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Vendredi 03 Avril 2026
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Le taux de remplissage des barrages au Maroc dépasse 74% et poursuit sa hausse

Portées par les précipitations enregistrées ces dernières semaines à travers plusieurs régions du Maroc, les réserves hydriques poursuivent leur amélioration. Au 03 avril 2026, le taux de remplissage global des barrages atteint 74,1%, contre 38,3% un an auparavant, confirmant un net redressement de la situation hydrique nationale.

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La situation hydrique au Maroc connaît un tournant notable en ce début de printemps. Après plusieurs années marquées par un déficit pluviométrique et une pression croissante sur les ressources en eau, les barrages affichent désormais des niveaux de remplissage nettement supérieurs à ceux observés l’an dernier.

En l’espace de douze mois, le taux global a quasiment doublé, passant de 38,3% à 74,1%, soit une progression exceptionnelle. Cette évolution reflète non seulement l’effet des précipitations récentes, mais également une meilleure rétention des apports hydriques dans plusieurs bassins.

Les bassins du nord et du centre proches de la saturation

Les bassins hydrauliques du nord et du centre du pays affichent des performances particulièrement élevées.

Le Tensift atteint 96,3% de remplissage, frôlant la pleine capacité. Plusieurs ouvrages y sont totalement remplis, confirmant une situation hydrique très favorable pour cette région.

Le Bouregreg, avec 92,7%, continue de jouer un rôle clé dans l’approvisionnement en eau potable, notamment grâce au barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah, qui maintient un niveau élevé.

Le bassin du Loukkos affiche quant à lui 91,7%, avec plusieurs barrages déjà saturés, illustrant une dynamique positive durable dans le nord du Royaume.

Sebou, socle de la sécurité hydrique

Avec 85,8% de remplissage et plus de 4,6 milliards de m³, le bassin du Sebou confirme sa place centrale dans le système hydrique national.

Des barrages majeurs comme Al Wahda, Idriss Ier ou encore El Kansera concentrent des volumes considérables, assurant à la fois l’alimentation en eau potable, l’irrigation agricole et le soutien aux activités économiques dans plusieurs régions stratégiques.

Une amélioration progressive dans l’est et le centre

Dans l’est du pays, le bassin de la Moulouya atteint désormais 72% de remplissage, porté par des barrages proches de leur capacité maximale, à l’image de Sur Oued Za et Mohammed V.

Le bassin de l’Oum Er-Rbia enregistre également une progression notable avec 59,9%, malgré des disparités internes. Si certains barrages affichent des niveaux confortables, d’autres, comme Al Massira, restent en deçà, ce qui tempère la performance globale du bassin.

Le Sud entre amélioration et vulnérabilités persistantes

Les régions du sud montrent des signes d’amélioration, mais conservent une certaine fragilité.

Le bassin du Souss-Massa atteint 56%, avec plusieurs barrages quasiment pleins. Toutefois, les volumes globaux restent limités comparativement aux bassins du nord.

Le Guir-Ziz-Ghéris s’établit à 54,5%, tandis que le Drâa-Oued Noun reste en retrait avec 40,2%, malgré une légère progression. Ces niveaux traduisent des apports pluviométriques encore insuffisants pour combler totalement le déficit accumulé ces dernières années.

Des disparités régionales qui appellent à la vigilance

Si l’amélioration globale est indéniable, les écarts entre bassins demeurent marqués. Certains territoires bénéficient d’un remplissage quasi optimal, tandis que d’autres restent exposés à une vulnérabilité hydrique persistante.

Cette situation souligne la nécessité de poursuivre les efforts engagés en matière de gestion intégrée des ressources en eau, d’optimisation des infrastructures hydrauliques et de diversification des sources d’approvisionnement, notamment à travers le dessalement et la réutilisation des eaux usées.
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