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Jeudi 25 Juin 2026
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Du contre-terrorisme aux drones : la nouvelle feuille de route Maroc-USA jusqu'en 2036

Centre d’excellence pour les drones, infrastructures de coopération sécuritaire, modernisation des Forces Armées Royales, intégration de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité aux exercices conjoints : le projet de loi de défense américain pour 2027 dévoile les contours d’une coopération militaire appelée à se densifier au cours de la prochaine décennie. Une orientation qui traduit l’importance croissante du Maroc dans les calculs stratégiques de Washington, à la croisée des enjeux africains, méditerranéens et sécuritaires.

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Les États-Unis s'apprêtent à sceller un plan de coopération militaire d'envergure historique avec le Maroc, s'étendant désormais jusqu’en 2036. L’information est consignée noir sur blanc dans le projet de loi de programmation militaire américain pour l’année fiscale 2027 (National Defense Authorization Act-NDAA 2027). Ce document hautement stratégique de plus de 1.500 pages, introduit par le Comité des forces armées du Sénat américain, redéfinit la carte des alliances prioritaires de Washington et place le Royaume au centre névralgique de sa doctrine sécuritaire.

L’armature de cette alliance renforcée est dictée par l’article 1268 du texte, intitulé explicitement «Plan visant à renforcer la coopération en matière de défense avec le Maroc». Cette disposition exige du secrétaire américain à la Défense de soumettre aux Commissions parlementaires du Congrès, dans un délai de 180 jours, un plan d’action global pour approfondir ce partenariat. Preuve de la profondeur stratégique de cette alliance, la loi exige la transmission immédiate de la «Feuille de route États-Unis-Maroc pour la coopération en matière de défense pour 2026 à 2036». Cet horizon décennal traduit de manière éclatante la confiance absolue et pérenne que Washington place dans la vision de Sa Majesté le Roi et dans la stabilité institutionnelle du Royaume, érigé en allié le plus fiable de la superpuissance américaine.

Des sites de sécurité coopératifs et la renaissance des pistes stratégiques de l'USAF

Le premier grand axe de ce plan d’extension militaire repose sur le renforcement des capacités infrastructurelles et de projection conjointe. Le document américain mentionne explicitement la recherche d'«options pour l'établissement de sites de sécurité coopératifs au Maroc afin de promouvoir la stabilité régionale et d'optimiser la préparation conjointe à la réponse aux crises». Plus significatif encore, le Congrès américain souhaite jeter les bases d'un co-investissement de grande envergure pour redonner vie à l'histoire aéronautique commune des deux nations. La loi prévoit en effet «la prise en compte de la faisabilité et de l'opportunité d'un plan de partage des coûts pour moderniser les pistes du Strategic Air Command autrefois exploitées par les États-Unis».
Ce projet de modernisation d’infrastructures de premier plan permettra non seulement d'accueillir des appareils de transport et de combat de dernière génération, mais renforcera également le positionnement du Maroc en tant que plateforme logistique mondiale indétrônable. Cette montée en puissance infrastructurelle s’accompagne d’un soutien total au renouvellement des équipements des Forces Armées Royales (FAR). Le volet de préparation conjointe intègre en effet la notion de «modernisation des forces du Maroc par l'acquisition d'équipements de défense américains» ainsi que «l’établissement d'un complexe de tir et d'entraînement tous domaines».

Le saut technologique : drones et IA au cœur du combat moderne

Le texte du projet de loi anticipe les mutations de la guerre moderne et choisit le Maroc comme laboratoire de ses partenariats technologiques les plus avancés. La loi prévoit la mise en place d'un projet d’avant-garde : «Un plan pour établir un centre d'excellence pour drones au Maroc dédié aux opérations conjointes multi-domaines et destiné à servir de modèle de partenariats technologiques pour l'avenir du combat». En confiant au Royaume ce pôle d'excellence, l'appareil de défense américain reconnaît l’expertise croissante et la maturité technologique des FAR.

Cette transition vers une coopération technologique avancée se reflétera directement dans l'évolution de l'exercice militaire emblématique African Lion. Le Congrès demande une réévaluation complète pour étendre la portée de ces manœuvres conjointes afin de s'assurer qu'elles incluent une prise en compte approfondie des enjeux de pointe. Les exercices devront désormais intégrer de nouveaux champs de confrontation stratégique, notamment «la cybersécurité, les opérations de drones et les capacités anti-drones, les technologies sous-marines, la lutte contre la guerre hybride, la protection des infrastructures nationales critiques, la logistique, les chaînes de mobilité et l'adaptation à l'utilisation adverse de l'intelligence artificielle et des capacités de combat autonomes». En élargissant ainsi le spectre de la coopération à la lutte contre la guerre hybride et à la protection des infrastructures vitales, les États-Unis confortent le rôle du Maroc comme bouclier et leader de la sécurité régionale à l'ère numérique.

Sécurité économique : le phosphate, actif vital du Pentagone

Au-delà des aspects purement opérationnels, le document met en lumière un autre volet, tout aussi crucial, de l'importance du Royaume pour la souveraineté économique et militaire américaine : le phosphate. Dans la section dédiée à l’évaluation des vulnérabilités des chaînes d'approvisionnement stratégiques de l'armée américaine (section 1091), le texte s'inquiète des risques de perturbations globales concernant cette ressource indispensable aux industries de haute technologie et de défense.

Le Sénat américain exige une analyse minutieuse de la dépendance nette des États-Unis et met en exergue «la concentration des fournisseurs étrangers, y compris la part de marché et le profil de risque géopolitique du Maroc, de la Chine et d'autres producteurs majeurs». La mention, technique en apparence, dit une réalité que Rabat connaît bien : détenteur de la première réserve mondiale de phosphates, le Royaume figure sur la carte des dépendances stratégiques de la première puissance de la planète. Là où Washington scrute un risque, le Maroc peut lire un levier.

À travers ce projet de loi de programmation militaire, Washington n'envoie pas seulement un signal de continuité : elle institutionnalise une relation d’exception. De la logistique aéroportuaire à l'intelligence artificielle appliquée au combat, en passant par la sécurisation des ressources vitales, le Maroc confirme qu'il joue désormais dans la cour des grands partenaires stratégiques de la première puissance mondiale.
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