Au Royaume-Uni, se préparer à une crise passe désormais aussi par les placards des particuliers. Les autorités britanniques encouragent les ménages à conserver chez eux suffisamment d’eau, de nourriture et de produits essentiels pour pouvoir fonctionner de manière autonome pendant quelques jours si l’électricité, l’eau, les communications ou l’accès aux commerces venaient à être perturbés.
Cette recommandation prend un relief particulier dans le contexte actuel. Selon le dernier état des lieux publié vendredi par l’Environment Agency, l’agence publique chargée notamment de la gestion des ressources en eau en Angleterre, dix zones restent officiellement en situation de sécheresse. Le niveau global des réservoirs destinés à l’approvisionnement public est tombé à 56,9 %, bien en dessous de son niveau habituel à cette période de l’année.
Des restrictions sur l’utilisation de l’eau restent également appliquées dans plusieurs régions. Cette sécheresse n’est cependant pas à l’origine, à elle seule, des recommandations adressées aux ménages. Elle illustre l’un des types de perturbations auxquels le gouvernement souhaite désormais mieux préparer sa population.
Début septembre, la ministre britannique de l’Environnement, Angela Eagle, avait ainsi appelé les habitants à disposer de suffisamment de nourriture et d’eau pour pouvoir tenir plusieurs jours en cas d’urgence, dans un contexte de vigilance face aux risques de phénomènes météorologiques extrêmes.
Eau, conserves, radio et lampe dans les réserves
Concrètement, le gouvernement recommande aux Britanniques de constituer progressivement une réserve à domicile. Elle doit notamment comprendre de l’eau en bouteille et des aliments non périssables pouvant être consommés sans cuisson, comme des conserves.
Pour l’eau potable, les autorités indiquent qu'un minimum de 2,5 à 3 litres par personne et par jour doit être prévu pour les besoins de survie. Une quantité supérieure est nécessaire pour couvrir également la préparation des repas et certains besoins d’hygiène.
La liste comprend aussi une lampe à piles ou à manivelle, une radio fonctionnant sans électricité, des piles de rechange, une batterie externe pour téléphone, une trousse de premiers secours et les médicaments indispensables. Les familles sont également invitées à anticiper les besoins spécifiques des nourrissons, des personnes dépendantes d’équipements médicaux et des animaux domestiques.
Il ne s’agit pas d’un appel à acheter de grandes quantités de produits en urgence. Le gouvernement recommande plutôt de constituer ces réserves progressivement afin de disposer du nécessaire lorsqu’une perturbation survient.
Pourquoi Londres prépare davantage sa population
Derrière ces recommandations se trouve une évolution plus large de la politique britannique de gestion des crises. En juillet, le gouvernement a présenté un plan destiné à renforcer la capacité du pays à continuer de fonctionner lorsqu’un événement majeur touche ses infrastructures ou ses services essentiels.
Londres ne se prépare pas à un scénario unique. Événements météorologiques extrêmes, cyberattaques, crises sanitaires, perturbations des infrastructures et actions d’États hostiles figurent parmi les risques pris en compte par les autorités.
L’idée est que les premières heures d’une crise ne reposent pas exclusivement sur les secours. Si une partie de la population peut disposer temporairement de nourriture, d’eau et de moyens élémentaires pour s’éclairer ou s’informer, les services publics peuvent concentrer leurs interventions sur les personnes les plus vulnérables.
Les inquiétudes concernent également l’alimentation. Début septembre, le National Audit Office, l'organisme chargé de contrôler l'utilisation des fonds publics au Royaume-Uni, a estimé que le pays devait encore améliorer sa préparation face à d’éventuelles perturbations graves de son approvisionnement alimentaire.
