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Lundi 19 Octobre 2026
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IA, formation, nouvelles compétences… Comment évoluera le métier d’enseignant ?

Repenser les carrières, améliorer les conditions de travail, renforcer l’autonomie pédagogique et associer davantage les enseignants aux réformes : dans un nouveau rapport, l’OCDE dessine les contours du métier d’enseignant de demain. Des orientations qui trouvent un écho particulier au Maroc, où la transformation du système éducatif pose également la question de l’évolution du rôle et des compétences des enseignants.

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À quoi ressemblera le métier d’enseignant dans les prochaines années ? Face à l’essor de l’intelligence artificielle, à l’évolution des besoins des élèves et aux nouvelles attentes de la société, la profession est appelée à connaître de profondes transformations. Dans son rapport 2026 intitulé Co-constructing Visions for the Future of Teaching (« Construire ensemble des visions pour l’avenir de l’enseignement »), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) invite à repenser non seulement les compétences attendues des enseignants, mais aussi leur place dans le fonctionnement de l’école et dans la conception des politiques éducatives.

L’organisation défend une évolution du métier vers davantage d’autonomie, de collaboration et d’innovation, tout en soulignant la nécessité d’améliorer les conditions d’exercice et les perspectives de carrière. Son analyse repose notamment sur des travaux menés en Autriche, en Flandre belge, au pays de Galles et à Malte, associant enseignants, responsables d’établissements, chercheurs et décideurs publics.

L’approche retenue marque un changement de perspective. Il ne s’agit plus seulement de déterminer comment les enseignants doivent s’adapter aux réformes, mais de réfléchir à la manière dont ils peuvent contribuer eux-mêmes à transformer l’enseignement.

Enseigner demain : un métier appelé à se réinventer

Pour l’OCDE, l’avenir de l’enseignement repose sur une évolution de l’identité professionnelle des enseignants. Traditionnellement centrée sur la transmission des connaissances, leur mission s’élargit progressivement à l’accompagnement individualisé des élèves, au développement des compétences transversales, à la collaboration avec d’autres professionnels et à l'intégration de nouvelles pratiques pédagogiques.

Cette transformation ne signifie pas que les compétences fondamentales de l’enseignant perdent de leur importance. Au contraire, la maîtrise des disciplines, les connaissances pédagogiques et la capacité à gérer une classe demeurent essentielles. Mais elles doivent désormais s’accompagner d’une plus grande capacité d’adaptation à des environnements éducatifs en constante évolution.

Le rapport met particulièrement l’accent sur ce qu’il appelle le « professionnalisme connecté », une conception du métier qui valorise les relations entre enseignants, établissements scolaires, familles et autres acteurs de la société. Dans cette approche, l’enseignant n’exerce plus son activité de manière isolée. Il évolue au sein d’un réseau professionnel qui lui permet de partager des expériences, de résoudre collectivement des difficultés et de développer de nouvelles méthodes. Cette coopération constitue, selon l’OCDE, un levier pour améliorer les pratiques pédagogiques, mais aussi pour renforcer le sentiment d’appartenance à la profession et la satisfaction au travail.

L’organisation identifie ainsi trois grandes aspirations pour l’avenir du métier : des carrières plus diversifiées et adaptées aux différentes étapes de la vie professionnelle, des conditions de travail favorisant le bien-être des enseignants et une capacité d’innovation portée directement par les professionnels de l’éducation.

L’enjeu est également de rendre la profession plus attractive pour les nouvelles générations, tout en donnant aux enseignants déjà en poste les moyens de continuer à progresser.

Formation, carrières, IA : les nouvelles compétences de l’enseignant de demain

Parmi les transformations les plus importantes identifiées par l’OCDE figure l’intégration des technologies numériques et de l’intelligence artificielle dans l’enseignement. L’IA ouvre de nouvelles possibilités pour préparer les cours, concevoir des supports pédagogiques, adapter les activités aux besoins des élèves ou faciliter certaines tâches d’évaluation. Mais son développement pose également des questions sur le rôle de l’enseignant, la fiabilité des outils et la place du jugement humain dans les décisions pédagogiques.

Le rapport envisage ainsi un modèle de collaboration entre l’enseignant et l’intelligence artificielle, dans lequel la technologie vient compléter les compétences professionnelles sans s’y substituer.

Cette évolution suppose toutefois une adaptation des dispositifs de formation. Les enseignants doivent non seulement apprendre à utiliser ces outils, mais aussi développer leur capacité à en évaluer les résultats, à identifier leurs limites et à déterminer les situations dans lesquelles leur utilisation présente un véritable intérêt pédagogique.

Au Maroc, cette question apparaît d’autant plus importante que les besoins de formation restent élevés. Selon les résultats marocains de TALIS 2024, 61% des enseignants interrogés expriment un fort besoin de formation à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans l’enseignement.

Mais l’OCDE rappelle que l’innovation pédagogique ne se résume pas à l’introduction de nouvelles technologies. Elle repose également sur la capacité des enseignants à expérimenter des méthodes, à adapter leurs pratiques aux difficultés rencontrées par les élèves et à partager les résultats de leurs expériences.

Dans cette perspective, la formation continue doit évoluer. Plutôt que de se limiter à des sessions ponctuelles, elle gagnerait à s’inscrire dans un processus régulier d’apprentissage professionnel, associant accompagnement, échanges entre collègues, observation des pratiques et mobilisation des résultats de la recherche.

Le rapport met également en avant l’importance de l’autonomie pédagogique. Les enseignants doivent pouvoir disposer de marges de manœuvre pour adapter leurs méthodes aux besoins des élèves, tout en s’inscrivant dans des objectifs éducatifs communs.

Au-delà de la formation et des technologies, l’OCDE défend enfin une évolution de la gouvernance éducative. Les enseignants ne devraient pas être considérés uniquement comme les destinataires des décisions prises par les autorités éducatives, mais aussi comme des acteurs capables de contribuer à leur élaboration et à leur mise en œuvre. Cette participation constitue, selon l’organisation, une condition importante pour favoriser l’appropriation des changements et développer des solutions adaptées aux réalités des établissements.
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