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Charafat Afailal affirme avoir mis en garde contre la pénurie d'eau actuelle

L’ancienne ministre chargée de l’Eau et une des figures du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Charafat Afailal, a affirmé avoir mis en garde contre la crise actuelle que vit le secteur de l’eau. Répondant aux critiques l’accusant d’être indirectement liée au retard pris dans la mise en place des structures hydrauliques, elle a rappelé que la pénurie d’eau constatée actuellement était le résultat des fausses orientations prises dans le domaine agricole qui absorbe 80% des ressources hydriques.

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Depuis qu’il tient les rênes de l’actuel gouvernement, le parti du RNI et ses alliés de la majorité ne ratent aucune occasion pour fustiger le bilan des gouvernements précédents en termes de gestion des ressources en eau, critiquant vivement les mauvais arbitrages faits par ces derniers et qui ont donné lieu à un retard dans le renforcement des infrastructures, notamment les stations de dessalement. Si ce discours est souvent contré par les députés des partis de l’opposition au Parlement, qui ne cessent de rappeler que le parti actuellement aux commandes était également membre du gouvernement précédent, cette fois c’est l’ancienne ministre déléguée chargée de l’Eau, Charafat Afailal, qui s’est chargée de cette mission.

>> Lire aussi : Hausse des prix : Charafat Afailal fustige "l’arrogance" du Chef du gouvernement

Intervenant dans le cadre d’une émission diffusée sur le site «The Voice», Mme Afailal a répondu à ses détracteurs en rappelant que la crise relative à la pénurie d’eau était le fruit de la mauvaise gouvernance de cette ressource. Décochant directement ses flèches à l’endroit du Chef du gouvernement, l’ancienne ministre a indiqué que la situation alarmante que vit le Maroc était directement liée aux stratégies et choix agricoles non réfléchies qui ont favorisé pendant plus d’une décennie les cultures gourmandes en eau et l’élargissement des terres irriguées.

Mme Afailal a également déploré le fait que les politiques publiques en matière agricole et qui absorbent 80% des ressources hydriques aient tourné le dos aux résultats des recherches scientifiques réalisées par des chercheurs marocains. Ces derniers, avait-elle ajouté, avaient déjà tiré la sonnette d’alarme en prédisant cette crise, compte tenu de la situation géographique du pays et de son climat semi-aride.



«Plusieurs spécialistes ont pourtant attiré l’attention sur le réchauffement climatique et son impact direct sur les ressources hydriques du royaume – et plus largement des pays du bassin méditerranéen», relevait Mme Afilal qui a signalé qu’elle s’était plusieurs fois fait rappeler à l’ordre par l’ancien ministre de l’Agriculture à chaque fois qu’elle évoquait les risques encourues par la poursuite de telles politiques. «J’avais déjà mis en garde contre l’épuisement des ressources hydriques, particulièrement souterraines au niveau de la région de Zagora, à cause de la culture de la pastèque, mais on m’avait fait comprendre que ce volet ne relevait pas de mon périmètre de compétence», a affirmé l’ancienne ministre.

Revenant sur le programme Maroc vert, Mme Afailal n’a pas manqué de critiquer cette stratégie qui a favorisé selon elle l’élargissement des surfaces irriguées destinées aux cultures gourmandes en eau au détriment des cultures céréalières résistant à la sécheresse que le Maroc devait maintenir.

«Force est de constater que la crise actuelle de l’eau était prévisible depuis longtemps. Tout observateur et connaisseur aurait admis que le rythme d’exploitation des ressources en eau, lié à l’extension des surfaces irriguées, n’était pas une option durable. En effet, dans un pays au climat structurellement semi-aride à aride, la promotion d’un modèle d’agriculture marchande en grande partie destinée à l’exportation de biens de contre-saison a reposé sur l’intensification de l’irrigation jusqu’à atteindre des limites insoutenables», a regretté l’ancienne ministre PPS.

Charafat Affilal est allée plus loin dans son raisonnement estimant que le recours à ce genre de politique démontre clairement l’absence de toute régulation, au profit de la logique de la rentabilité. «Le plan Maroc vert a fait miroiter aux agriculteurs des profits mirifiques rapide. Or ce choix a profité plus aux grands agriculteurs et a élargi la fracture sociale avec les petits agriculteurs. Mais le plus grave, c’est que ce choix a gravement compromis le droit de pans entier de la population à l’eau», a conclu la militante PPS.
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