Le ton a été donné dès les premières réponses. Fatima Ezzahra El Mansouri ne veut pas d'une participation d'appoint. «Si nous ne dirigeons pas le gouvernement, nous ne nous contenterons des secteurs ministériels stratégiques», a-t-elle déclaré en substance, estimant que dans la prochaine étape, le pays avait besoin de convergence dans l’action et la planification. Plus encore, la coordinatrice nationale de la direction collégiale du secrétariat général du Parti authenticité et modernité (PAM) a réaffirmé qu'elle ne serait pas concernée par un gouvernement dirigé par le Rassemblement national des indépendants (RNI), tout en rappelant que cette position n'engageait qu'elle. La décision revient au conseil national, seule instance habilitée à trancher, comme en 2021, a-t-elle précisé.
Invitée d’une rencontre-débat organisée par la Fondation Lafqui Titouani, Mme El Mansouri a souligné par ailleurs qu’il était prématuré de parler d'alliances avant la proclamation des résultats. Cela revient selon elle a «tirer des plans sur la comète». Dans le même ordre d’idées, elle a précisé : «Nous n'avons pas de lignes rouges à l'égard des partis, mais nous avons des sujets qui le sont». Elle a cité à titre d’exemple les questions de la femme et des libertés.
Invitée d’une rencontre-débat organisée par la Fondation Lafqui Titouani, Mme El Mansouri a souligné par ailleurs qu’il était prématuré de parler d'alliances avant la proclamation des résultats. Cela revient selon elle a «tirer des plans sur la comète». Dans le même ordre d’idées, elle a précisé : «Nous n'avons pas de lignes rouges à l'égard des partis, mais nous avons des sujets qui le sont». Elle a cité à titre d’exemple les questions de la femme et des libertés.
Un bilan gouvernemental revendiqué et nuancé
S’agissant du bilan de la participation du PAM à la majorité sortante, Mme El Mansouri dit que son parti assume le positif comme le négatif de l’expérience gouvernementale, mettant au crédit de son parti le redressement de la croissance, le reflux de l'inflation et la réduction du déficit, avant de reconnaître que les résultats attendus dans l'habitat rural n'ont pas été atteints. Et comme pour justifier cette position, la responsable gouvernementale a tenu à clarifier un point : au sein de la majorité, l'accord porte sur le principe politique, tandis que la gestion demeure sectorielle. Une manière de marquer une distance entre le PAM et des remous occasionnés par la gestion de certains dossiers sulfureux comme celui relatif à la reconstruction du cheptel national. Selon elle, concernant ce dossier, le principe a fait l'objet d'un accord unanime, mais sa mise en œuvre relevait du ministre de l'Agriculture. Les données présentées au Conseil du gouvernement étaient toutes au vert, a-t-elle relevé, pour justifier la signature par son parti, avec l'Istiqlal, de la demande de commission d'enquête, présentée comme un instrument de transparence et non comme un acte d'opposition.
Sans aller jusqu’à s’affranchir de la solidarité entre les composantes de la majorité, la ministre a cité l'aide au logement, qui a permis à plus de 120.000 familles de bénéficier du dispositif, précisant n'avoir signé aucune convention de gré à gré avec des opérateurs proches du parti. Mme Mansouri a enfoncé le clou en affirmant que les divergences au sein de la coalition existaient depuis le premier jour, comme l’illustre le programme Forsa qui a fait l’objet de désaccords sur le ministère qui devait en assurer l’accompagnement. «En principe, ce programme devait relever du ministère de l’Emploi (dirigé par Younes Sekkouri du PAM, NDLR), alors que le Chef de la majorité a décidé d’en confier la gestion au ministère du Tourisme (dirigé par Fatima Zahra Ammor du RNI, NDLR).
Sans aller jusqu’à s’affranchir de la solidarité entre les composantes de la majorité, la ministre a cité l'aide au logement, qui a permis à plus de 120.000 familles de bénéficier du dispositif, précisant n'avoir signé aucune convention de gré à gré avec des opérateurs proches du parti. Mme Mansouri a enfoncé le clou en affirmant que les divergences au sein de la coalition existaient depuis le premier jour, comme l’illustre le programme Forsa qui a fait l’objet de désaccords sur le ministère qui devait en assurer l’accompagnement. «En principe, ce programme devait relever du ministère de l’Emploi (dirigé par Younes Sekkouri du PAM, NDLR), alors que le Chef de la majorité a décidé d’en confier la gestion au ministère du Tourisme (dirigé par Fatima Zahra Ammor du RNI, NDLR).
Des ralliements et une direction collégiale assumées
Le ralliement de Fouzi Lekjaâ au PAM s’est invité par la force des choses au débat. Mais Mme El Mansouri y voit la conséquence logique d’une politique d'ouverture aux compétences. Selon elle, ce ralliement ne relève pas de la transhumance partisane, «car la loi est claire puisqu’elle interdit cette pratique en cours de mandature. Ce qui n’est pas le cas». Par la même occasion, elle n’a pas manqué de rappeler que le ministre délégué chargé du Budget ayant rejoint le bureau politique avait renoncé à se porter candidats aux prochaines législatives, préférant soutenir le secrétaire régional Ibrahimi à Berkane, précisant que le programme électoral du parti était élaboré bien avant son arrivée. Elle a reconnu que M. Lekjaâ «y a corrigé certains chiffres».
Un programme présenté comme un contrat de cinq ans
Revenant sur le programme électoral, dévoilé mardi dernier, elle a rappelé qu’il reposait sur cinq piliers consacrés au pouvoir d'achat, à l'insertion des jeunes, à la citoyenneté, à la croissance et à la souveraineté stratégique, déclinés en vingt engagements. Elle a ajouté que plus de deux mois de simulations financières ont précédé la publication des chiffres, précisant qu’il s’agissait d’un engagement soumis à la reddition des comptes.
Interpellée sur la soutenabilité de l’effort financier nécessaire pour le déploiement du programme du PAM (évalué à 350 milliards de dirhams), Mme Mansouri s’est montrée rassurante, soulignant que les recettes seraient générées par la dynamique économique attendue, par la création d'entreprises, par les chantiers de l'habitat et de l'investissement ainsi que par l'élargissement de l'assiette fiscale. «Une meilleure gouvernance doit dégager des recettes supplémentaires, comme celles qui ont financé le dialogue social et l'assurance maladie». Pour ce qui est de l’épineuse question des prix des carburants, Mme El Mansouri a affirmé que le PAM écartait le principe du plafonnement et qu’il proposait en revanche de réviser le décret encadrant la distribution pour créer une concurrence réelle, assortie d'un encadrement des marges.
Interpellée sur la soutenabilité de l’effort financier nécessaire pour le déploiement du programme du PAM (évalué à 350 milliards de dirhams), Mme Mansouri s’est montrée rassurante, soulignant que les recettes seraient générées par la dynamique économique attendue, par la création d'entreprises, par les chantiers de l'habitat et de l'investissement ainsi que par l'élargissement de l'assiette fiscale. «Une meilleure gouvernance doit dégager des recettes supplémentaires, comme celles qui ont financé le dialogue social et l'assurance maladie». Pour ce qui est de l’épineuse question des prix des carburants, Mme El Mansouri a affirmé que le PAM écartait le principe du plafonnement et qu’il proposait en revanche de réviser le décret encadrant la distribution pour créer une concurrence réelle, assortie d'un encadrement des marges.
La jeunesse, le séisme et la défense de Ouahbi
Pour Mme El Mansouri, l’emploi des jeunes figure au cœur du programme de son parti. Elle leur promet un parcours d'insertion, avec la mise en formation de 500.000 jeunes dès la première semaine du prochain gouvernement et l'accompagnement de 60.000 porteurs de projets sur deux ans, financement et garanties compris. Au passage, elle a critiqué la logique consistant à octroyer des fonds sans suivi, en référence au programme «Forsa», géré par une ministre RNI. Évoquant la reconstruction des zones sinistrées par le séisme d'Al Haouz, la ministre a fait état de 57.000 autorisations et de 54.000 familles ayant réintégré leur logement. Restent environ trois mille cas, liées soit à l'impossibilité de rebâtir sur place, soit à des problèmes successoraux.
Concernant la controverse relative au projet de loi sur la profession d’avocat, Mme El Mansouri a pris la défense de son collègue Abdellatif Ouahbi dans son bras de fer avec l’Association des Barreaux du Maroc. Selon elle, le texte controversé a suivi un parcours législatif complet, avec des dizaines de réunions avec les instances professionnelles avant d’atterrir à la Cour constitutionnelle. Et d’ajouter dans ce sens que cette loi tant décriée «n'est pas un texte sacré», et qu’elle pourrait être révisée après une phase d'application. À cet égard, elle a exhorté les avocats à reprendre leur travail et à prendre en compte les intérêts des justiciables, «sachant que le droit à la grève ne peut être remis en question», a-t-elle précisé.
Concernant la controverse relative au projet de loi sur la profession d’avocat, Mme El Mansouri a pris la défense de son collègue Abdellatif Ouahbi dans son bras de fer avec l’Association des Barreaux du Maroc. Selon elle, le texte controversé a suivi un parcours législatif complet, avec des dizaines de réunions avec les instances professionnelles avant d’atterrir à la Cour constitutionnelle. Et d’ajouter dans ce sens que cette loi tant décriée «n'est pas un texte sacré», et qu’elle pourrait être révisée après une phase d'application. À cet égard, elle a exhorté les avocats à reprendre leur travail et à prendre en compte les intérêts des justiciables, «sachant que le droit à la grève ne peut être remis en question», a-t-elle précisé.
