Poser les jalons d’une nouvelle gouvernance des archives, garante de la mémoire nationale et de la souveraineté numérique face aux transformations technologiques. Tel est l’objectif des premières Assises nationales sur les archives au Maroc qui ont eu lieu mercredi 8 avril 2026 à Rabat sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Un enjeu stratégique pour le Royaume, qui entend faire de ce patrimoine un levier de transparence, de démocratie et de développement durable. «Réfléchir à la question des archives revient à questionner la mémoire du pays et son avenir», a souligné Abdeljalil Lahjomri, secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, lors de la séance inaugurale.
Un constat partagé par la directrice des Archives du Maroc, Latifa Moftaqir, qui appelle à «une réflexion collective pour repenser la gouvernance de ce secteur qui implique de multiples acteurs». Face à la «complexité des missions archivistiques dans un monde en mutation», Mme Moftaqir insiste sur «l’importance d’investir dans la formation en combinant les expertises traditionnelles et les innovations technologiques, y compris l’intelligence artificielle». Un défi d’autant plus crucial dans un «contexte mondial marqué par une concurrence ardue pour la maîtrise de l’information et la prolifération des fausses informations». Car, au-delà de leur rôle de conservation du patrimoine, les archives constituent un pilier essentiel de bonne gouvernance et de démocratie.
«Ce qui n’est pas sur Internet n’existe pas, souligne Bruno Ricard, chef du Service interministériel des archives de France. Les archives permettent aux citoyens de faire valoir leurs droits». Une lecture partagée par Bahija Simou, directrice des Archives Royales, qui rappelle l’importance stratégique des archives comme «mémoire de l’État» et outil d’aide à la décision publique. «Les Archives Royales constituent un fonds d’une valeur inestimable pour comprendre l’histoire du Maroc et son évolution institutionnelle», souligne-t-elle. Des enjeux qui revêtent une importance capitale à l’heure de la transformation numérique.
L’intelligence artificielle, une solution prometteuse «Le Maroc représente un modèle louable en matière de protection de la mémoire nationale», a salué Josée Kirps, présidente du Conseil international des Archives (ICA). Une reconnaissance qui engage le Royaume à relever le défi de la souveraineté numérique. Face à la fragilité des données dématérialisées, l’intelligence artificielle apparaît comme une solution prometteuse pour préserver l’intégrité et la pérennité des fonds. Encore faut-il, insiste Mme Moftaqir, se doter des moyens juridiques, humains et structurels adéquats. C’est tout l’enjeu des Assises qui, à travers l’élaboration d’une feuille de route 2026-2036, entendent poser les bases d’une gouvernance archivistique unifiée, au service de la mémoire et de la souveraineté. «Nous souhaitons aboutir à l’adoption d’une charte nationale des archives», ambitionne la directrice des Archives du Maroc. Un cadre normatif qui viendrait consolider les acquis du Maroc en matière de gestion documentaire, tout en l’adaptant aux défis du numérique.
Car c’est bien d’une «nouvelle vision» dont le secteur a besoin, comme l’a souligné le ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Mohammed Mehdi Bensaïd. Une vision qui replace les archives au cœur des politiques publiques, comme «l’une des principales références de la mémoire et de l’histoire», mais aussi comme un «secteur transversal offrant un service vital à l’État et ses institutions ainsi qu’aux citoyens». Un patrimoine vivant, en somme, dont la valorisation et la transmission apparaissent plus que jamais nécessaires pour éclairer le présent et construire l’avenir du Royaume.
Depuis 2008, la Direction est passée d’un simple statut de dépôt de documents à une institution d’archives moderne qui s’emploie à enrichir ses fonds, contribuant ainsi à la préservation de la mémoire historique du Royaume, a indiqué Mme Simou. Il s’agit de la collecte de documents conservés par les anciennes familles, de fonds de plusieurs Zaouïas et de copies d’archives étrangères venues de l’Espagne, de la France, du Portugal, de la Grande-Bretagne et de l’Autriche, a-t-elle enchaîné. La directrice des Archives Royales a rappelé l’importance des documents de Sultans conservés par la Direction, qui constituent une référence indispensable éclairant sur les méthodes de gestion de l’État et une source fondamentale pour l’écriture de l’histoire, compte tenu de la richesse de leur contenu et de leur niveau de crédibilité.
Dans le cadre de ses efforts visant à rendre les documents accessibles aux chercheurs et au grand public, la Direction a notamment publié la revue «Al-Wataiq» ainsi qu’une série d’ouvrages regroupant des recueils documentaires consacrés à des thèmes tels que la Beïa (allégeance), le Sahara marocain et les relations internationales du Maroc, parallèlement à sa participation à la production de films documentaires.
Un constat partagé par la directrice des Archives du Maroc, Latifa Moftaqir, qui appelle à «une réflexion collective pour repenser la gouvernance de ce secteur qui implique de multiples acteurs». Face à la «complexité des missions archivistiques dans un monde en mutation», Mme Moftaqir insiste sur «l’importance d’investir dans la formation en combinant les expertises traditionnelles et les innovations technologiques, y compris l’intelligence artificielle». Un défi d’autant plus crucial dans un «contexte mondial marqué par une concurrence ardue pour la maîtrise de l’information et la prolifération des fausses informations». Car, au-delà de leur rôle de conservation du patrimoine, les archives constituent un pilier essentiel de bonne gouvernance et de démocratie.
«Ce qui n’est pas sur Internet n’existe pas, souligne Bruno Ricard, chef du Service interministériel des archives de France. Les archives permettent aux citoyens de faire valoir leurs droits». Une lecture partagée par Bahija Simou, directrice des Archives Royales, qui rappelle l’importance stratégique des archives comme «mémoire de l’État» et outil d’aide à la décision publique. «Les Archives Royales constituent un fonds d’une valeur inestimable pour comprendre l’histoire du Maroc et son évolution institutionnelle», souligne-t-elle. Des enjeux qui revêtent une importance capitale à l’heure de la transformation numérique.
L’intelligence artificielle, une solution prometteuse «Le Maroc représente un modèle louable en matière de protection de la mémoire nationale», a salué Josée Kirps, présidente du Conseil international des Archives (ICA). Une reconnaissance qui engage le Royaume à relever le défi de la souveraineté numérique. Face à la fragilité des données dématérialisées, l’intelligence artificielle apparaît comme une solution prometteuse pour préserver l’intégrité et la pérennité des fonds. Encore faut-il, insiste Mme Moftaqir, se doter des moyens juridiques, humains et structurels adéquats. C’est tout l’enjeu des Assises qui, à travers l’élaboration d’une feuille de route 2026-2036, entendent poser les bases d’une gouvernance archivistique unifiée, au service de la mémoire et de la souveraineté. «Nous souhaitons aboutir à l’adoption d’une charte nationale des archives», ambitionne la directrice des Archives du Maroc. Un cadre normatif qui viendrait consolider les acquis du Maroc en matière de gestion documentaire, tout en l’adaptant aux défis du numérique.
Car c’est bien d’une «nouvelle vision» dont le secteur a besoin, comme l’a souligné le ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication, Mohammed Mehdi Bensaïd. Une vision qui replace les archives au cœur des politiques publiques, comme «l’une des principales références de la mémoire et de l’histoire», mais aussi comme un «secteur transversal offrant un service vital à l’État et ses institutions ainsi qu’aux citoyens». Un patrimoine vivant, en somme, dont la valorisation et la transmission apparaissent plus que jamais nécessaires pour éclairer le présent et construire l’avenir du Royaume.
Archives Royales : une institution moderne au service de la recherche
La Direction des Archives Royales est déterminée à promouvoir la connaissance de l’histoire à la faveur d’un fonds d’archives riche et varié, a affirmé, mercredi à Rabat, la directrice des Archives Royales, Bahija Simou. Intervenant lors d’un panel organisé dans le cadre des Assises nationales sur les Archives au Maroc, Mme Simou a mis en avant l’expérience de la Direction des Archives Royales en matière de conservation des documents selon un système de classification précis, faisant de cette institution un lieu de référence pour les chercheurs, conformément à la volonté de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de démocratiser le savoir et de le mettre à la disposition du citoyen.Depuis 2008, la Direction est passée d’un simple statut de dépôt de documents à une institution d’archives moderne qui s’emploie à enrichir ses fonds, contribuant ainsi à la préservation de la mémoire historique du Royaume, a indiqué Mme Simou. Il s’agit de la collecte de documents conservés par les anciennes familles, de fonds de plusieurs Zaouïas et de copies d’archives étrangères venues de l’Espagne, de la France, du Portugal, de la Grande-Bretagne et de l’Autriche, a-t-elle enchaîné. La directrice des Archives Royales a rappelé l’importance des documents de Sultans conservés par la Direction, qui constituent une référence indispensable éclairant sur les méthodes de gestion de l’État et une source fondamentale pour l’écriture de l’histoire, compte tenu de la richesse de leur contenu et de leur niveau de crédibilité.
Dans le cadre de ses efforts visant à rendre les documents accessibles aux chercheurs et au grand public, la Direction a notamment publié la revue «Al-Wataiq» ainsi qu’une série d’ouvrages regroupant des recueils documentaires consacrés à des thèmes tels que la Beïa (allégeance), le Sahara marocain et les relations internationales du Maroc, parallèlement à sa participation à la production de films documentaires.
