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Vendredi 16 Octobre 2026
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Pouvoir d’achat : la CDT appelle le nouveau gouvernement à apporter des réponses concrètes

La Confédération démocratique du travail (CDT) tire la sonnette d’alarme face à la «dégradation des conditions sociales, à la persistance de la vie chère et à la multiplication des tensions dans plusieurs secteurs professionnels». Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de son bureau exécutif, tenue mercredi dernier, la centrale syndicale appelle le gouvernement à apporter des réponses concrètes aux revendications des travailleurs, tout en dénonçant les atteintes aux libertés syndicales.

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La question sociale revient au premier plan à un moment où le Maroc s’apprête à ouvrir une nouvelle séquence gouvernementale. Alors que l’attention se porte sur les orientations de la prochaine équipe exécutive, les organisations syndicales entendent peser sur la définition des priorités, en plaçant le pouvoir d’achat, l’emploi et les conditions de travail au cœur des préoccupations. Une exigence d’autant plus pressante que les tensions persistantes dans plusieurs secteurs professionnels ravivent les interrogations sur la portée des engagements pris dans le cadre du dialogue social et sur leur traduction effective sur le terrain.

C’est dans ce contexte que le bureau exécutif de la Confédération démocratique du travail (CDT), réuni mercredi dernier, a examiné l’évolution de la situation économique, sociale et professionnelle du pays. À l’issue de ses travaux, la centrale a rendu public un communiqué au ton ferme, dans lequel elle dénonce la persistance des difficultés auxquelles sont confrontés les travailleurs et appelle à une réorientation des politiques publiques en faveur d’une meilleure prise en compte des revendications sociales.

À travers cette prise de position, la CDT entend surtout adresser un message au futur exécutif : la prochaine étape gouvernementale ne pourra faire l’économie de réponses concrètes aux préoccupations du monde du travail. Au-delà des revendications sectorielles, la centrale pose ainsi la question de la place accordée à la justice sociale dans les choix économiques et budgétaires, en faisant de la préservation du pouvoir d’achat l’une des premières urgences.

Vie chère : la CDT réclame des mesures contre la hausse des prix

La question du pouvoir d’achat occupe, en effet, une place centrale dans les préoccupations exprimées par la CDT. La Confédération dénonce la persistance de la hausse des prix des carburants et ses répercussions sur les coûts du transport, de la production et, par ricochet, sur les prix des produits de première nécessité. Un enchaînement qui, selon elle, continue d’éroder les capacités financières des ménages et d’accentuer les difficultés des catégories sociales les plus vulnérables.

Pour enrayer cette pression sur les revenus, la centrale réclame des mesures effectives de régulation des prix ainsi qu’un encadrement des marges bénéficiaires des opérateurs du secteur des carburants. Pour elle, la lutte contre la vie chère ne saurait se limiter à des interventions ponctuelles. Elle doit s’inscrire dans une approche plus globale, capable d’agir sur les mécanismes de formation des prix et de limiter leurs répercussions sur le coût de la vie. C’est dans cette même logique que la CDT remet sur la table le dossier de la raffinerie Samir, dont elle réclame la remise en activité. Pour l’organisation syndicale, la relance de cette infrastructure dépasse la seule question industrielle. Elle touche également à la souveraineté énergétique, à la sécurité d’approvisionnement et à la préservation des capacités nationales de raffinage et de stockage.

À ces considérations économiques s’ajoute une dimension sociale que la Confédération juge tout aussi importante. Elle insiste sur la nécessité de préserver les emplois liés à cette infrastructure et de mobiliser les moyens susceptibles de permettre une reprise de l’activité. Dans cette perspective, elle réaffirme sa détermination à poursuivre son plaidoyer en faveur de la raffinerie et appelle à élargir la mobilisation syndicale et sociétale autour de cette revendication. En réintroduisant le dossier Samir dans le débat, la CDT cherche ainsi à établir un lien entre les difficultés quotidiennes des ménages et les choix structurels qui déterminent les coûts énergétiques. Mais si la question des prix constitue une préoccupation immédiate, elle ne résume pas, à elle seule, les attentes que la centrale entend porter devant le prochain gouvernement.

Salaires, retraites et emploi : les attentes adressées au prochain gouvernement

Au-delà de la maîtrise du coût de la vie, la CDT appelle à une amélioration directe des revenus et des conditions sociales. Elle place ainsi l’augmentation générale des salaires et des pensions de retraite parmi les mesures qu’elle considère comme prioritaires pour répondre à l’érosion du pouvoir d’achat et atténuer les effets des difficultés économiques sur les travailleurs et les retraités. Cette revendication s’inscrit dans un ensemble plus large de demandes portant sur la justice fiscale, le renforcement de la protection sociale et la consolidation des services publics. La centrale insiste également sur la nécessité de lutter contre le chômage et de promouvoir la création d’emplois décents, estimant que l’amélioration des conditions de vie passe autant par la revalorisation des revenus que par la mise en place de politiques économiques plus favorables à l’emploi.

À travers ces différentes exigences, la Confédération dessine les contours de ce qu’elle considère comme les priorités sociales incontournables de la prochaine action gouvernementale. L’enjeu, pour elle, est de faire en sorte que les orientations économiques et budgétaires se traduisent par des améliorations tangibles dans le quotidien des salariés, des retraités et des catégories les plus exposées à la précarité.

Reste toutefois la question des mécanismes permettant de concrétiser ces engagements. Car pour la CDT, les réponses attendues ne peuvent être dissociées d’une véritable relance du dialogue social, dont elle réclame à la fois la régularité, la crédibilité et l’efficacité. La centrale appelle, à cet égard, au respect des accords et des engagements sociaux conclus, aussi bien au niveau central que dans les différents secteurs professionnels. Elle insiste sur la nécessité d’institutionnaliser un dialogue fondé sur des négociations sérieuses, assorties de mécanismes garantissant la mise en œuvre des décisions convenues entre les partenaires sociaux.

Cette insistance sur le respect des engagements traduit une préoccupation de fond : éviter que le dialogue social ne se limite à un cadre de concertation sans effets concrets sur les conditions de travail. Pour la Confédération, sa crédibilité dépend avant tout de la capacité des pouvoirs publics à honorer les accords conclus et à apporter des réponses aux revendications restées en suspens. Or cette exigence de respect des droits et des engagements ne concerne pas uniquement les relations entre le gouvernement et les partenaires sociaux. La CDT l’étend également au fonctionnement des institutions, en dénonçant les difficultés auxquelles serait confrontée sa représentation parlementaire.

Chambre des conseillers : la CDT dénonce des entraves à l’exercice de ses prérogatives

Le bureau exécutif de la CDT soulève la question des conditions dans lesquelles son groupe exerce ses missions au sein de la Chambre des conseillers. Dans son communiqué, la centrale dénonce ce qu’elle considère comme des restrictions portant atteinte aux droits de sa représentation parlementaire et entravant le bon accomplissement de ses fonctions. Selon l’organisation, ces difficultés concernent notamment les moyens humains, matériels et logistiques mis à la disposition de son groupe, ainsi que les conditions nécessaires à l’exercice de ses prérogatives constitutionnelles. La Confédération réclame, à ce titre, le respect des principes de pluralisme et d’équité dans le fonctionnement de l’institution législative.

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