc, où près de 91.700 divorces ont été enregistrés en 2024, selon le HCP. Un tel niveau invite à regarder non seulement le moment de la rupture, mais aussi ce qui la précède.

En préparant les futurs conjoints avant qu’ils ne partagent le même foyer, le dispositif annoncé au Koweït entend leur donner des repères sur les responsabilités quotidiennes, la gestion des désaccords et la portée de l’engagement conjugal, dans l’espoir que certaines fractures puissent être évitées avant même d’avoir eu le temps de se creuser.

Lisez nos e-Papers