Ce mercredi, les affiches seront encore aux murs et les slogans à peine retombés. Mais la campagne s’arrêtera au seuil de l’isoloir. Dans les quelque 40.700 bureaux de vote ouverts, il ne restera plus qu’un geste : choisir une liste et glisser un bulletin dans l’urne. Quelques minutes pour un mandat de cinq ans. Pour les douzièmes élections législatives depuis l’Indépendance, 15.801.162 électeurs sont inscrits. Vingt-huit partis, dont une alliance créée pour ce scrutin, ainsi que deux listes indépendantes, se disputent les 395 sièges de la Chambre des représentants. Au total, 1.850 listes regroupent 7.288 candidatures, soit plus de dix-huit par siège en moyenne. Sur les 395 députés, 305 seront élus dans les circonscriptions locales et 90 dans les circonscriptions régionales, réservées exclusivement aux femmes.
Le scrutin sera également suivi par 3.006 observateurs accrédités, issus d’institutions nationales, d’associations marocaines et d’organisations internationales. Parmi eux, une délégation de l’International Republican Institute (IRI), codirigée par David Schenker, ancien secrétaire d’État adjoint américain, et Tami Longaberger, sera déployée notamment à Dakhla-Oued Eddahab et Laâyoune-Sakia El Hamra. Une présence également mise en avant comme un nouvel indicateur de la densité des relations entre Rabat et Washington. Et tout au long de la journée, un chiffre retiendra presque autant l’attention que le nombre de sièges : celui de la participation.
Car les Marocains élisent ce mercredi leurs députés. Ceux qui voteront les lois, examineront le budget, contrôleront l’action du gouvernement et évalueront les politiques publiques. À l’ouverture de la dernière année de l’actuelle législature, Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait rappelé aux parlementaires : «Vous êtes les représentants des citoyens». La formule dit l’essentiel du mandat remis en jeu aujourd’hui.
Le résultat ouvrira ensuite la séquence gouvernementale. L’article 47 de la Constitution prévoit que Sa Majesté le Roi nomme le Chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections de la Chambre des représentants, au vu de leurs résultats. Restera alors à former une majorité. Les urnes livreront un rapport de force ; les consultations lui donneront une traduction politique.
Des législatives, et rien d’autre
Le scrutin sera également suivi par 3.006 observateurs accrédités, issus d’institutions nationales, d’associations marocaines et d’organisations internationales. Parmi eux, une délégation de l’International Republican Institute (IRI), codirigée par David Schenker, ancien secrétaire d’État adjoint américain, et Tami Longaberger, sera déployée notamment à Dakhla-Oued Eddahab et Laâyoune-Sakia El Hamra. Une présence également mise en avant comme un nouvel indicateur de la densité des relations entre Rabat et Washington. Et tout au long de la journée, un chiffre retiendra presque autant l’attention que le nombre de sièges : celui de la participation.
Car les Marocains élisent ce mercredi leurs députés. Ceux qui voteront les lois, examineront le budget, contrôleront l’action du gouvernement et évalueront les politiques publiques. À l’ouverture de la dernière année de l’actuelle législature, Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait rappelé aux parlementaires : «Vous êtes les représentants des citoyens». La formule dit l’essentiel du mandat remis en jeu aujourd’hui.
Le résultat ouvrira ensuite la séquence gouvernementale. L’article 47 de la Constitution prévoit que Sa Majesté le Roi nomme le Chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections de la Chambre des représentants, au vu de leurs résultats. Restera alors à former une majorité. Les urnes livreront un rapport de force ; les consultations lui donneront une traduction politique.
Des législatives, et rien d’autre
Le souvenir de 2021 entretient encore une confusion. Cette année-là, législatives, communales et régionales avaient été organisées le même jour, le 8 septembre. Ce 23 septembre, seuls les députés sont élus : les conseils communaux et régionaux restent en place. La différence est loin d’être seulement juridique. Les communes gèrent notamment plusieurs services de proximité, du transport public urbain à l’éclairage, en passant par la collecte des déchets et le stationnement. Les régions interviennent dans le développement et l’aménagement de leur territoire. Les députés, eux, siègent au Parlement et exercent un mandat national. Trois niveaux de représentation, trois responsabilités différentes. Cette séparation donnera d’autant plus de relief au taux de participation. En 2021, les électeurs se déplaçaient pour trois scrutins. Mercredi, les législatives seront seules en piste.
Jeunes, femmes, sortants : les chiffres à suivre
Jeunes, femmes, sortants : les chiffres à suivre
La composition du corps électoral raconte déjà quelque chose du scrutin. Les femmes représentent 46% des inscrits et les hommes 54%. Les électeurs urbains pèsent 55%, contre 45% en milieu rural. Le contraste le plus net concerne l’âge : les 18-24 ans ne représentent que 4% des inscrits, les 25-34 ans 15%, tandis que les 60 ans et plus dépassent 29%. La donnée est d’autant plus frappante que la jeunesse a occupé une place importante dans les programmes et les campagnes : emploi, logement, formation, entrepreneuriat, participation politique. Mercredi soir, sa mobilisation comptera autant que les promesses formulées en son nom.
Les femmes sont, elles, 2.658 parmi les candidats, soit 36,47% du total. Parmi elles, 1.783 figurent sur les listes régionales et 875 concourent dans les circonscriptions locales. Dans ces dernières, 121 listes sont conduites par une femme. Le renouvellement sera tout aussi visible : 227 parlementaires en exercice se représentent. Face à eux, plusieurs milliers de candidats tentent d’entrer, ou de revenir, sous la coupole.
Après le vote, l’arithmétique politique
Les femmes sont, elles, 2.658 parmi les candidats, soit 36,47% du total. Parmi elles, 1.783 figurent sur les listes régionales et 875 concourent dans les circonscriptions locales. Dans ces dernières, 121 listes sont conduites par une femme. Le renouvellement sera tout aussi visible : 227 parlementaires en exercice se représentent. Face à eux, plusieurs milliers de candidats tentent d’entrer, ou de revenir, sous la coupole.
Après le vote, l’arithmétique politique
Mercredi soir, chaque parti comptera ses voix, puis ses sièges. Le scrutin proportionnel au plus fort reste, sans panachage ni vote préférentiel, dessine une Chambre plurielle. La première place aura un poids constitutionnel décisif ; la formation d’une majorité exigera ensuite des accords. Il faudra rapprocher des positions, trouver des partenaires et bâtir une coalition capable de soutenir le futur gouvernement. En politique parlementaire, le dépouillement ferme les bureaux de vote, pas les négociations.
L’élection refermera aussi cinq années de législature. Pour les partis ayant gouverné, les promesses de 2026 seront relues à la lumière des engagements de 2021 et du bilan du mandat. Pour l’opposition, l’enjeu sera de transformer cinq années de critique et de propositions en poids électoral, puis éventuellement en capacité d’action. Le temps de campagne aura été celui des programmes. À partir de jeudi, commenceront les comptes.
Le PLF 2027 déjà au calendrier
L’élection refermera aussi cinq années de législature. Pour les partis ayant gouverné, les promesses de 2026 seront relues à la lumière des engagements de 2021 et du bilan du mandat. Pour l’opposition, l’enjeu sera de transformer cinq années de critique et de propositions en poids électoral, puis éventuellement en capacité d’action. Le temps de campagne aura été celui des programmes. À partir de jeudi, commenceront les comptes.
Le PLF 2027 déjà au calendrier
Le futur gouvernement aura peu de temps pour prendre ses marques. Le projet de loi de Finances 2027 doit être déposé au bureau de la Chambre des représentants au plus tard le 20 octobre. Le calendrier budgétaire, lui, n’attend pas la fin des tractations. La campagne aura parlé de priorités, le budget exigera des choix. Les programmes devront désormais rencontrer les crédits, les délais et l’exécution. C’est, comme le veut l’expression, au pied du mur que l’on voit le maçon.
L’emploi figurera en haut de la pile. Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), le taux de participation à la main-d’œuvre s’établissait au deuxième trimestre 2026 à 42,2%. Il atteignait 66,5% chez les hommes, contre seulement 18,1% chez les femmes, et 22,9% chez les 15-24 ans. Le pouvoir d’achat restera lui aussi au cœur des attentes. L’indice des prix à la consommation a reculé de 0,6% sur un an en juillet 2026, mais les arbitrages quotidiens des ménages portent aussi sur les revenus, le logement, les transports, l’alimentation et l’accès aux services publics.
L’État social entre parallèlement dans une phase de consolidation. Les aides sociales directes bénéficiaient à 3,9 millions de ménages, selon l’Agence nationale du soutien social, dont 5,5 millions d’enfants et 1,7 million de personnes âgées. Le prochain Exécutif devra poursuivre ce chantier, avec les questions de ciblage, de financement et d’efficacité qui accompagnent désormais sa montée en charge. Même exigence pour la santé et l’école, où les attentes portent de plus en plus sur la qualité du service rendu.
Eau et 2030 : l’autre horloge
L’emploi figurera en haut de la pile. Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), le taux de participation à la main-d’œuvre s’établissait au deuxième trimestre 2026 à 42,2%. Il atteignait 66,5% chez les hommes, contre seulement 18,1% chez les femmes, et 22,9% chez les 15-24 ans. Le pouvoir d’achat restera lui aussi au cœur des attentes. L’indice des prix à la consommation a reculé de 0,6% sur un an en juillet 2026, mais les arbitrages quotidiens des ménages portent aussi sur les revenus, le logement, les transports, l’alimentation et l’accès aux services publics.
L’État social entre parallèlement dans une phase de consolidation. Les aides sociales directes bénéficiaient à 3,9 millions de ménages, selon l’Agence nationale du soutien social, dont 5,5 millions d’enfants et 1,7 million de personnes âgées. Le prochain Exécutif devra poursuivre ce chantier, avec les questions de ciblage, de financement et d’efficacité qui accompagnent désormais sa montée en charge. Même exigence pour la santé et l’école, où les attentes portent de plus en plus sur la qualité du service rendu.
Eau et 2030 : l’autre horloge
Le dossier de l’eau restera ouvert. Barrages, interconnexions entre bassins et dessalement continueront d’occuper l’agenda. L’objectif fixé est de mobiliser plus de 1,7 milliard de mètres cubes d’eau dessalée par an, avec l’ambition de couvrir, à l’horizon 2030, plus de la moitié des besoins en eau potable grâce au dessalement. Une bonne saison pluviométrique peut offrir du répit ; elle ne solde pas une question devenue structurelle. L’eau obéit à cette vieille règle que les années de sécheresse ont rappelée : ce que le ciel donne une saison, la politique publique doit apprendre à le préserver pour les suivantes.
Et 2030 est déjà dans le mandat qui s’ouvre. Aéroports, rail, routes, stades, mobilité urbaine et capacités touristiques avancent au rythme de la préparation de la Coupe du monde coorganisée avec l’Espagne et le Portugal. Le protocole conclu entre l’État et l’ONDA (Office national des aéroports) prévoit à lui seul 38 milliards de dirhams d’investissements entre 2025 et 2030, avec l’objectif de porter la capacité aéroportuaire nationale à 80 millions de passagers. Le prochain exécutif devra ainsi tenir plusieurs fils : grands projets, équilibres budgétaires et attentes quotidiennes. Emploi, école, soins, revenus, eau et infrastructures n’avancent pas toujours au même rythme, mais ils se retrouveront sur le même agenda gouvernemental.
Ce mercredi, quelques minutes suffiront à chaque électeur pour voter. Il faudra davantage de temps pour mesurer tout ce que ce geste aura déplacé. Les résultats livreront des sièges, une majorité prendra forme, puis les affiches disparaîtront peu à peu des rues. Les dossiers, eux, seront déjà sur le bureau.
Et 2030 est déjà dans le mandat qui s’ouvre. Aéroports, rail, routes, stades, mobilité urbaine et capacités touristiques avancent au rythme de la préparation de la Coupe du monde coorganisée avec l’Espagne et le Portugal. Le protocole conclu entre l’État et l’ONDA (Office national des aéroports) prévoit à lui seul 38 milliards de dirhams d’investissements entre 2025 et 2030, avec l’objectif de porter la capacité aéroportuaire nationale à 80 millions de passagers. Le prochain exécutif devra ainsi tenir plusieurs fils : grands projets, équilibres budgétaires et attentes quotidiennes. Emploi, école, soins, revenus, eau et infrastructures n’avancent pas toujours au même rythme, mais ils se retrouveront sur le même agenda gouvernemental.
Ce mercredi, quelques minutes suffiront à chaque électeur pour voter. Il faudra davantage de temps pour mesurer tout ce que ce geste aura déplacé. Les résultats livreront des sièges, une majorité prendra forme, puis les affiches disparaîtront peu à peu des rues. Les dossiers, eux, seront déjà sur le bureau.
Tout ce qu’il faut savoir avant de se rendre aux urnes
Les Marocains sont appelés aux urnes ce mercredi 23 septembre pour les douzièmes élections législatives organisées depuis l’indépendance. Au total, 15.801.162 électrices et électeurs sont inscrits sur les listes électorales générales. Ils devront départager 7.288 candidats pour pourvoir les 395 sièges de la Chambre des représentants. Avant de se déplacer, quelques vérifications s’imposent afin d’éviter toute difficulté susceptible de retarder, voire d’empêcher, l’exercice du droit de vote.
Vérifier l’emplacement de son bureau de vote
Chaque électeur doit voter exclusivement dans le bureau auquel il est rattaché sur la liste électorale. Les autorités administratives locales ont procédé, entre le 24 août et le 22 septembre, à la distribution d’avis indiquant l’adresse du bureau de vote, ainsi que les heures de début et de clôture du scrutin. La non-réception ou la perte de cet avis ne prive toutefois pas l’électeur de son droit de vote. Le ministère de l’Intérieur précise que ce document a une fonction purement informative et ne constitue pas une pièce exigée à l’entrée du bureau. Les personnes qui souhaitent vérifier leur inscription et les informations relatives à leur bureau peuvent également consulter le portail officiel des listes électorales générales. Il est notamment recommandé aux citoyens ayant changé de domicile de ne pas se rendre automatiquement au bureau le plus proche de leur nouvelle résidence, mais de vérifier le lieu correspondant à leur inscription électorale effective.
La carte nationale d’identité, seul document exigé
Pour voter, l’électeur doit obligatoirement présenter sa Carte nationale d’identité. Celle-ci constitue, selon le ministère de l’Intérieur, le document officiel unique permettant de justifier son identité le jour du scrutin. L’avis électoral remis par les autorités locales ne peut donc pas remplacer la carte d’identité. Il n’est, à l’inverse, pas nécessaire de le présenter lorsque l’électeur dispose de sa carte et que son nom figure bien sur la liste du bureau concerné. Le ministère de l’Intérieur rappelle également que seuls les citoyens préalablement inscrits sur les listes électorales générales peuvent participer au scrutin.
Deux choix pour composer la Chambre des représentants
Les électeurs sont appelés à se prononcer sur les listes en compétition dans leur circonscription locale, mais également sur celles présentées dans leur circonscription régionale. Sur les 395 sièges que compte la Chambre des représentants, 305 sont attribués au titre des circonscriptions locales et 90 au titre des douze circonscriptions régionales. Ces dernières sont, pour le scrutin de 2026, exclusivement réservées aux candidatures féminines. Au total, 1.615 listes locales regroupant 5.505 candidats ont été enregistrées, contre 235 listes régionales comptant 1.783 candidates. Les données officielles du scrutin font état de 1.850 listes présentées à l’échelle nationale.
Dans le bureau de vote, l’électeur doit suivre les indications communiquées par le président et les membres du bureau. Le passage par l’isoloir garantit le caractère personnel et secret du vote. Pour que le suffrage puisse être valablement comptabilisé, le choix exprimé doit être dépourvu d’ambiguïté. Toute inscription, annotation ou marque susceptible de révéler l’identité de l’électeur peut entraîner l’annulation du bulletin.
Les salariés doivent pouvoir exercer leur droit de vote
L’organisation du scrutin un mercredi soulève la question de la disponibilité des électeurs exerçant une activité professionnelle. Les administrations, établissements et entreprises publics, ainsi que les collectivités territoriales, ont été priés d’accorder les facilités nécessaires à leurs cadres, fonctionnaires et agents pour leur permettre de voter, tout en assurant la continuité normale des services. Le Chef du gouvernement a également invité les responsables des entreprises privées à prendre les dispositions nécessaires pour permettre à leurs salariés de se rendre aux urnes. Ces aménagements peuvent notamment porter sur les horaires de présence ou l’organisation des équipes, selon les contraintes propres à chaque structure. Cette consigne concerne les secteurs public et privé. Il reste conseillé aux salariés de s’informer, dès le début de la journée, des mesures retenues par leur employeur et d’anticiper leur déplacement vers le bureau de vote.
Une procuration réservée aux Marocains résidant à l’étranger
Les Marocains résidant à l’étranger et inscrits sur les listes électorales générales peuvent participer au scrutin par procuration. Le dispositif leur permet de mandater une électrice ou un électeur inscrit sur la liste électorale générale d’une commune ou d’un arrondissement du Royaume. La procuration devait toutefois être établie avant le mardi 22 septembre à midi, à travers la plateforme mise en place sur les sites elections.ma et listeselectorales.ma. Une fois le document généré, le mandant devait le transmettre à la personne chargée de voter en son nom. Cette faculté ne s’applique pas aux électeurs résidant au Maroc qui seraient, pour des raisons professionnelles, familiales ou personnelles, éloignés de leur commune d’inscription le jour du scrutin. Ceux-ci doivent se présenter personnellement dans leur bureau de rattachement.
Le secret du vote, une règle fondamentale
Une fois son identité vérifiée, l’électeur accomplit son choix à l’abri des regards avant de déposer son bulletin dans l’urne. Le vote est personnel et secret : aucune autre personne ne peut indiquer à l’électeur le choix qu’il doit effectuer à l’intérieur du bureau. Les électeurs sont également appelés à respecter la sérénité des opérations. Les discussions partisanes, les tentatives d’influencer les autres votants ou toute forme de propagande électorale n’ont pas leur place à l’intérieur ou aux abords immédiats des bureaux. À la clôture du scrutin débutera le dépouillement des bulletins. Les résultats provisoires seront ensuite centralisés et communiqués par les autorités compétentes. Mais avant le temps des chiffres et des alliances vient celui du geste individuel : celui de millions d’électeurs appelés à désigner leurs représentants pour les cinq prochaines années.
Vérifier l’emplacement de son bureau de vote
Chaque électeur doit voter exclusivement dans le bureau auquel il est rattaché sur la liste électorale. Les autorités administratives locales ont procédé, entre le 24 août et le 22 septembre, à la distribution d’avis indiquant l’adresse du bureau de vote, ainsi que les heures de début et de clôture du scrutin. La non-réception ou la perte de cet avis ne prive toutefois pas l’électeur de son droit de vote. Le ministère de l’Intérieur précise que ce document a une fonction purement informative et ne constitue pas une pièce exigée à l’entrée du bureau. Les personnes qui souhaitent vérifier leur inscription et les informations relatives à leur bureau peuvent également consulter le portail officiel des listes électorales générales. Il est notamment recommandé aux citoyens ayant changé de domicile de ne pas se rendre automatiquement au bureau le plus proche de leur nouvelle résidence, mais de vérifier le lieu correspondant à leur inscription électorale effective.
La carte nationale d’identité, seul document exigé
Pour voter, l’électeur doit obligatoirement présenter sa Carte nationale d’identité. Celle-ci constitue, selon le ministère de l’Intérieur, le document officiel unique permettant de justifier son identité le jour du scrutin. L’avis électoral remis par les autorités locales ne peut donc pas remplacer la carte d’identité. Il n’est, à l’inverse, pas nécessaire de le présenter lorsque l’électeur dispose de sa carte et que son nom figure bien sur la liste du bureau concerné. Le ministère de l’Intérieur rappelle également que seuls les citoyens préalablement inscrits sur les listes électorales générales peuvent participer au scrutin.
Deux choix pour composer la Chambre des représentants
Les électeurs sont appelés à se prononcer sur les listes en compétition dans leur circonscription locale, mais également sur celles présentées dans leur circonscription régionale. Sur les 395 sièges que compte la Chambre des représentants, 305 sont attribués au titre des circonscriptions locales et 90 au titre des douze circonscriptions régionales. Ces dernières sont, pour le scrutin de 2026, exclusivement réservées aux candidatures féminines. Au total, 1.615 listes locales regroupant 5.505 candidats ont été enregistrées, contre 235 listes régionales comptant 1.783 candidates. Les données officielles du scrutin font état de 1.850 listes présentées à l’échelle nationale.
Dans le bureau de vote, l’électeur doit suivre les indications communiquées par le président et les membres du bureau. Le passage par l’isoloir garantit le caractère personnel et secret du vote. Pour que le suffrage puisse être valablement comptabilisé, le choix exprimé doit être dépourvu d’ambiguïté. Toute inscription, annotation ou marque susceptible de révéler l’identité de l’électeur peut entraîner l’annulation du bulletin.
Les salariés doivent pouvoir exercer leur droit de vote
L’organisation du scrutin un mercredi soulève la question de la disponibilité des électeurs exerçant une activité professionnelle. Les administrations, établissements et entreprises publics, ainsi que les collectivités territoriales, ont été priés d’accorder les facilités nécessaires à leurs cadres, fonctionnaires et agents pour leur permettre de voter, tout en assurant la continuité normale des services. Le Chef du gouvernement a également invité les responsables des entreprises privées à prendre les dispositions nécessaires pour permettre à leurs salariés de se rendre aux urnes. Ces aménagements peuvent notamment porter sur les horaires de présence ou l’organisation des équipes, selon les contraintes propres à chaque structure. Cette consigne concerne les secteurs public et privé. Il reste conseillé aux salariés de s’informer, dès le début de la journée, des mesures retenues par leur employeur et d’anticiper leur déplacement vers le bureau de vote.
Une procuration réservée aux Marocains résidant à l’étranger
Les Marocains résidant à l’étranger et inscrits sur les listes électorales générales peuvent participer au scrutin par procuration. Le dispositif leur permet de mandater une électrice ou un électeur inscrit sur la liste électorale générale d’une commune ou d’un arrondissement du Royaume. La procuration devait toutefois être établie avant le mardi 22 septembre à midi, à travers la plateforme mise en place sur les sites elections.ma et listeselectorales.ma. Une fois le document généré, le mandant devait le transmettre à la personne chargée de voter en son nom. Cette faculté ne s’applique pas aux électeurs résidant au Maroc qui seraient, pour des raisons professionnelles, familiales ou personnelles, éloignés de leur commune d’inscription le jour du scrutin. Ceux-ci doivent se présenter personnellement dans leur bureau de rattachement.
Le secret du vote, une règle fondamentale
Une fois son identité vérifiée, l’électeur accomplit son choix à l’abri des regards avant de déposer son bulletin dans l’urne. Le vote est personnel et secret : aucune autre personne ne peut indiquer à l’électeur le choix qu’il doit effectuer à l’intérieur du bureau. Les électeurs sont également appelés à respecter la sérénité des opérations. Les discussions partisanes, les tentatives d’influencer les autres votants ou toute forme de propagande électorale n’ont pas leur place à l’intérieur ou aux abords immédiats des bureaux. À la clôture du scrutin débutera le dépouillement des bulletins. Les résultats provisoires seront ensuite centralisés et communiqués par les autorités compétentes. Mais avant le temps des chiffres et des alliances vient celui du geste individuel : celui de millions d’électeurs appelés à désigner leurs représentants pour les cinq prochaines années.
Quotient électoral, pourquoi arriver en tête ne suffira pas
Ce mercredi 23 septembre, les électrices et les électeurs choisissent celles et ceux qui siégeront à la Chambre des représentants. Au soir du scrutin viendront les résultats, et avec eux une question que l'on aborde rarement de front, celle du mode de comptage des sièges. Le mécanisme est technique, parfois déroutant, et il détermine pourtant l'équilibre du futur Parlement plus sûrement que les meetings de campagne. Autant le rendre lisible avant que ne tombent les premiers chiffres. Tout commence par une journée réglée à la minute près.
Le scrutin s'ouvre à huit heures et se referme à dix-neuf heures, comme le fixe l'article 75 de la loi organique N°27.11 relative à la Chambre des représentants. Commence alors l'opération la moins spectaculaire et la plus décisive de la journée, le dépouillement, le soir après la fermeture des bureaux de vote. Sont en jeu 395 sièges pourvus au suffrage universel direct par scrutin de liste, dont 305 dans les circonscriptions locales et 90 dans les douze circonscriptions régionales créées par la loi organique N°04.21, de trois sièges pour Dakhla-Oued Eddahab à douze pour Casablanca-Settat.
Revient alors la question que chaque législative ramène au premier plan. Comment des voix se transforment-elles en sièges ? La réponse tient dans une formule inscrite à l'article 84 de la loi organique, révisée en 2021 et que la loi organique N°53.25, promulguée le 16 janvier 2026, n'a pas touchée, puisqu'elle n'en modifie que le troisième alinéa. Les Marocains votent donc pour la deuxième fois sous un quotient électoral que les analystes politiques qualifient de technique «doté d'avantages et de défis».
Une formule qui ne regarde plus les votants
Aux termes de l'article 84, les sièges sont répartis «au moyen d'un quotient électoral obtenu en divisant le nombre des électeurs inscrits dans la circonscription électorale concernée par le nombre des sièges qui lui sont attribués». Chaque liste reçoit autant de sièges que ses voix contiennent de fois ce quotient et conserve le reliquat. Les sièges vacants vont au plus fort reste, aux listes «qui disposent des chiffres les plus proches dudit quotient». Le nombre d'élus ne tient donc pas au seul rang, mais au reliquat. Dans la liste, les sièges suivent l'ordre de classement, sans panachage ni vote préférentiel.
Le basculement du dénominateur constitue la rupture. Promulguée le 14 octobre 2011, la loi organique N°27.11 calculait le quotient sur les suffrages exprimés et écartait les listes recueillant moins de 6% des voix dans la circonscription locale, la barre étant de 3% au niveau national. La loi organique N°20.16, publiée au Bulletin officiel du 11 août 2016, a ramené le seuil local à 3%. La loi 04.21 a supprimé toute barre, substitué les inscrits aux votants et remplacé la liste nationale par douze circonscriptions régionales. La loi 53.25 a refondu ces listes régionales. Le texte de 2021 exigeait deux tiers de candidates au moins et leur réservait les deux premières places. L'article 23 modifié impose des listes comportant «exclusivement des noms de candidates», sans entraver leur droit de se présenter au local. Les 90 sièges régionaux reviendront donc tous à des femmes, et nul élu d'une circonscription régionale ne peut s'y représenter.
Reste l'effet décisif, la hauteur du quotient. Parce qu'il intègre tout le corps électoral inscrit, sa valeur dépasse, dans la plupart des circonscriptions, le nombre de suffrages exprimés. La quasi-totalité des sièges se joue alors au plus fort reste. Or les restes se servent un par un, et une liste qui n'atteint pas le quotient ne peut prétendre qu'à un siège.
La vraie bataille se joue à la dernière place
Franchir cette barre reste l'unique chemin vers un second élu, et les simulations bâties sur le texte le démontrent. Soit une circonscription locale de quatre sièges comptant 100 000 inscrits, où le quotient s'établit à 25 000 voix. Avec 50% de participation, A recueille 18.000 voix, B 12.000, C 9.000, D 7.000 et E 4.000. Aucune n'atteint le quotient, et les quatre sièges partent au plus fort reste, un à A, un à B, un à C, un à D. La liste de tête, qui devance la quatrième de 11 000 voix, repart avec le même butin. Seule E reste à la porte.
Il faut une participation forte et des suffrages concentrés pour en sortir. Avec 75% de votants, A obtient 28.000 voix et B 26.000. Toutes deux franchissent le quotient et décrochent un siège direct, avec des reliquats de 3.000 et 1.000 voix. Les deux sièges restants vont à C, forte de 11.000 voix, puis à D, qui en compte 7.000. Le partage demeure d'un siège par liste. Pour que A en rafle deux au quotient, il lui faudrait 52 000 voix, plus de la moitié des inscrits.
L'étau se desserre à mesure que les sièges se multiplient. Dans la circonscription régionale de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, dotée de huit sièges, l'hypothèse de 1,6 million d'inscrits porte le quotient à 200 000 voix. La liste A, avec 240 000 voix, prend un siège au quotient puis un second au plus fort reste grâce à ses 40 000 voix résiduelles. Les six autres, de 180.000 à 30.000 voix, obtiennent un siège chacune.
Deux enseignements en découlent pour ce soir. Le calcul sur les inscrits rend exceptionnels les sièges pris au quotient et interdit aux grandes formations de cumuler dans une circonscription. Le plus fort reste ouvre en revanche la Chambre aux listes moyennes et petites. Il en naît une disproportionnalité entre les voix recueillies et le poids politique réel, qui fragmente la représentation et affaiblit les majorités nettes. Le suspense portera moins sur l'écart entre les deux premières listes que sur celui, parfois de quelques centaines de voix, séparant la dernière élue de la première recalée.
Du bureau de vote à la commission régionale
Avant les sièges, il y a le décompte. L'électeur dispose d'une feuille de vote unique où il appose, selon l'article 71, sa marque pour la liste locale de son choix et pour la liste régionale, chacune dans l'espace réservé. Le dépouillement s'ouvre dès la clôture, avec des procès-verbaux distincts pour les deux scrutins.
L'article 78 tranche les cas douteux. Plusieurs marques pour une même liste comptent pour une seule voix, des marques sur des listes différentes annulent le vote, mais pour le seul scrutin concerné, le suffrage n'étant «comptabilisé qu'au profit de l'élection correspondante». Un bulletin nul au régional reste valable au local. L'article 79 énumère les bulletins annulés, dont, depuis la loi 53.25, ceux où le nom d'un mandataire de liste a été rayé. Ceux que le bureau valide malgré la contestation sont réputés contestés et rejoignent les nuls sous plis scellés, motifs à l'appui, joints au procès-verbal.
Les procès-verbaux remontent ensuite. La commission de recensement de la préfecture ou de la province récapitule ceux des bureaux, proclame les résultats locaux et recense, pour le régional, les voix de chaque liste. La centralisation revient à la commission régionale de recensement, que préside le président du tribunal de première instance du chef-lieu de la région ou un juge le suppléant, assisté de deux électeurs sachant lire et écrire désignés par le wali et du représentant de ce dernier, secrétaire de la commission. Chaque liste peut y déléguer un mandataire. Elle totalise les suffrages de toutes les préfectures et provinces de la région, proclame les résultats et répartit les sièges selon l'article 84.
Son procès-verbal est remis au wali avec ceux des commissions préfectorales et provinciales, pendant que deux exemplaires scellés partent aussitôt, l'un au tribunal de première instance du ressort, l'autre porté sans délai à la Cour constitutionnelle. Le document reste consultable au siège de la wilaya durant huit jours pleins. La loi 53.25 punit d'une amende de 10.000 à 30.000 dirhams quiconque refuse de recevoir une décision de la Cour annulant son élection ou qui le déchoit de son mandat.
Restent les situations extrêmes. À égalité de restes pour le dernier siège, il revient au candidat le plus jeune et, à âge égal, au tirage au sort. Une liste unique ne voit ses candidats élus que si elle réunit le cinquième des inscrits, faute de quoi l'article 91 impose une élection partielle. Et si une liste perd un candidat par décès, ceux qui le suivent montent d'office d'un rang, selon la rédaction donnée par la loi 53.25 au troisième alinéa de l'article 84.
Le scrutin s'ouvre à huit heures et se referme à dix-neuf heures, comme le fixe l'article 75 de la loi organique N°27.11 relative à la Chambre des représentants. Commence alors l'opération la moins spectaculaire et la plus décisive de la journée, le dépouillement, le soir après la fermeture des bureaux de vote. Sont en jeu 395 sièges pourvus au suffrage universel direct par scrutin de liste, dont 305 dans les circonscriptions locales et 90 dans les douze circonscriptions régionales créées par la loi organique N°04.21, de trois sièges pour Dakhla-Oued Eddahab à douze pour Casablanca-Settat.
Revient alors la question que chaque législative ramène au premier plan. Comment des voix se transforment-elles en sièges ? La réponse tient dans une formule inscrite à l'article 84 de la loi organique, révisée en 2021 et que la loi organique N°53.25, promulguée le 16 janvier 2026, n'a pas touchée, puisqu'elle n'en modifie que le troisième alinéa. Les Marocains votent donc pour la deuxième fois sous un quotient électoral que les analystes politiques qualifient de technique «doté d'avantages et de défis».
Une formule qui ne regarde plus les votants
Aux termes de l'article 84, les sièges sont répartis «au moyen d'un quotient électoral obtenu en divisant le nombre des électeurs inscrits dans la circonscription électorale concernée par le nombre des sièges qui lui sont attribués». Chaque liste reçoit autant de sièges que ses voix contiennent de fois ce quotient et conserve le reliquat. Les sièges vacants vont au plus fort reste, aux listes «qui disposent des chiffres les plus proches dudit quotient». Le nombre d'élus ne tient donc pas au seul rang, mais au reliquat. Dans la liste, les sièges suivent l'ordre de classement, sans panachage ni vote préférentiel.
Le basculement du dénominateur constitue la rupture. Promulguée le 14 octobre 2011, la loi organique N°27.11 calculait le quotient sur les suffrages exprimés et écartait les listes recueillant moins de 6% des voix dans la circonscription locale, la barre étant de 3% au niveau national. La loi organique N°20.16, publiée au Bulletin officiel du 11 août 2016, a ramené le seuil local à 3%. La loi 04.21 a supprimé toute barre, substitué les inscrits aux votants et remplacé la liste nationale par douze circonscriptions régionales. La loi 53.25 a refondu ces listes régionales. Le texte de 2021 exigeait deux tiers de candidates au moins et leur réservait les deux premières places. L'article 23 modifié impose des listes comportant «exclusivement des noms de candidates», sans entraver leur droit de se présenter au local. Les 90 sièges régionaux reviendront donc tous à des femmes, et nul élu d'une circonscription régionale ne peut s'y représenter.
Reste l'effet décisif, la hauteur du quotient. Parce qu'il intègre tout le corps électoral inscrit, sa valeur dépasse, dans la plupart des circonscriptions, le nombre de suffrages exprimés. La quasi-totalité des sièges se joue alors au plus fort reste. Or les restes se servent un par un, et une liste qui n'atteint pas le quotient ne peut prétendre qu'à un siège.
La vraie bataille se joue à la dernière place
Franchir cette barre reste l'unique chemin vers un second élu, et les simulations bâties sur le texte le démontrent. Soit une circonscription locale de quatre sièges comptant 100 000 inscrits, où le quotient s'établit à 25 000 voix. Avec 50% de participation, A recueille 18.000 voix, B 12.000, C 9.000, D 7.000 et E 4.000. Aucune n'atteint le quotient, et les quatre sièges partent au plus fort reste, un à A, un à B, un à C, un à D. La liste de tête, qui devance la quatrième de 11 000 voix, repart avec le même butin. Seule E reste à la porte.
Il faut une participation forte et des suffrages concentrés pour en sortir. Avec 75% de votants, A obtient 28.000 voix et B 26.000. Toutes deux franchissent le quotient et décrochent un siège direct, avec des reliquats de 3.000 et 1.000 voix. Les deux sièges restants vont à C, forte de 11.000 voix, puis à D, qui en compte 7.000. Le partage demeure d'un siège par liste. Pour que A en rafle deux au quotient, il lui faudrait 52 000 voix, plus de la moitié des inscrits.
L'étau se desserre à mesure que les sièges se multiplient. Dans la circonscription régionale de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, dotée de huit sièges, l'hypothèse de 1,6 million d'inscrits porte le quotient à 200 000 voix. La liste A, avec 240 000 voix, prend un siège au quotient puis un second au plus fort reste grâce à ses 40 000 voix résiduelles. Les six autres, de 180.000 à 30.000 voix, obtiennent un siège chacune.
Deux enseignements en découlent pour ce soir. Le calcul sur les inscrits rend exceptionnels les sièges pris au quotient et interdit aux grandes formations de cumuler dans une circonscription. Le plus fort reste ouvre en revanche la Chambre aux listes moyennes et petites. Il en naît une disproportionnalité entre les voix recueillies et le poids politique réel, qui fragmente la représentation et affaiblit les majorités nettes. Le suspense portera moins sur l'écart entre les deux premières listes que sur celui, parfois de quelques centaines de voix, séparant la dernière élue de la première recalée.
Du bureau de vote à la commission régionale
Avant les sièges, il y a le décompte. L'électeur dispose d'une feuille de vote unique où il appose, selon l'article 71, sa marque pour la liste locale de son choix et pour la liste régionale, chacune dans l'espace réservé. Le dépouillement s'ouvre dès la clôture, avec des procès-verbaux distincts pour les deux scrutins.
L'article 78 tranche les cas douteux. Plusieurs marques pour une même liste comptent pour une seule voix, des marques sur des listes différentes annulent le vote, mais pour le seul scrutin concerné, le suffrage n'étant «comptabilisé qu'au profit de l'élection correspondante». Un bulletin nul au régional reste valable au local. L'article 79 énumère les bulletins annulés, dont, depuis la loi 53.25, ceux où le nom d'un mandataire de liste a été rayé. Ceux que le bureau valide malgré la contestation sont réputés contestés et rejoignent les nuls sous plis scellés, motifs à l'appui, joints au procès-verbal.
Les procès-verbaux remontent ensuite. La commission de recensement de la préfecture ou de la province récapitule ceux des bureaux, proclame les résultats locaux et recense, pour le régional, les voix de chaque liste. La centralisation revient à la commission régionale de recensement, que préside le président du tribunal de première instance du chef-lieu de la région ou un juge le suppléant, assisté de deux électeurs sachant lire et écrire désignés par le wali et du représentant de ce dernier, secrétaire de la commission. Chaque liste peut y déléguer un mandataire. Elle totalise les suffrages de toutes les préfectures et provinces de la région, proclame les résultats et répartit les sièges selon l'article 84.
Son procès-verbal est remis au wali avec ceux des commissions préfectorales et provinciales, pendant que deux exemplaires scellés partent aussitôt, l'un au tribunal de première instance du ressort, l'autre porté sans délai à la Cour constitutionnelle. Le document reste consultable au siège de la wilaya durant huit jours pleins. La loi 53.25 punit d'une amende de 10.000 à 30.000 dirhams quiconque refuse de recevoir une décision de la Cour annulant son élection ou qui le déchoit de son mandat.
Restent les situations extrêmes. À égalité de restes pour le dernier siège, il revient au candidat le plus jeune et, à âge égal, au tirage au sort. Une liste unique ne voit ses candidats élus que si elle réunit le cinquième des inscrits, faute de quoi l'article 91 impose une élection partielle. Et si une liste perd un candidat par décès, ceux qui le suivent montent d'office d'un rang, selon la rédaction donnée par la loi 53.25 au troisième alinéa de l'article 84.
