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Mardi 27 Octobre 2026
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Pouvoir d’achat et protection sociale : la CDT juge l’offre gouvernementale insuffisante

Les engagements sociaux du nouveau gouvernement suscitent déjà les premières réserves syndicales. Tout en annonçant des mesures en faveur du pouvoir d’achat, des retraites et de la protection sociale, l’Exécutif doit répondre aux attentes de la Confédération démocratique du travail (CDT), qui réclame des garanties sur la portée des réformes et l’application des accords antérieurs. Une prise de position qui place d’emblée le dialogue social parmi les principaux enjeux du début de mandat.

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Quelques jours seulement après l’adoption du programme gouvernemental, les premières voix syndicales commencent à s’élever pour rappeler les revendications en attente et demander des réponses concrètes. La Confédération démocratique du travail s’inscrit dans cette séquence. Réuni le 21 octobre à Casablanca, son bureau exécutif a exprimé ses réserves sur les orientations annoncées, tout en évoquant la possibilité de reprendre les mobilisations pour défendre les revendications des travailleurs.



Cette prise de position intervient alors que l’Exécutif de Fatima Ezzahra El Mansouri a placé l’amélioration du pouvoir d’achat et le renforcement de la protection sociale parmi ses priorités. Relèvement du minimum des pensions, augmentation progressive des aides sociales, réforme de l’impôt sur le revenu et mesures contre la vie chère figurent parmi les engagements annoncés. Le désaccord porte donc moins sur l’existence de mesures sociales que sur leur ampleur, leurs bénéficiaires et les garanties de leur mise en œuvre.

Pouvoir d'achat : des mesures annoncées, mais jugées insuffisantes

Dans le détail, on apprend que la principale divergence porte sur les réponses à apporter à l'érosion du pouvoir d'achat. Dans son communiqué du 21 octobre, la CDT estime que les orientations gouvernementales ne traduisent pas une véritable réorientation des choix économiques et sociaux en faveur des salariés.

Le gouvernement a pourtant annoncé une réforme progressive de l'impôt sur le revenu destinée à améliorer le salaire net des travailleurs. Il prévoit également de porter progressivement l'aide sociale directe de 500 à 1.000 dirhams à l'horizon de la fin du mandat, ainsi qu'une prise en charge de certaines factures d'électricité ne dépassant pas 100 dirhams pour les ménages éligibles.

Mais ces mesures ne répondent que partiellement aux revendications de la centrale, qui réclame une augmentation générale des salaires. La distinction est importante : si la réforme fiscale peut améliorer les revenus nets des salariés concernés, elle ne constitue pas une revalorisation salariale à proprement parler. De même, les aides sociales ciblées ne bénéficient pas nécessairement à l'ensemble des travailleurs.

La CDT considère par ailleurs que l'amélioration des indicateurs macroéconomiques ne saurait suffire si elle ne se traduit pas par une baisse effective des prix et une amélioration du niveau de vie. Une préoccupation à laquelle le gouvernement entend pourtant répondre, notamment par une meilleure organisation des circuits de distribution et d'approvisionnement des produits alimentaires.

Retraites : une avancée gouvernementale qui ne dissipe pas les réserves

La question des pensions illustre davantage encore les nuances de ce désaccord. Contrairement à ce que pourrait laisser supposer une lecture rapide des critiques syndicales, le gouvernement s'est bien engagé à relever progressivement le minimum des pensions principales à 3.000 dirhams mensuels dans les différents régimes de retraite. Il prévoit également de porter la pension de réversion des veuves à 100% de la pension principale du conjoint décédé, contre 50% actuellement, tout en préservant les droits des autres ayants droit.

Ces annonces constituent des engagements sociaux importants. Elles ne correspondent toutefois pas à la revalorisation générale des pensions réclamée par la CDT, qui souhaite une amélioration des revenus de l'ensemble des retraités. Notons qu’au-delà des montants, la centrale demeure également préoccupée par les modalités de la réforme globale des régimes de retraite. Si l'Exécutif promet une réforme concertée préservant les droits acquis, les syndicats attendent encore des précisions sur ses mécanismes, son financement et son calendrier.

Dialogue social : la question des garanties au cœur du désaccord

Ces divergences ramènent au premier plan le dialogue social, que la CDT considère comme le premier véritable test de crédibilité du nouvel Exécutif. La centrale exige d'abord l'application des accords antérieurs, aussi bien au niveau central que sectoriel et catégoriel. Elle réclame surtout l'adoption d'une loi-cadre garantissant la régularité des négociations, leur caractère inclusif et l'application effective des accords conclus. Elle demande également une révision négociée de la législation sur le droit de grève et la protection des libertés syndicales.

De son côté, le gouvernement s'est engagé à associer les partenaires sociaux aux grandes réformes, particulièrement celle des retraites. Mais pour la CDT, la concertation ne saurait se limiter à une consultation : elle doit déboucher sur des engagements précis, assortis de mécanismes de suivi et de délais d'exécution. Cette exigence s'étend également à l'emploi, à la généralisation effective de la protection sociale et au renforcement des services publics de santé et d'éducation. Des objectifs présents dans les orientations gouvernementales, mais dont la centrale entend juger la portée à l'aune des réalisations concrètes.

La menace d'un retour à la contestation

C'est dans ce contexte que la CDT brandit la menace d'une reprise des protestations. Son bureau exécutif prévient que la dégradation persistante des conditions sociales, le non-respect des engagements et l'absence d'un dialogue sérieux pourraient raviver les tensions. Ainsi, si aucune date de mobilisation n'a encore été fixée, le message adressé au gouvernement est clair : les annonces ne suffiront pas à elles seules à apaiser le climat social. Pour l'Exécutif, l'enjeu consiste désormais à transformer ses engagements en mesures opérationnelles, sans perdre de vue les contraintes budgétaires et les attentes des partenaires sociaux. Car au-delà des divergences sur les moyens, c'est bien la capacité du nouveau gouvernement à produire rapidement des résultats tangibles qui déterminera l'évolution de ses relations avec la CDT.
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