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Mardi 19 Mai 2026
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Ahmed El Bouari revient sur ses propos concernant les moutons à « 1.000 dirhams »

Les déclarations du ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, sur les prix des moutons destinés à l’Aïd Al-Adha ont provoqué lundi une vive tension à la Chambre des représentants, jusqu’à entraîner une altercation entre des députés du PJD et le président de séance, Driss Chetibi. Contesté par plusieurs parlementaires après avoir affirmé que des moutons étaient vendus à partir de 1.000 dirhams, le ministre est finalement revenu sur ses propos avant la levée de la séance, reconnaissant une erreur sur les chiffres avancés.

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La séance hebdomadaire des questions orales à la Chambre des représentants s’est transformée lundi en un échange particulièrement tendu autour du coût des moutons de l’Aïd Al Adha et de la situation du cheptel national. Plusieurs députés ont interpellé le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, Ahmed El Bouari, sur la hausse des prix des moutons malgré les annonces officielles sur l’abondance de l’offre.



Dans sa réponse, le ministre a assuré que le marché national dispose d’une offre suffisante pour répondre à la demande prévue cette année. Selon les données présentées devant les députés, l’offre destinée à l’Aïd Al-Adha est estimée à près de 9 millions de têtes d’ovins et de caprins, alors que la demande nationale oscille entre 6 et 7 millions de têtes.

Ahmed El Bouari a également affirmé que les marchés connaissent une abondance de l’offre, avec des prix qui varient selon la taille du mouton et les régions. Mais c’est surtout sa déclaration sur les prix minimums qui a provoqué une vague de réactions dans l’hémicycle.

« Il y a aujourd’hui des moutons à 1.000, 1.500, 2.500 ou 3.000 dirhams », a déclaré le ministre devant les députés, assurant s’être personnellement rendu dans plusieurs souks pour observer les prix pratiqués sur le terrain. Il a également minimisé les montants jugés “exorbitants” relayés sur les réseaux sociaux, estimant que les informations circulant sur Facebook ne reflètent pas nécessairement la réalité du marché.



Ces propos ont immédiatement été contestés par plusieurs députés de l’opposition, qui ont remis en cause l’existence de moutons à 1.000 dirhams sur les marchés marocains. Le président du groupe Haraki, Driss Sentissi, a notamment lancé : « Il ne faut pas induire les Marocains en erreur. Il n’existe pas de moutons à 1.000 dirhams ».

Les échanges se sont ensuite intensifiés au sein de la Chambre, notamment entre des députés du Parti de la justice et du développement et le président de séance, Driss Chetibi, dans un climat de forte tension ayant conduit à la suspension puis à la levée de la séance.

En réponse aux réactions des députés, Ahmed El Bouari a repris la parole pour corriger ses déclarations sur les prix. Le ministre a reconnu une erreur concernant le seuil évoqué et a précisé que les moutons disponibles actuellement dans les souks commencent plutôt autour de « 2.000 à 2.500 dirhams » selon les catégories et les marchés.

Il a également insisté sur le fait que l’offre nationale reste largement suffisante à l’échelle du Royaume, tout en affirmant que « les prix devraient progressivement diminuer dans les prochains jours » à mesure que l’approvisionnement des marchés se poursuit à l’approche de l’Aïd Al-Adha.

Cette polémique intervient dans un contexte marqué par une forte inquiétude sociale autour du coût du sacrifice, alors que de nombreuses familles dénoncent depuis plusieurs semaines une hausse importante des prix malgré les assurances répétées du gouvernement sur l’abondance du cheptel national et les mesures prises contre la spéculation.
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