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Mercredi 30 Septembre 2026
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Formation du gouvernement : premier tour de table pour El Mansouri

Fatima Ezzahra El Mansouri a entamé mercredi les consultations pour la formation du nouveau gouvernement en recevant successivement le RNI, l’Istiqlal, le Mouvement populaire, l’USFP et le PPS. Entre restauration de la confiance politique, respect des engagements électoraux, emploi, pouvoir d’achat et mobilisation autour des grands enjeux du pays, cette première journée a permis de faire émerger les premières priorités avancées par les partis. La question de leur participation à la future majorité reste, elle, largement ouverte.

Au lendemain de sa nomination par S.M. le Roi Mohammed VI au poste de Cheffe du gouvernement et de sa désignation pour former le nouvel Exécutif, Fatima Ezzahra El Mansouri a ouvert, mercredi à Rabat, le chantier des consultations avec les formations politiques. Cette première journée a débuté avec le Rassemblement national des indépendants (RNI), avant de se poursuivre avec le Parti de l’Istiqlal, le Mouvement populaire (MP) puis l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS).

Premier à être reçu, le président du RNI, Mohamed Chaouki, était accompagné de Rachid Talbi Alami et Mohamed Boussaïd. La rencontre s’est déroulée en présence de Abdellatif Ouahbi. À l’issue des échanges, M. Chaouki a salué la confiance placée par S.M. le Roi dans Fatima Ezzahra El Mansouri, qualifiant la nomination de la première femme à la tête du gouvernement de «moment historique dans l’histoire politique marocaine».



Le président du RNI a fait état d’un échange «responsable», empreint de «clarté et de franchise», autour des défis à venir pour le pays et de la vision de la Cheffe du gouvernement pour la prochaine étape. Sans se prononcer explicitement sur la place que pourrait occuper sa formation dans la future majorité, il a insisté sur la posture de son parti, affirmant que sa contribution continuerait à placer «l’intérêt supérieur de la Nation» au premier plan.

L’Istiqlal renvoie la décision à son conseil national

Deuxième formation reçue, le Parti de l’Istiqlal a, pour sa part, apporté un premier élément sur son calendrier de décision. Son secrétaire général, Nizar Baraka, a annoncé qu’une session du conseil national du parti serait consacrée à l’évaluation des résultats des élections ainsi qu’à la possibilité d’une participation au prochain gouvernement. M. Baraka a toutefois assuré que, quelle que soit la position de l’Istiqlal dans la prochaine configuration politique, le parti entend accompagner la nouvelle étape.



Le secrétaire général de l’Istiqlal a surtout placé la restauration de la confiance dans l’action politique au centre des enjeux. Selon lui, celle-ci passe notamment par le respect des promesses et engagements contenus dans les programmes électoraux et par le renforcement de la crédibilité de l’action publique. Une exigence qu’il relie particulièrement aux attentes des jeunes et, plus largement, à la nécessité de restaurer la confiance des citoyens dans l’avenir. M. Baraka a également appelé à dépasser, après les élections, la logique de compétition partisane pour entrer dans celle de la mobilisation face aux défis du pays. Il a notamment cité l’emploi, le chômage, la protection du pouvoir d’achat et la question de l’intégrité territoriale.

Mohamed Ouzzine appelle à une «rupture positive avec le passé»

Les consultations se sont ensuite poursuivies avec le Mouvement populaire. Son secrétaire général, Mohamed Ouzzine, était accompagné de l’ancien président du parti, Mohand Laenser. M. Ouzzine a lui aussi commencé par féliciter Mme El Mansouri pour la confiance Royale placée en elle et lui a souhaité plein succès dans l’exercice de ses fonctions constitutionnelles. Le dirigeant du MP a notamment mis en avant le respect de l’approche démocratique et du cadre constitutionnel et légal ayant présidé à la nomination de la Cheffe du gouvernement. Il a également estimé que l’accession d’une femme à la tête de l’Exécutif traduisait la place reconnue aux femmes dans la société marocaine.



Sur le fond, les échanges ont porté, selon lui, sur plusieurs défis touchant directement les citoyens. Mohamed Ouzzine a notamment insisté sur les attentes des jeunes, la création d’opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat ainsi que le développement territorial intégré. Plusieurs dossiers stratégiques ont également été abordés, dont, en priorité, celui du Sahara marocain. Le secrétaire général du MP a surtout plaidé pour ce qu’il a qualifié de «rupture positive avec le passé», estimant que le Maroc d’aujourd’hui et de demain appelle de nouvelles formes de mobilisation. Une responsabilité qui, selon lui, ne concerne pas uniquement les partis appelés à composer la majorité. «Nous souhaitons être à la hauteur des attentes, et cela concerne la majorité comme l’opposition», a-t-il fait valoir, en insistant sur le fait que l’ensemble des forces politiques étaient au service de la Nation.

L’USFP salue une «avancée qualitative» pour les femmes

Quatrième formation à prendre part aux consultations, l’USFP a été représentée par son premier secrétaire, Driss Lachgar. Celui-ci a particulièrement insisté sur la portée de la nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri, rappelant la place centrale qu’occupe la question des droits des femmes dans les positions de son parti.



Il a ainsi qualifié l’accession, pour la première fois, d’une femme à la tête du gouvernement d’« avancée qualitative » dans l’évolution de la société marocaine vers davantage d’égalité entre les femmes et les hommes.

Les échanges ont également permis, selon Driss Lachgar, de passer en revue plusieurs enjeux et développements politiques. Le premier secrétaire de l’USFP s’est toutefois gardé de dévoiler davantage le contenu des discussions, préférant attendre que la Cheffe du gouvernement achève son tour de consultations avec les différentes formations politiques.

Le PPS relève des « points de convergence », sans arrêter sa position

La première journée s’est achevée par une rencontre avec le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Son secrétaire général, Nabil Benabdallah, a lui aussi commencé par saluer la portée symbolique de la nomination, pour la première fois dans l’histoire du Maroc, d’une femme à la tête du gouvernement. Il a souhaité que cette étape se traduise par une nouvelle impulsion en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.



Sur le fond, le dirigeant du PPS a indiqué avoir exposé plusieurs préoccupations de sa formation, notamment le renforcement de l’espace démocratique, les libertés et les droits, la moralisation de la vie publique ainsi que la nécessité de restaurer la confiance et la crédibilité de l’action politique.

Nabil Benabdallah a notamment relié ces enjeux aux enseignements du dernier scrutin, évoquant l’expression d’un mécontentement dans la société et des comportements électoraux qui, selon lui, interpellent les partis et plus largement le champ politique.

Les discussions ont également porté sur la situation sociale et économique. Le secrétaire général du PPS a plaidé pour que la situation sociale des citoyens soit érigée en priorité et que l’humain soit placé au cœur du processus de développement. Il a fait état de plusieurs « points de convergence » avec les orientations présentées lors de la rencontre, y compris sur certaines priorités économiques.

Ces convergences ne préjugent toutefois pas de la position que prendra le PPS sur la future configuration gouvernementale. Nabil Benabdallah a précisé que le parti n’avait pas encore arrêté sa décision définitive, des sensibilités différentes s’exprimant actuellement en son sein.

Le PPS poursuivra donc ses discussions internes afin de « mûrir » sa position. Son secrétaire général a également indiqué vouloir attendre l’achèvement de ce premier tour de consultations, laissant ouverte la possibilité de nouveaux échanges avant que le parti ne se prononce.

Les consultations se poursuivent jeudi

Au terme de cette première journée, cinq formations politiques – le RNI, l’Istiqlal, le MP, l’USFP et le PPS – ont ainsi été reçues par Fatima Ezzahra El Mansouri. Si plusieurs priorités communes ressortent des déclarations, notamment la restauration de la confiance, les attentes sociales, l’emploi et la mobilisation autour des grands enjeux du pays, les contours de la future majorité restent encore à préciser.

L’Istiqlal doit soumettre la question de sa participation à son Conseil national, tandis que le PPS poursuit ses discussions internes. Les autres formations reçues n’ont pas, à l’issue de cette première séquence, détaillé publiquement leur positionnement dans la future architecture gouvernementale.

Les consultations pour la formation du nouveau gouvernement doivent se poursuivre jeudi avec d’autres partis politiques, avant que ne se précisent progressivement les contours de la prochaine majorité.
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