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Lutte contre la corruption: Le Maroc stagne, les citoyens pointent l’étendue du phénomène

En dépit de ses efforts, le Maroc peine toujours autant à mettre un frein à la propagation de la corruption. Le rapport dévoilé mercredi par l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption le confirme. Un constat confirmé également par les résultats d’une enquête menée auprès d’un panel de citoyens, de MRE et d’entreprises qui pointent l’étendue du phénomène au Maroc.

La corruption est toujours endémique au Maroc, le pays n'ayant fait aucun progrès significatif dans la lutte contre ce phénomène. Selon le diagnostic établi par l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), le Royaume stagne depuis 25 ans dans cette lutte avec une tendance au recul dans les indices internationaux enregistrée depuis 2018.



Ce diagnostic, qui se base sur plusieurs rapports et indicateurs nationaux et internationaux, constate en effet la persistance de la prévalence significative de la corruption et l'augmentation de la perception de celle-ci. En particulier au sein des populations en situation de pauvreté, de vulnérabilité et de marginalisation, comme le précise l’Instance qui se réfère aux résultats du Baromètre arabe publié en octobre 2022.

En dépit de ses efforts, le Maroc peine toujours autant à mettre un frein à la propagation de ce phénomène, comme en témoigne sa régression continue dans l’indice de perception de la corruption (IPC). En effet, le pays s’est classé au 94e rang parmi 180 pays en 2022, accusant un recul de 5 points au cours des 4 dernières années, soit un recul de 21 places dans le classement mondial de cet indice qui est, rappelons-le, l’un des mécanismes de référence permettant de surveiller ce phénomène et d’en mesurer la propagation dans les pays du monde.

«Cette tendance à la baisse continue a débuté en 2018, lorsque le Maroc a obtenu un score de 43/100, puis a diminué de deux points en 2019 avec un score de 41/100, suivi d'une diminution d'un point en 2020 avec un score de 40/100. En 2021, le score a de nouveau baissé d'un point pour atteindre 39/100», explique l’INPPLC dans son rapport annuel au titre de 2022, présenté ce mercredi par son président, Mohamed Bachir Rachdi.

En lien avec les contreperformances du Maroc dans sa lutte contre la corruption, le rapport pointe les scores négatifs enregistrés au niveau d’un ensemble de sous-indices liés aux indices de liberté, de liberté économique et de l'État de droit. Il s’agit des droits politiques (13/40), des droits civils (24/60), de l'efficacité judiciaire (32,8/100), de l'intégrité gouvernementale (38,7/100), de la justice pénale (0,36/1), de l'absence de corruption (0,42/1), des droits fondamentaux (0,42/1) et du gouvernement ouvert (0,43/1).

La corruption premier frein à l’investissement

La corruption occupe la sixième place parmi les principales préoccupations des citoyens résidents et la troisième position pour les Marocains du monde. En effet, selon les résultats de la deuxième enquête nationale sur la corruption, réalisée par l’observatoire de l’INPPLC, 72% des citoyens marocains, 65% des MRE et 68% des entreprises considèrent que la corruption est très répandue au Maroc. Ce fléau est également le premier frein à l’investissement selon 26% des Marocains du monde, alors que 63% d’entre eux placent la corruption dans le top 3 des obstacles à l’investissement. Globalement, la corruption occupe le second rang après les procédures administratives qui chapeautent le classement avec 67%.

Quant à la perception du niveau global de la corruption, les citoyens estiment qu'il reste élevé et que l'étendue de ce phénomène diffère selon les secteurs. Le secteur de la santé reste le plus touché par la corruption selon 76% des citoyens marocains, 68% des MRE et 75% des entreprises. Il est suivi par les partis politiques, le gouvernement, le Parlement et les syndicats.

L’enquête indique par ailleurs que la corruption est largement répandue dans les domaines des recrutements, les nominations et l’évolution de la carrière dans le secteur public et les autorisations exceptionnelles. Elle est aussi répandue dans les domaines des aides sociales, de l'octroi des licences, des agréments, des dérogations et des autorisations exceptionnelles.
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