L’insertion des jeunes sans emploi et ne bénéficiant d’aucun programme éducatif ou formation constitue l’un des défis majeurs que le gouvernement sortant s’est attelé à relever. Dans une réponse écrite à une question formulée par le parlementaire à la Chambre des conseillers Khalid Essatte, Younes Sekkouri rappelle d’abord l’engagement pris dans le cadre du programme gouvernemental 2021-2026 : créer au moins un million d’emplois nets, tout en accordant une attention particulière aux catégories rencontrant le plus de difficultés pour accéder au marché du travail, au premier rang desquelles les jeunes situés en dehors des systèmes d’emploi, de formation et d’enseignement.
Cette orientation s’inscrit, selon les éléments de réponse, dans le prolongement des choix du nouveau modèle de développement. Le gouvernement affirme ainsi avoir mobilisé plusieurs leviers destinés à soutenir l’économie, stimuler la création d’emplois et renforcer le capital humain. Le programme de relance de l’économie nationale financé à travers le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, la stratégie «Génération Green», le développement de l’offre nationale de crèches ou encore les mesures d’incitation à la mobilité des travailleurs figurent parmi les dispositifs cités. Mais au-delà de ces programmes nationaux, l’Exécutif mise également sur une territorialisation accrue de la politique de l’emploi, avec l’ambition affichée de rapprocher les dispositifs publics d’insertion des jeunes vivant dans des zones éloignées.
Cette orientation s’inscrit, selon les éléments de réponse, dans le prolongement des choix du nouveau modèle de développement. Le gouvernement affirme ainsi avoir mobilisé plusieurs leviers destinés à soutenir l’économie, stimuler la création d’emplois et renforcer le capital humain. Le programme de relance de l’économie nationale financé à travers le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, la stratégie «Génération Green», le développement de l’offre nationale de crèches ou encore les mesures d’incitation à la mobilité des travailleurs figurent parmi les dispositifs cités. Mais au-delà de ces programmes nationaux, l’Exécutif mise également sur une territorialisation accrue de la politique de l’emploi, avec l’ambition affichée de rapprocher les dispositifs publics d’insertion des jeunes vivant dans des zones éloignées.
Territorialiser l’emploi pour atteindre les publics les plus éloignés
La réponse de M. Sekkouri insiste ainsi sur la nécessaire convergence des programmes publics en faveur des jeunes dans l’ensemble des régions. Les plans agricoles régionaux, les programmes de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), les actions de soutien à l’économie sociale et solidaire ou encore les programmes de l’Entraide nationale sont présentés comme autant de leviers susceptibles de favoriser l’insertion économique et professionnelle.
Cette logique de convergence prend une importance particulière dans les territoires ruraux et enclavés, où l’accès aux services d’emploi et de formation reste plus difficile. C’est précisément pour répondre à cette problématique que le gouvernement semble privilégier une approche territoriale fondée sur des diagnostics régionaux permettant d’identifier les secteurs économiques porteurs et les activités présentant le plus fort potentiel de création d’emplois.
À partir de ces diagnostics, l’objectif est de concevoir des mesures régionales complémentaires aux programmes nationaux, mais aussi de déterminer les lieux d’implantation des espaces dédiés à l’emploi, à l’entrepreneuriat et à la petite entreprise en fonction des réalités économiques et démographiques de chaque territoire. Cette territorialisation doit également passer par la mise en place de mécanismes régionaux et provinciaux de gouvernance, la définition des contributions financières des différents partenaires et la programmation, à moyen terme, d’objectifs d’insertion professionnelle ainsi que du nombre d’unités entrepreneuriales à créer.
Cette logique de convergence prend une importance particulière dans les territoires ruraux et enclavés, où l’accès aux services d’emploi et de formation reste plus difficile. C’est précisément pour répondre à cette problématique que le gouvernement semble privilégier une approche territoriale fondée sur des diagnostics régionaux permettant d’identifier les secteurs économiques porteurs et les activités présentant le plus fort potentiel de création d’emplois.
À partir de ces diagnostics, l’objectif est de concevoir des mesures régionales complémentaires aux programmes nationaux, mais aussi de déterminer les lieux d’implantation des espaces dédiés à l’emploi, à l’entrepreneuriat et à la petite entreprise en fonction des réalités économiques et démographiques de chaque territoire. Cette territorialisation doit également passer par la mise en place de mécanismes régionaux et provinciaux de gouvernance, la définition des contributions financières des différents partenaires et la programmation, à moyen terme, d’objectifs d’insertion professionnelle ainsi que du nombre d’unités entrepreneuriales à créer.
Des programmes régionaux ciblés sur les jeunes vulnérables
Cette déclinaison territoriale se traduit notamment par le financement de programmes régionaux de l’emploi par les Conseils régionaux. Ceux-ci doivent intervenir sur plusieurs fronts : amélioration de l’employabilité des catégories les plus vulnérables, soutien à l’auto-emploi et aux projets générateurs de revenus, accompagnement des coopératives, particulièrement dans le monde rural, ou encore création d’espaces d’orientation professionnelle.
Le gouvernement entend parallèlement structurer de véritables écosystèmes régionaux dédiés à l’emploi et à l’insertion. Ces derniers doivent notamment favoriser le développement de l’entrepreneuriat, renforcer la gouvernance territoriale de l’emploi et améliorer les mécanismes d’observation des chaînes de production et des transformations du marché du travail. L’enjeu est donc de dépasser une politique de l’emploi uniforme pour adapter davantage les réponses publiques aux caractéristiques de chaque région. Cette orientation s’accompagne d’un renforcement du rôle de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC), appelée à devenir l’un des principaux relais opérationnels de cette politique.
Le gouvernement entend parallèlement structurer de véritables écosystèmes régionaux dédiés à l’emploi et à l’insertion. Ces derniers doivent notamment favoriser le développement de l’entrepreneuriat, renforcer la gouvernance territoriale de l’emploi et améliorer les mécanismes d’observation des chaînes de production et des transformations du marché du travail. L’enjeu est donc de dépasser une politique de l’emploi uniforme pour adapter davantage les réponses publiques aux caractéristiques de chaque région. Cette orientation s’accompagne d’un renforcement du rôle de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC), appelée à devenir l’un des principaux relais opérationnels de cette politique.
L’ANAPEC appelée à changer d’échelle
Dans le cadre de son plan stratégique 2022-2026, l’ANAPEC a bénéficié d’une nouvelle organisation visant à mieux accompagner la stratégie nationale de l’emploi. La réponse ministérielle fait état d’objectifs particulièrement ambitieux : insérer 800.000 personnes sur le marché du travail, améliorer l’employabilité de 500.000 bénéficiaires de programmes de formation et de qualification, accompagner 60.000 porteurs de projets et soutenir 33.000 très petites entreprises.
Derrière ces chiffres se dessine une volonté d’élargir sensiblement le champ d’intervention de l’Agence. Son rôle ne devrait plus se limiter à l’intermédiation classique entre demandeurs d’emploi et employeurs, mais s’étendre à l’accompagnement, à l’orientation, à la qualification et à l’entrepreneuriat. Cette transformation prend une dimension particulière pour les jeunes ne disposant pas de diplômes, qui restent souvent à la marge des dispositifs traditionnels d’insertion. C’est précisément cette catégorie que la nouvelle feuille de route pour l’emploi entend davantage intégrer.
Derrière ces chiffres se dessine une volonté d’élargir sensiblement le champ d’intervention de l’Agence. Son rôle ne devrait plus se limiter à l’intermédiation classique entre demandeurs d’emploi et employeurs, mais s’étendre à l’accompagnement, à l’orientation, à la qualification et à l’entrepreneuriat. Cette transformation prend une dimension particulière pour les jeunes ne disposant pas de diplômes, qui restent souvent à la marge des dispositifs traditionnels d’insertion. C’est précisément cette catégorie que la nouvelle feuille de route pour l’emploi entend davantage intégrer.
15 milliards de dirhams supplémentaires pour la feuille de route 2030
Présentée comme le nouveau cadre de référence de l’action gouvernementale, la feuille de route pour l’emploi à l’horizon 2030 repose sur huit initiatives opérationnelles. Elle bénéficie, selon la réponse du ministre, d’une enveloppe financière additionnelle de 15 milliards de dirhams, destinée notamment à stimuler l’investissement, préserver les emplois dans le monde rural et renouveler les programmes de promotion de l’emploi. À ces mesures s’ajoutent de grands projets dans les domaines du sport, du logement et de l’agriculture, ainsi que des stratégies sectorielles liées notamment à la digitalisation et au tourisme. L’objectif affiché est de transformer ces investissements en nouveaux gisements d’emplois.
Pour les jeunes situés hors des systèmes d’éducation et de formation, plusieurs leviers spécifiques ont été retenus. Le gouvernement prévoit notamment d’élargir l’accès aux politiques actives de l’emploi aux personnes ne disposant pas de diplômes, de renforcer le rôle de l’ANAPEC dans l’intermédiation, mais également de lever certains obstacles qui limitent l’accès des femmes au marché du travail, à travers l’amélioration du transport public et le développement des services de garde d’enfants. À cela s’ajoutent la lutte contre le décrochage scolaire, à travers les programmes de rattrapage éducatif et l’élargissement du réseau des écoles de la deuxième chance, ainsi que le développement de l’offre de formation, notamment dans le domaine de la formation professionnelle.
Pour les jeunes situés hors des systèmes d’éducation et de formation, plusieurs leviers spécifiques ont été retenus. Le gouvernement prévoit notamment d’élargir l’accès aux politiques actives de l’emploi aux personnes ne disposant pas de diplômes, de renforcer le rôle de l’ANAPEC dans l’intermédiation, mais également de lever certains obstacles qui limitent l’accès des femmes au marché du travail, à travers l’amélioration du transport public et le développement des services de garde d’enfants. À cela s’ajoutent la lutte contre le décrochage scolaire, à travers les programmes de rattrapage éducatif et l’élargissement du réseau des écoles de la deuxième chance, ainsi que le développement de l’offre de formation, notamment dans le domaine de la formation professionnelle.
«Idmaj» élargi aux non-diplômés
La feuille de route est désormais entrée dans sa phase d’exécution. La réponse ministérielle précise qu’à fin juin 2026, les différents projets affichaient des niveaux d’avancement variables. Parmi les chantiers les plus avancés figure le renforcement des programmes actifs de l’emploi. Le programme «Idmaj» est directement concerné. Un projet de modification de son cadre juridique a été préparé et transmis à la Chambre des représentants le 2 juin 2026, afin notamment d’élargir l’accès au dispositif aux personnes ne disposant pas de diplômes.
Le ministère indique également que les circulaires nécessaires à cet élargissement ont été élaborées, tandis que les annexes des conventions relatives à la couverture médicale et à la protection sociale des bénéficiaires sont en préparation. Cette évolution est loin d’être anodine : elle vise à ouvrir un dispositif d’insertion jusque-là difficilement accessible à une partie des jeunes précisément les plus exposés au chômage et à la précarité professionnelle.
Le ministère indique également que les circulaires nécessaires à cet élargissement ont été élaborées, tandis que les annexes des conventions relatives à la couverture médicale et à la protection sociale des bénéficiaires sont en préparation. Cette évolution est loin d’être anodine : elle vise à ouvrir un dispositif d’insertion jusque-là difficilement accessible à une partie des jeunes précisément les plus exposés au chômage et à la précarité professionnelle.
«Taehil», guichet unique et nouvelle ANAPEC
Dans le même ordre d’idées, le programme «Taehil» fait l’objet d’une révision. Un troisième avenant à son manuel est en cours de finalisation, en coordination entre le ministère, l’ANAPEC et le ministère de l’Économie et des finances. Le gouvernement travaille parallèlement à un deuxième chantier : la fusion des programmes actifs de l’emploi au sein d’une offre unifiée. Une première architecture du futur dispositif a déjà été élaborée, tandis que les discussions se poursuivent sur son financement, sa gouvernance, les conditions d’éligibilité ainsi que les mécanismes permettant de mesurer son impact sur le chômage.
Le troisième chantier porte, quant à lui, sur la transformation des services d’intermédiation de l’ANAPEC. Huit projets structurants sont en cours de conception ou de préparation. Ils concernent notamment la création d’un système avancé de classification des demandeurs d’emploi selon leurs besoins, la mise en place de cinq agences numériques pilotes, l’élargissement des services proposés aux usagers, l’extension du réseau territorial de l’Agence, le développement des relations avec les employeurs, le renouvellement de son identité institutionnelle, le renforcement des ressources humaines et la mise en place d’un nouveau modèle de suivi de la performance.
Cette refonte doit être complétée par le développement de centres d’orientation professionnelle. Un premier modèle a été élaboré en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur, l’ANAPEC et l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail, les concertations devant se poursuivre en vue de l’adoption du modèle définitif.
Le troisième chantier porte, quant à lui, sur la transformation des services d’intermédiation de l’ANAPEC. Huit projets structurants sont en cours de conception ou de préparation. Ils concernent notamment la création d’un système avancé de classification des demandeurs d’emploi selon leurs besoins, la mise en place de cinq agences numériques pilotes, l’élargissement des services proposés aux usagers, l’extension du réseau territorial de l’Agence, le développement des relations avec les employeurs, le renouvellement de son identité institutionnelle, le renforcement des ressources humaines et la mise en place d’un nouveau modèle de suivi de la performance.
Cette refonte doit être complétée par le développement de centres d’orientation professionnelle. Un premier modèle a été élaboré en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur, l’ANAPEC et l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail, les concertations devant se poursuivre en vue de l’adoption du modèle définitif.
Le défi passe désormais de la conception à l’exécution
L’architecture présentée par le gouvernement témoigne ainsi d’une volonté de traiter le chômage des jeunes à travers plusieurs portes d’entrée : qualification, intermédiation, entrepreneuriat, développement territorial, lutte contre le décrochage scolaire et ouverture des dispositifs publics aux non-diplômés. La multiplication des programmes ne constitue toutefois qu’une première étape. La feuille de route 2030 étant désormais entrée dans sa phase opérationnelle, l’enjeu se déplace vers la capacité à faire converger les différents dispositifs, à atteindre effectivement les jeunes aujourd’hui éloignés des services publics de l’emploi et à adapter l’offre de formation aux besoins réels des économies régionales.
Avec une enveloppe additionnelle de 15 milliards de dirhams, l’élargissement annoncé des programmes actifs de l’emploi et la transformation du rôle de l’ANAPEC, le gouvernement cherche à donner une nouvelle dimension à sa politique d’insertion. Pour les jeunes non scolarisés, non diplômés ou durablement éloignés du marché du travail, le changement majeur réside surtout dans la volonté affichée d’ouvrir des dispositifs qui leur étaient jusqu’ici insuffisamment accessibles. Reste désormais l’épreuve décisive de la mise en œuvre : celle qui permettra de mesurer si cette nouvelle architecture parvient effectivement à transformer les programmes, les financements et les réformes institutionnelles en emplois durables et en perspectives concrètes d’insertion.
Avec une enveloppe additionnelle de 15 milliards de dirhams, l’élargissement annoncé des programmes actifs de l’emploi et la transformation du rôle de l’ANAPEC, le gouvernement cherche à donner une nouvelle dimension à sa politique d’insertion. Pour les jeunes non scolarisés, non diplômés ou durablement éloignés du marché du travail, le changement majeur réside surtout dans la volonté affichée d’ouvrir des dispositifs qui leur étaient jusqu’ici insuffisamment accessibles. Reste désormais l’épreuve décisive de la mise en œuvre : celle qui permettra de mesurer si cette nouvelle architecture parvient effectivement à transformer les programmes, les financements et les réformes institutionnelles en emplois durables et en perspectives concrètes d’insertion.
