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Samedi 09 Mai 2026
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Clôture à Cap Draâ de l'exercice "African Lion 2026"

L'Exercice combiné maroco-américain "African Lion 2026" a été clôturé, vendredi à Cap Draâ (au nord de Tan-Tan), par la réalisation de manœuvres militaires aériennes et terrestres auxquelles ont participé des unités des Forces Armées Royales (FAR) et des forces américaines.

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Cet exercice militaire s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Chef Suprême et Chef d'Etat-Major Général des Forces Armées Royales (FAR).

Lors de ces manœuvres, qui se sont déroulées en présence du Général de Corps d'Armée Mohammed Berrid, Inspecteur Général des FAR et Commandant la Zone Sud, et du Général d’Armée Dagvin Anderson, Commandant du Commandement Américain pour l’Afrique "AFRICOM", les unités militaires ont exécuté des manœuvres terrestres et aériennes structurées autour de vignettes multidomaines de "défense dans la profondeur", d’"attaque dans la profondeur" et de "contre-attaque", ce qui transforme le paradigme de génération, d’emploi et de soutien de la puissance de combat par la force interarmées.

Cette édition de "African Lion" s’est distinguée par l’emploi avancé de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies, notamment les systèmes C2, les systèmes anti-drones et les drones.



Dans le cadre de "la défense dans la profondeur", des opérations terrestres appuyées par l'artillerie ont été menées afin de ralentir la progression de l’ennemi potentiel, parallèlement à des manœuvres aériennes impliquant un bombardier américain B-52, appuyé par des F-16 marocains.

Dans le cadre de l’’’attaque dans la profondeur’’, des opérations terrestres appuyées par l’artillerie et des robots d’assaut ont été exécutées, lors desquelles la force combinée a exploité l’élan affaibli de l’adversaire et la dégradation de sa portée opérationnelle afin de concentrer et d’exécuter des feux et des manœuvres synchronisés multidomaines.

Les forces spéciales américaines ont également mené un assaut à l’aide d’armes individuelles contre l’ennemi potentiel, avec l’engagement de véhicules d’appui-feu sans pilote, ainsi que des systèmes de fumigènes par drones.

Il a également été procédé à des frappes visant à neutraliser l’ennemi retranché sur la ligne de front, afin de permettre l’ouverture de couloirs dans le cadre des missions d’assaut et de contre-attaque, à l’aide de chars Abrams et d’unités d’infanterie embarquées sur véhicules légers, ainsi que d’importantes manœuvres au sol avec l’appui des hélicoptères Apache des Forces Royales Air.

Dans une déclaration à la presse, le Général d’Armée Dagvin Anderson a tenu à souligner que cet exercice dépasse largement sa dimension militaire, le qualifiant de "symbole du partenariat stratégique de longue date entre les États-Unis et le Maroc", ainsi que d’une reconnaissance du rôle de leadership du Royaume en Afrique et sur la scène internationale.

Le responsable militaire a également relevé que l’exercice inclut, pour la première fois, des opérations de soins médicaux à Dakhla et au Sahara marocain, mettant en avant la dimension humanitaire des activités conjointes menées par les forces américaines et marocaines en faveur de la population dans la région.

Le responsable a, par ailleurs, exprimé sa volonté de développer davantage ces actions humanitaires à l’avenir, saluant "le partenariat extraordinaire" unissant les deux pays depuis 250 ans.

De son côté, le Colonel-Major Reda Chaaib, des Forces Armées Royales, a exprimé sa satisfaction à l’issue de cette édition "inédite" de l’exercice African Lion, et qui a été une occasion de consolider la coopération internationale, d’améliorer l’interopérabilité entre les forces partenaires et de consolider leurs capacités face à l’évolution des menaces dans un environnement mondial de plus en plus complexe.

Cette édition a accordé une attention particulière à l’innovation et aux technologies avancées, a-t-il ajouté.

Pour sa part, le Chef de mission adjoint à l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique, Benjamin Ziff, a souligné que l’intégration de capacités autonomes et semi-autonomes aux forces conventionnelles, dans le cadre de l’exercice African Lion, a permis aux participants de renforcer considérablement leur coopération.

Cette dynamique offre, selon lui, une occasion unique de tester conjointement de nouvelles technologies, de développer l’interopérabilité entre les forces partenaires et de mieux se préparer aux défis futurs liés à l’évolution de la nature des conflits.

Dans des déclarations à la MAP en marge de ces manœuvres, le lieutenant-colonel Yassine Semlali, commandant adjoint des opérations de terrain, a indiqué que cette édition se distingue par l’intégration de l’innovation et des nouvelles technologies sur le champ de bataille, avec des tests de systèmes avancés incluant des dispositifs autonomes, l’intelligence artificielle et des systèmes de tir télécommandés.

De son côté, le capitaine Adnane Ma El Aïnin, de l’escadron d’hélicoptères Apache, a noté que cet exercice a connu pour la première fois la participation d’un escadron marocain d’hélicoptères Apache aux côtés des forces aériennes américaines, dans un environnement multinational garantissant sécurité, précision et professionnalisme dans l’exécution des missions.

Pour sa part, le sergent-major Patrick Jeffrey, des forces opérationnelles de la Southern European Task Force-Africa (SETAF-AF), a indiqué que l’exercice "African Lion" de cette année se distingue de manière significative des précédentes éditions, avec l’intégration accrue de technologies, d’innovation et de capacités avancées directement dans les lignes tactiques de combat.

En marge de la clôture de l’exercice, une cérémonie de remise du deuxième lot d’hélicoptères de combat Apache AH-64, composé de sept appareils, aux Forces Armées Royales a été organisée.

Les FAR avaient déjà reçu en 2025 un premier lot de six hélicoptères, intégrés à l’exercice "African Lion 2026", où ils ont exécuté avec efficacité les missions qui leur étaient assignées.

L’exercice "African Lion 2026" a été officiellement lancé le 27 avril dernier à l’État-Major de la Zone Sud à Agadir, et s’est déroulé dans plusieurs régions du Royaume, notamment Cap Draâ à Tan-Tan, Benguérir, Agadir, Taroudant, Dakhla et Tifnit, avec la participation de plus de 5.000 éléments issus d’environ 40 pays, aux côtés des Forces Armées Royales et des forces armées américaines, ainsi que d’observateurs militaires représentant 17 pays.

Les activités ont inclus des exercices tactiques terrestres, aériens et maritimes conjoints, et un exercice de lutte contre les Armes de destruction massive, ainsi que des activités parallèles à caractère humanitaire, notamment un hôpital médico-chirurgical de campagne à Taroudant et une campagne médicale au profit des enfants à Dakhla (ophtalmologie et soins dentaires).

Contribuant au renforcement de l’interopérabilité opérationnelle, technique et procédurale, entre les armées participantes, l’exercice "African Lion 2026", le plus grand exercice conduit en Afrique, reste un rendez-vous incontournable où se côtoient les cadres militaires pour échanger les procédures et les expériences notamment en matière de formation et d’entraînement interarmées combiné.
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