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Gestion durable de l’eau : Les ingénieurs de l'EMI décortiquent les solutions possibles

«La gestion durable de l'eau, vers un modèle innovant et résilient». C'est le thème d'une conférence-débat organisée, samedi à Rabat, par l'Association des ingénieurs de l'école Mohammadia (AIEM) et l’École Mohammadia d'ingénieurs (EMI) avec pour objectif de débattre des solutions potentielles permettant de pallier le problème de la rareté de cette ressource vitale. Cette rencontre, qui a réuni une palette d'experts et de responsables nationaux et internationaux, s’est fixé pour objectif de favoriser les échanges et les retours d’expériences de planification, de régulation, de financement, de déploiement des technologies de production et d'optimisation des ressources en eau conventionnelles, tout en jetant la lumière sur le recours aux eaux non conventionnelles, notamment pour les usages agricole, industriel et touristique.

Une pléiade de responsables gouvernementaux, d’experts et de professeurs se sont donné rendez-vous samedi dernier à l’École Mohammedia d'ingénieurs pour débattre des solutions potentielles visant à pallier le problème de la rareté de l’eau. Organisé par l'Association des ingénieurs de l'école Mohammadia (AIEM) et l’École Mohammadia d'ingénieurs (EMI) sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi, cette rencontre a été placée sous le thème «La gestion durable de l'eau, vers un modèle innovant et résilient».



Ainsi, intervenant à l’ouverture de cette rencontre, Abdellatif Miraoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, a indiqué que l’apport de la science et de la technologie en matière de préservation et de valorisation des ressources hydriques, pour un pays comme le Maroc, s’avère aujourd’hui incontournable. C’est dans ce sens que le Royaume a développé un potentiel scientifique et technique couvrant toute la chaîne de valeur de l’eau, notamment l’amélioration des techniques de traitement de l’eau, l’optimisation des réseaux de distribution, les techniques de dessalement et la rationalisation de l’irrigation. Des domaines auxquels sont venus s’ajouter des technologies pointues comme l’utilisation des techniques de télédétection spatiale et de l’intelligence artificielle pour le suivi et la gestion des ressources en eau.



S’agissant des ressources humaines, M. Miraoui a fait savoir que l’université marocaine dispose d’un réseau composé de 11 structures de recherche universitaires performantes, comprenant pas moins de 210 enseignants chercheurs, et plus de 350 doctorants et environ 10 postdoctorants. Ainsi, sur les dix dernières années, le secteur de l’enseignement a recensé près de 17.000 publications scientifiques du Maroc portant sur le domaine de l’eau, représentant près de 22% de la production scientifique nationale (indexée dans la base de données internationale Scopus).

Ainsi, et afin de capitaliser sur ce potentiel, le ministre a indiqué que le Plan national d’accélération de la transformation de l’écosystème de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation (PACTE ESRI-2030) a prévu parmi ses axes stratégiques la promotion d’une recherche d’excellence autour d’Instituts-Réseaux thématiques de recherche (ITR), fédérateurs au niveau national des meilleures structures de recherche et ouverts à l’international. Ces Instituts couvrent plusieurs thématiques prioritaires tels que l’eau. C’est dans ce sens justement que s’inscrit la mise en place prochaine d’un Institut-Réseau de recherche thématique sur l’eau, sous forme d’un Groupement d’intérêt public (GIP). D’après M. Miraoui, ce futur institut devra constituer un espace de coordination entre les structures de recherche impliquées, alliant agilité et efficacité de l’action.



Par ailleurs la nouvelle structure devra mettre en synergie les meilleures structures de recherche universitaires relevant de neuf universités, auxquelles s’ajoute la collaboration étroite avec d’autres structures de recherche relevant du ministère de l’Équipement et de l’eau et celui de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, sachant que pour le démarrage de cet Institut, le ministère a prévu la création de 7 postes budgétaires au titre de l’année 2023 et la dotation de ressources financières appréciables, pour couvrir les dépenses de fonctionnement et d’investissement s’y rapportant.

Pour sa part, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’eau, a mis en exergue, dans une allocution lue en son nom par Hammou Bensaadout, directeur général de l’hydraulique au ministère de l’Équipement et de l’eau, les efforts consentis par le Royaume dans le domaine de la préservation de l’eau. Il a rappelé dans ce sens que le Maroc dispose désormais de 153 grands barrages d’une capacité dépassant les 20 milliards de mètres cubes et 141 petits et moyens barrages en cours d’exploitation, parallèlement à 14 stations de dessalement de l’eau de mer et 17 structures hydriques de transfert de l’eau, ce qui permet la généralisation de l’approvisionnement en eau potable dans le milieu rural et garantit l’accès à l’eau potable à hauteur de 98,8% dans le milieu rural. La structure hydrique contribue par ailleurs à irriguer plus de 2 millions d’hectares de terres agricoles et garantit la protection des terrains et des villes des inondations.

Le Royaume dispose par ailleurs d’un programme national de réutilisation des eaux usées qui est déjà opérationnel au niveau de plusieurs villes, notamment Tétouan, Fnideq, M'diq, Rabat, Salé et Kénitra, sachant que la première tranche de ce programme permet de mobiliser plus de 100 millions de mètres cubes annuellement à l’horizon 2027.



Par ailleurs s’agissant de la planification hydrique, le ministre a fait savoir que les Agences de planification hydrique ont procédé à l’élaboration de Plan d’orientation de l’aménagement intégré des ressources hydriques au niveau des bassins. Dans ce sens, 2 plans d’orientation ont déjà été adoptés par les conseils d'administration de ces agences, tandis que 3 autres seront approuvés au cours de cette année.