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Jeudi 29 Octobre 2026
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État social : Mohamed Oujjar réplique à Fouzi Lekjaâ

Les critiques du bilan social du gouvernement Akhannouch ne sont visiblement pas restées sans réponse. Invité de l’émission «Nokta Ila Satr», diffusés mardi soir sur Al Aoula, Mohamed Oujjar a défendu les dépenses engagées sous la précédente législature et contesté la nouveauté de plusieurs annonces de l’actuel Exécutif. Le membre du bureau politique du RNI assure néanmoins que son parti soutiendra les mesures favorables aux retraités et aux veuves.

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Le budget 2027 se discute aussi sur le terrain du bilan gouvernemental. En présentant le projet devant le Parlement, le 23 octobre, Fouzi Lekjaâ n’a pas seulement exposé les choix du nouvel Exécutif : il a également mis en cause la cohérence entre les efforts sociaux et les orientations économiques de l’équipe précédente. Une appréciation à laquelle le RNI, qui conduisait cette coalition, oppose sa propre lecture des réalisations. Sur Al Aoula, Mohamed Oujjar, ancien ministre de la Justice et membre du bureau politique du parti, a ainsi défendu l’action du gouvernement Akhannouch, tout en demandant à ses successeurs de préciser ce qu’ils entendent changer.

Les 280 milliards, point de friction

La réponse s’est d’abord concentrée sur les 280 milliards de dirhams consacrés aux mesures sociales et au soutien du pouvoir d’achat. Pour Mohamed Oujjar, les critiques sur l’efficacité de ces dépenses passent sous silence les programmes qu’elles ont permis de financer. Il cite à ce titre l’aide sociale directe, la réforme de l’éducation, le soutien au gaz butane et les autres interventions destinées à préserver les revenus des ménages.

L’ancien ministre regrette surtout que ces reproches viennent de Fouzi Lekjaâ, dont il salue pourtant l’envergure et la compétence. Chargé du Budget dans le précédent gouvernement, celui-ci connaît, souligne-t-il, la destination des fonds et les modalités de financement des programmes sociaux. En rappelant cette responsabilité, M. Oujjar renvoie le ministre à une expérience gouvernementale dont il était lui-même partie prenante. Le responsable du RNI revendique, pour sa part, la contribution de son parti à la concrétisation du chantier Royal de l’État social. Il affirme que les moyens disponibles ont été mobilisés au bénéfice des citoyens et que son parti aurait souhaité faire davantage si les ressources l’avaient permis.

Pourquoi reconduire des mesures dont on critique les résultats ?

Mais Mohamed Oujjar ne s’en tient pas à la défense des dépenses passées. Il interroge aussi la logique des annonces actuelles : pourquoi maintenir les mêmes dispositifs et renforcer leurs moyens si leur efficacité est remise en cause ? Il rapproche ainsi les 280 milliards évoqués pour la période précédente des 62 milliards annoncés pour les nouvelles priorités sociales. À ses yeux, la poursuite des programmes antérieurs contredit le discours qui tend à en minimiser les résultats. Le désaccord porte dès lors sur la nature du changement revendiqué : s’agit-il de nouvelles politiques ou du prolongement de celles déjà engagées ?

L’aide sociale directe lui sert de premier exemple. Mohamed Oujjar rappelle qu’elle figurait parmi les engagements du RNI et évoque l’objectif électoral d’atteindre 1.000 dirhams. Il estime, dans le même temps, que les Marocains méritent davantage qu’une augmentation de 100 dirhams. Il applique la même lecture aux budgets de la santé et de l’éducation, dont le renforcement était, selon lui, déjà programmé. Il évoque à cet égard les augmentations décidées par S.M. le Roi Mohammed VI lors du dernier Conseil des ministres. Il ne conteste donc pas l’utilité de ces moyens supplémentaires, mais leur présentation comme le signe d’une nouvelle trajectoire.

Sur les retraites, un soutien annoncé

Cette réserve ne vaut pas opposition à toutes les mesures gouvernementales. Concernant la revalorisation des pensions et l’amélioration de la part versée aux veuves, Mohamed Oujjar annonce que le RNI les soutiendra et votera en leur faveur. Ces dispositions s’inscrivent, affirme-t-il, dans le projet social défendu par son parti. Il distingue ainsi deux positions : refuser la remise en cause globale du bilan d’Akhannouch et accompagner les décisions qui améliorent la situation des citoyens. La construction de l’État social peut connaître des difficultés, reconnaît-il, et certains programmes peuvent ne pas atteindre le degré de cohérence attendu. Mais ces limites doivent conduire à corriger les dysfonctionnements et à développer les dispositifs, plutôt qu’à écarter l’ensemble des efforts accomplis.

C’est sur cette base qu’il appelle majorité et opposition à dépasser les polémiques. La défaite électorale du RNI, soutient-il, importe moins que les progrès du pays. Pour M. Oujjar, la priorité reste la protection des populations vulnérables, notamment les personnes pauvres, les veuves et les enfants, ainsi que l’amélioration des revenus. Une exigence qu’il invite à placer au-dessus des gains partisans, en évaluant les politiques sociales au regard de leurs résultats.
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