Il y a quelque chose d'assez frappant quand on observe, depuis 2022, la trajectoire économique du Maroc. Le monde se fragmente, les blocs se referment, les grandes puissances rivalisent pour sécuriser leurs chaînes d'approvisionnement et au lieu de subir cette recomposition, comme tant d'économies de sa catégorie, le Royaume l'a lue, comprise, et retournée à son avantage. «Le Maroc offre un exemple éclairant parmi les pays à revenu intermédiaire», écrivent d'emblée les auteurs de l'étude, avant de souligner que sa trajectoire «se distingue par une certaine robustesse».
L'activité non agricole progresse aujourd'hui de 4,4% en moyenne, un rythme supérieur de 1,3 point à sa tendance historique, porté à 4,8% depuis 2024. Il faut remonter au milieu des années 2000 pour retrouver une telle dynamique. Ce n'est pas un hasard. C'est un choix. C'est ce que révèle cette étude signée par cinq économistes du Policy Center for the New South : Abdelaaziz Aït Ali, Mahmoud Arbouch, Fahd Azaroual, Adnane Lahzaoui et Karim El Aynaoui, président exécutif de l'institution, et publiée dans «Le Grand Continent», une revue française qui s'est imposée en quelques années comme, selon les mots mêmes de plusieurs grands médias internationaux, «la revue européenne de référence pour penser un monde en plein basculement».
L'activité non agricole progresse aujourd'hui de 4,4% en moyenne, un rythme supérieur de 1,3 point à sa tendance historique, porté à 4,8% depuis 2024. Il faut remonter au milieu des années 2000 pour retrouver une telle dynamique. Ce n'est pas un hasard. C'est un choix. C'est ce que révèle cette étude signée par cinq économistes du Policy Center for the New South : Abdelaaziz Aït Ali, Mahmoud Arbouch, Fahd Azaroual, Adnane Lahzaoui et Karim El Aynaoui, président exécutif de l'institution, et publiée dans «Le Grand Continent», une revue française qui s'est imposée en quelques années comme, selon les mots mêmes de plusieurs grands médias internationaux, «la revue européenne de référence pour penser un monde en plein basculement».
Une confiance qui ne se décrète pas, elle se construit
On ne convainc pas un investisseur chinois d'engager 6,5 milliards de dollars dans une gigafactory de batteries électriques à Kénitra par simple opportunisme géographique. On le convainc par la stabilité, par la crédibilité macroéconomique, par des années de gestion prudente des équilibres budgétaires et du régime de change. C'est précisément ce que documente l'étude : «Le Maroc tire parti de la recomposition des chaînes de valeur mondiales, qui renforce son attractivité pour de nouveaux investissements directs étrangers, notamment chinois», notent les auteurs, avant d'ajouter que «le Maroc figure parmi les pays les mieux placés pour en bénéficier». Les flux nets d'investissements directs étrangers ont plus que doublé entre 2023 et 2025, portés par des projets structurants comme celui de Gotion à Kénitra ou celui de CNGR à Jorf Lasfar, dans un secteur (les batteries, la mobilité électrique, l'hydrogène vert...) qui dessine déjà l'industrie de demain. La part de l'industrie manufacturière dans ces investissements est passée de 21,4% en 2020 à 44,7% en 2024. L'automobile, les équipements électriques : deux filières où le Maroc ne se contente plus d'assembler, mais commence à peser.
Faut-il rappeler que cette confiance se lit aussi dans la perception du risque souverain marocain sur les marchés internationaux, résolument orientée à la baisse depuis plusieurs années ? Les auteurs sont clairs sur ce point : cette évolution «traduit également une perception positive du pays comme destination capable d'offrir stabilité macroéconomique, accès préférentiel aux marchés et base manufacturière compétitive». Un pays qui inspire confiance à ce point n'est pas un pays qui improvise.
Le tourisme, les technologies, et un pari qui paie
Vingt millions de touristes accueillis en 2025. Une part du tourisme dans le PIB qui atteint 7,3%, en progression constante, et qui, précisent les chercheurs du PCNS, dépasse «celle observée au Moyen-Orient» comme en Afrique du Nord. Faut-il s'en étonner ? Le Maroc a fait, depuis des années, le pari de la destination : infrastructures, connectivité aérienne, image internationale... et ce pari, aujourd'hui, rapporte. Les technologies de l'information suivent la même trajectoire : leur contribution à la valeur ajoutée des exportations dépasse déjà, selon l'étude, la moyenne des pays de l'OCDE. Le Royaume dispose ainsi de deux relais de croissance qui viennent compléter, et non remplacer, ses filières manufacturières historiques. Une diversification qui n'a rien d'accidentel : elle est la conséquence directe de choix stratégiques assumés depuis une décennie, et que l'étude invite précisément à «intégrer comme des relais productifs à part entière».
Un effort d'investissement à la hauteur des ambitions
Rien de tout cela ne serait possible sans un effort d'investissement massif, porté à près de 30% du PIB, l'un des niveaux les plus élevés parmi les économies à revenu intermédiaire. Les grands établissements publics, Royal Air Maroc, l'ONCF, les Autoroutes du Maroc, portent une part déterminante de cet effort, dans une logique de modernisation des infrastructures qui prépare le pays aux échéances qui l'attendent, à commencer par la Coupe du monde 2030.
Les auteurs appellent, avec raison, à transformer davantage cette impulsion publique en investissement privé et en gains de productivité, un «chantier», plus qu'une faiblesse. Le Royaume dispose des leviers pour l'engager : un secteur privé en pleine structuration, des filières exportatrices de plus en plus compétitives, une jeunesse formée et connectée. Le Maroc n'a jamais manqué d'ambition. Il lui reste, comme toujours, à transformer l'essai.
Les auteurs appellent, avec raison, à transformer davantage cette impulsion publique en investissement privé et en gains de productivité, un «chantier», plus qu'une faiblesse. Le Royaume dispose des leviers pour l'engager : un secteur privé en pleine structuration, des filières exportatrices de plus en plus compétitives, une jeunesse formée et connectée. Le Maroc n'a jamais manqué d'ambition. Il lui reste, comme toujours, à transformer l'essai.
Une position que le Maroc a su mériter
Les auteurs eux-mêmes tracent une comparaison flatteuse en plaçant le Royaume aux côtés d'économies aussi reconnues que le Mexique, la Pologne ou le Vietnam, décrites comme des «pays jouant un rôle de connecteurs entre différents espaces économiques» capables de «tirer parti des recompositions en cours». Le Maroc, à l'interface de l'Europe, de l'Afrique et de l'Asie, y trouve toute sa place.
À l'heure où tant de pays à revenu intermédiaire regardent la fragmentation du monde comme une menace, le Maroc, lui, en a fait un levier. Ce n'est pas de la chance. C'est le résultat d'une politique de stabilité, d'ouverture et de crédibilité construite avec constance depuis deux décennies, une politique qui trouve aujourd'hui un écho jusque dans les colonnes de l'une des revues les plus regardées d'Europe. Cette position, à quelques mois d'échéances électorales décisives, n'appartient à personne d'autre qu'aux Marocains eux-mêmes. Le monde change de visage. Le Maroc, lui, a choisi depuis longtemps le sien.
À l'heure où tant de pays à revenu intermédiaire regardent la fragmentation du monde comme une menace, le Maroc, lui, en a fait un levier. Ce n'est pas de la chance. C'est le résultat d'une politique de stabilité, d'ouverture et de crédibilité construite avec constance depuis deux décennies, une politique qui trouve aujourd'hui un écho jusque dans les colonnes de l'une des revues les plus regardées d'Europe. Cette position, à quelques mois d'échéances électorales décisives, n'appartient à personne d'autre qu'aux Marocains eux-mêmes. Le monde change de visage. Le Maroc, lui, a choisi depuis longtemps le sien.
