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Jeudi 06 Août 2026
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El Niño menace d'aggraver la faim dans 45 pays, près de 49 millions de personnes supplémentaires à risque

Le renforcement du phénomène climatique El Niño pourrait faire basculer près de 49 millions de personnes supplémentaires dans une situation de faim aiguë d'ici à la fin de 2027. Dans une nouvelle analyse, le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur une aggravation de l'insécurité alimentaire dans 45 pays déjà fragilisés et accélère ses dispositifs de prévention face aux sécheresses, inondations et épisodes de chaleur extrême.

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Le phénomène climatique El Niño pourrait provoquer une nouvelle dégradation de la sécurité alimentaire mondiale au cours des deux prochaines années. Dans une analyse publiée mercredi, le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que près de 49 millions de personnes supplémentaires risquent de basculer dans une situation d'insécurité alimentaire aiguë d'ici à la fin de 2027, portant à près de 274 millions le nombre de personnes concernées dans les 45 pays les plus exposés.



L'agence onusienne fonde ses projections sur les enseignements du précédent épisode El Niño de 2015-2016, qui avait affecté entre 60 et 100 millions de personnes. Cette fois, les effets du phénomène, dont le pic est attendu entre septembre et décembre 2026, devraient se prolonger tout au long de 2027 en raison de leurs conséquences sur les cycles agricoles.

Selon le PAM, les pays déjà confrontés à la pauvreté, aux conflits, aux crises économiques et aux événements climatiques extrêmes seront les plus durement touchés. Dans les 45 pays étudiés, le nombre de personnes souffrant d'insécurité alimentaire aiguë pourrait passer de 225 à 274 millions, soit une hausse d'environ 22 %.

« El Niño représente une menace majeure pour la sécurité alimentaire de millions de personnes déjà en situation de vulnérabilité », a déclaré Carl Skau, Directeur exécutif par intérim du PAM. « Plus nous aidons rapidement les familles à se préparer à ces chocs climatiques, plus nous augmentons notre capacité à sauver des vies et à protéger les moyens de subsistance. »

L'Afrique parmi les régions les plus exposées

Les analyses du PAM montrent que les conséquences varieront selon les régions, mais l'Afrique figure parmi les continents les plus vulnérables. En Afrique de l'Est et en Afrique australe, plus de 18 millions de personnes supplémentaires pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit une progression de près de 26 %. Les pays d'Afrique australe apparaissent particulièrement exposés, une grande partie de leur population dépendant d'une agriculture pluviale de subsistance.

En Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, près de six millions de personnes supplémentaires pourraient être touchées, ce qui représenterait une hausse de 12 %.

L'Amérique latine et les Caraïbes devraient également enregistrer une forte dégradation, avec plus de 16 millions de personnes supplémentaires concernées. L'Amérique centrale afficherait même la progression relative la plus importante parmi toutes les régions étudiées (+83,1 %).

En Asie et dans le Pacifique, environ 8,2 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans une situation d'insécurité alimentaire aiguë.

Miser sur l'anticipation plutôt que sur l'urgence

Face à ces perspectives, le PAM privilégie une stratégie d'intervention précoce afin de limiter les conséquences humanitaires des catastrophes climatiques. En coordination avec l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et d'autres partenaires, l'agence met en œuvre des plans d'action anticipée dans plus de 50 pays. Ces dispositifs visent à préparer les populations aux inondations, aux sécheresses et aux tempêtes avant qu'elles ne surviennent, tout en renforçant les capacités des gouvernements à gérer ces crises.

Depuis le mois de mai, des plans d'intervention ont déjà été activés au Soudan du Sud, au Tchad, en Mauritanie, en Ouganda, au Guatemala et au Salvador. Plus de 14 millions de dollars ont ainsi été mobilisés pour venir en aide à près de 500.000 personnes. Les interventions comprennent notamment des mécanismes de financement anticipé, des assurances contre les risques climatiques, des facilités de crédit et des transferts monétaires numériques.

Pour le PAM, ces investissements constituent un levier essentiel de réduction des coûts futurs. L'expérience des précédents épisodes d'El Niño montre qu'un dollar investi dans des actions préventives permet d'économiser entre trois et sept dollars en pertes évitées et en dépenses d'intervention d'urgence.

« Les inondations et les sécheresses sévères peuvent rapidement faire basculer des communautés entières d'une situation précaire vers une crise humanitaire. Le PAM renforce déjà ses interventions anticipées dans huit pays et se tient prêt à intensifier davantage son action », a insisté Carl Skau.

Alors que les premiers effets d'El Niño sont déjà observés dans plusieurs régions du monde, l'agence des Nations Unies estime que la rapidité des actions engagées au cours des prochains mois sera déterminante pour limiter l'ampleur de la crise alimentaire qui pourrait s'étendre jusqu'en 2027.
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