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Vendredi 19 Juin 2026
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Aides sociales directes : nouvelle étape d’accompagnement vers l’autonomie

L’Agence nationale du soutien social veut faire des Aides sociales directes le point d’appui d’une inclusion socio-économique durable. Après la mise en place du soutien financier, la prochaine étape repose sur l’accompagnement individualisé des ménages, la mobilisation des acteurs territoriaux, le déploiement des représentations territoriales et l’usage d’un Système d’Information géographique destiné à affiner la lecture des vulnérabilités. El Jadida servira de premier terrain d’expérimentation.

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Après la mise en place du soutien financier direct, l’Agence nationale du soutien social (ANSS) engage une phase plus structurante des Aides sociales directes. Conformément aux Hautes Orientations Royales, l’enjeu est désormais de faire de l’aide versée aux ménages un point d’appui pour des parcours d’inclusion sociale, professionnelle et économique. L’objectif n’est plus seulement de répondre à la vulnérabilité immédiate des familles bénéficiaires. Il s’agit aussi de créer les conditions d’une autonomie progressive, en articulant appui financier, suivi individualisé et mobilisation coordonnée des acteurs territoriaux. L’ANSS entend ainsi proposer des parcours adaptés aux besoins réels des ménages, à leurs contraintes et aux opportunités disponibles dans leur environnement local.

Du soutien immédiat au parcours d’autonomie

La prochaine phase des Aides sociales directes repose sur un principe clair : le transfert monétaire doit pouvoir ouvrir sur un accompagnement plus large. Il demeure une réponse aux besoins immédiats des ménages. Mais il doit aussi servir de point d’entrée vers l’insertion productive, la réinsertion sociale progressive, l’amélioration de l’employabilité, la réussite scolaire et l’accès aux services essentiels, notamment la santé. Cette orientation marque le passage d’une logique de compensation à une logique de trajectoire. Les ménages bénéficiaires ne sont pas traités comme un ensemble uniforme. Le dispositif porté par l’ANSS entend tenir compte de la diversité des situations familiales, des freins à l’insertion et des ressources propres à chaque territoire.

Quatre étapes pour personnaliser l’accompagnement

L’accompagnement prévu par l’ANSS s’organise autour de quatre étapes.
• La première est le profilage socio-économique des bénéficiaires. Elle consiste à établir un diagnostic multidimensionnel de leur situation, afin d’identifier les potentialités du ménage, mais aussi les obstacles qui peuvent limiter son insertion.
• La deuxième étape porte sur l’analyse territoriale. Les profils des bénéficiaires sont mis en relation avec les opportunités économiques, l’offre sociale et les ressources disponibles à l’échelle locale. Cette lecture doit permettre d’éviter les réponses standardisées et d’adapter l’intervention publique aux réalités de chaque zone.
• Vient ensuite la co-construction du parcours. En coordination avec le bénéficiaire, le référent social définit un plan d’action cohérent, orienté vers un objectif précis : emploi, formation, réussite scolaire, accès à la santé ou autonomisation économique.
Le suivi constitue la dernière étape. Il repose sur un protocole destiné à garantir la continuité de l’accompagnement, y compris après l’insertion.

Les représentations territoriales, présence humaine du dispositif

Cet accompagnement doit se déployer au niveau des représentations territoriales de l’ANSS. Leur rôle est de traduire sur le terrain une aide sociale plus humanisée et mieux adaptée aux réalités locales. Elles doivent aussi permettre de dépasser les limites d’une gestion exclusivement numérique, en réintroduisant une présence de proximité auprès des ménages bénéficiaires. Leur feuille de route tient en quatre fonctions.
• La première consiste à humaniser les Aides sociales directes, en combinant les outils numériques avec une présence de terrain, en renforçant la confiance avec les bénéficiaires et en garantissant l’accès à une information fiable sur le programme.

• La deuxième fonction porte sur la proximité géographique. L’objectif est d’adapter les interventions de l’Agence aux spécificités locales, de valoriser les ressources disponibles, de réduire les inégalités d’accès aux services sociaux et d’ancrer le service public à l’échelle locale.

• La troisième relève de la prévention. Les représentations territoriales doivent approfondir la connaissance des situations sociales des ménages, afin de les protéger contre le glissement vers la précarité et d’accompagner les bénéficiaires qui souhaitent s’engager dans des parcours d’autonomisation économique.
• La quatrième concerne l’impact : identifier les voies les plus efficaces pour produire une dynamique sociale, briser le cycle de la pauvreté intergénérationnelle et mesurer l’évolution de la situation des bénéficiaires.

Une coordination institutionnelle autour des parcours

Le dispositif d’accompagnement repose également sur des conventions partenariales destinées à mobiliser les institutions concernées. L’ANSS cite notamment les départements de l’Éducation nationale, de la Santé et de l’Emploi, les autorités locales, l’Initiative nationale pour le développement humain, l’ANAPEC, l’OFPPT et l’Entraide nationale. Chaque acteur intervient selon son périmètre et son domaine d’expertise. Cette coordination doit soutenir des trajectoires de vie différentes : réinsertion sociale progressive des familles, amélioration de l’employabilité, autonomisation économique, réussite scolaire et accès à la santé. La cohérence du dispositif dépendra de la capacité des intervenants à agir ensemble, autour de situations concrètes, sans rupture dans le parcours des bénéficiaires.

El Jadida, premier laboratoire territorial

L’ANSS déploie, au niveau de la représentation territoriale pilote d’El Jadida, une démarche expérimentale visant la mise en place d’un programme de soutien complémentaire aux transferts monétaires. Cette province servira de premier terrain d’application pour tester une méthode d’accompagnement plus intégrée, fondée sur la proximité, le suivi social et l’analyse des besoins locaux.

Les représentations territoriales ont vocation à répondre aux besoins réels des bénéficiaires, à permettre une lecture plus précise des spécificités locales et à intégrer ces données dans les mécanismes d’intervention. Leur implantation repose sur un cadre analytique structuré, construit autour d’une grille multicritère. Celle-ci prend en compte la couverture du régime des Aides sociales directes, les conditions de vie des populations, les caractéristiques territoriales, les indicateurs de santé et d’éducation, ainsi que la situation économique et l’emploi.

À travers ce référentiel, l’ANSS entend déployer son action au plus près des territoires, en l’adaptant aux dynamiques locales et aux besoins des populations. Cette orientation rejoint la nouvelle génération de programmes de développement territorial appelée par S.M. le Roi Mohammed VI, fondée sur la valorisation des spécificités locales.

Un SIG pour ajuster l’action sociale aux réalités locales

L’autre chantier structurant concerne le Système d’information géographique (SIG) dont l’ANSS s’est dotée en 2025. Présenté comme le socle de l’intelligence territoriale de l’Agence, cet outil souverain intègre des données socio-économiques et géospatiales afin de produire des indicateurs territorialisés au service de la décision publique. L’enjeu dépasse la visualisation des données. À terme, l’objectif opérationnel du SIG est d’adapter les engagements sociaux des bénéficiaires, notamment les conditionnalités, aux réalités de chaque territoire. L’outil doit permettre de vérifier si l’offre locale de services publics, en particulier dans la santé et l’éducation, peut absorber la demande additionnelle induite par les obligations applicables aux bénéficiaires.

L’enjeu est décisif pour la cohérence du dispositif : les engagements demandés aux ménages ne peuvent produire leurs effets que si l’offre territoriale existe réellement. Le SIG doit ainsi aider l’ANSS à mieux mesurer les vulnérabilités, à orienter ses interventions et à ajuster l’action sociale aux capacités concrètes des territoires. Le projet entrera en 2026 dans une phase opérationnelle de mise en œuvre et de conduite des tests. Cette étape sera engagée en priorité au niveau de la représentation territoriale de la province d’El Jadida, confirmant le rôle de ce territoire comme premier laboratoire de l’accompagnement complémentaire aux transferts monétaires.

Une aide sociale arrimée au développement territorial

À travers les représentations territoriales, les conventions partenariales et le SIG, l’ANSS cherche à faire des Aides sociales directes un instrument plus large d’inclusion et de développement territorial intégré. Le dispositif vise à rapprocher l’aide sociale des réalités vécues par les ménages, mais aussi des capacités économiques, éducatives, sanitaires et institutionnelles de chaque territoire. La réussite de cette nouvelle phase dépendra de plusieurs conditions : la qualité du profilage socio-économique, la pertinence des parcours proposés, la continuité du suivi, la coordination effective entre les acteurs et la capacité des services publics locaux à répondre aux besoins identifiés. C’est à cette échelle que se jouera le passage du soutien monétaire à l’autonomie : non plus seulement aider aujourd’hui, mais accompagner durablement les ménages vers l’inclusion productive.
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