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Mardi 09 Juin 2026
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Le Maroc met en avant les résultats du modèle « Collèges pionniers »

Réunis à Rabat, responsables marocains, partenaires français et délégations étrangères ont dressé le bilan du programme « Collèges pionniers », présenté comme l’un des leviers majeurs de la réforme éducative marocaine. Les premiers résultats mettent en avant une amélioration significative des apprentissages, une baisse du décrochage scolaire et un renforcement des compétences psychosociales des élèves.

Le Maroc poursuit la transformation de son système éducatif sous le regard attentif de ses partenaires internationaux. Réunis mardi à Rabat, responsables du ministère de l’Éducation nationale, représentants de l’Agence française de développement (AFD), experts pédagogiques et délégations étrangères ont fait le point sur les avancées du programme « Collèges pionniers », considéré comme l’un des dispositifs phares de la feuille de route 2022-2026 pour la réforme de l’école publique.

La rencontre a débuté au Centre national des formations et des rencontres de Hay Nahda avant de se poursuivre au collège Al Khawarizmi, où les participants ont pu observer sur le terrain la mise en œuvre des différentes composantes du programme. Cette visite a permis de mesurer les effets des nouvelles approches pédagogiques dans les salles de classe, mais également l’impact des activités parascolaires et des dispositifs d’accompagnement psychosocial destinés aux élèves.



Pour Hoda Nacik, directrice des curricula de l’enseignement secondaire au ministère de l’Éducation nationale, cette rencontre constitue une étape importante dans l’évaluation du projet après trois années de déploiement. L’objectif est de dresser un bilan des réalisations, d’analyser l’impact du programme sur la qualité des apprentissages et d’examiner les perspectives de coopération future entre le Maroc et la France dans le domaine de l’éducation.

Lancé en 2024 dans 232 collèges publics répartis à travers le Royaume, soit près de 10% des établissements du cycle collégial, le programme « Collèges pionniers » repose sur une approche intégrée associant remédiation pédagogique intensive, enseignement structuré, soutien scolaire, activités sportives et culturelles ainsi qu’un accompagnement socio-émotionnel des élèves. Ce modèle vise à répondre aux difficultés d’apprentissage tout en luttant contre le décrochage scolaire, particulièrement marqué au niveau du collège.

Les résultats observés sont jugés encourageants. Selon une évaluation d’impact indépendante réalisée en 2025 par le Morocco Innovation and Evaluation Lab (MEL) et J-PAL MENA, les élèves bénéficiaires ont enregistré des progrès significatifs. L’étude conclut à un triplement des acquis scolaires, à une réduction d’un tiers de l’abandon scolaire et à une amélioration notable des compétences socio-émotionnelles. Des performances qui placent le programme parmi les initiatives éducatives les plus performantes documentées par la recherche internationale.

Au-delà des résultats académiques, le projet accorde une place importante au développement personnel des élèves. Intervenant lors de cette rencontre, Amal Houssam, experte en environnement scolaire, a souligné que les compétences psychosociales constituent l’un des piliers de la réforme. Elle a rappelé que l’amélioration du climat scolaire et le renforcement du bien-être des élèves représentent des conditions essentielles à la réussite éducative.

Dans ce cadre, les élèves de première année du collège bénéficient de quatre séances dédiées aux compétences psychosociales, tandis que ceux des deuxième et troisième années suivent chacun trois séances annuelles. Ces activités visent à développer la confiance en soi, la gestion des émotions, les capacités relationnelles et l’autonomie des apprenants. Selon les responsables du programme, cette approche contribue également à réduire certains comportements à risque et à renforcer le sentiment d’appartenance à l’école.

La coopération entre le Maroc et la France joue un rôle central dans ce chantier. Depuis 2023, la France accompagne le ministère de l’Éducation nationale dans la mise en œuvre de la réforme à travers un programme piloté par l’AFD, doté d’un financement de 130 millions d’euros sous forme de prêt et de 4,7 millions d’euros de subventions. Depuis 2007, les engagements de l’AFD en faveur de l’éducation au Maroc atteignent près de 265 millions d’euros.

Présente à Rabat, Hélène Lyon, responsable du pôle développement humain à l’AFD, a salué une coopération fondée sur la co-construction et le partage d’expertises. Elle a souligné que le projet mobilise de nombreux acteurs français, parmi lesquels France Éducation international, l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, la Fondation La main à la pâte, la Bibliothèque nationale de France ou encore l’Institut français du Maroc.

Les échanges portent aussi bien sur la révision des programmes scolaires que sur la production de ressources pédagogiques, la formation des enseignants, le développement des bibliothèques scolaires ou encore la promotion de la lecture. Cette dynamique a également permis de renforcer les liens entre les institutions éducatives marocaines et françaises autour de sujets liés à l’évaluation des politiques publiques et à l’innovation pédagogique.

À l’issue des échanges, les participants ont relevé plusieurs indicateurs positifs liés à la vie scolaire, notamment une amélioration du climat au sein des établissements et une diminution de certains comportements négatifs. Pour les partenaires du projet, ces premiers résultats confortent la pertinence de l’approche adoptée et renforcent l’ambition d’une généralisation progressive du modèle. Dès la rentrée 2026-2027, plus de 50% des collèges publics marocains devraient être intégrés au programme « Collèges pionniers », confirmant la volonté des autorités de faire de cette expérience un moteur de transformation durable de l’école marocaine.
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