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Les ingénieurs marocains doivent se lancer dans l'innovation avec force (Ryad Mezzour)

Le Maroc s'est imposé comme un pays performant dans un large éventail d'industries, telles que l'automobile, l'aéronautique, le textile et l’industrie pharmaceutique, et se prépare à présent à franchir un nouveau cap placé sous le signe de «la souveraineté» industrielle. Une évolution qui, d'après le ministre de l'Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, requiert de passer résolument à une logique d'innovation, de conception et de fourniture de solutions. «Il faut raffermir notre capacité à innover, étant donné que la valeur ajoutée de l'innovation est bien plus forte que celle de la production», souligne le ministre istiqlalien.

Ryad Mezzour.
Ryad Mezzour.
Le Maroc est en passe de franchir un nouveau cap majeur dans son développement industriel. Après s'être imposé comme un pôle de production industrielle de renommée mondiale dans de nombreux secteurs, le Royaume prépare son passage à une nouvelle phase pour asseoir sa souveraineté industrielle. Et pour se lancer dans cette nouvelle ère industrielle de souveraineté prônée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la priorité absolue doit être portée sur l'innovation, la conception et la fourniture de solutions.



«Jusqu'à présent, nous avons prouvé notre capacité à fabriquer et à le faire avec habileté. Toutefois, nous l'avons fait en exécution de plans ou de conceptions provenant d'autres parties, quand bien même des Marocains auraient été impliqués dans leur élaboration», indique M. Mezzour qui intervenait dans le cadre d'une conférence organisée par l'Alliance des ingénieurs istiqlaliens autour du thème de la contribution des ingénieurs au développement du Maroc moderne. Et le ministre de souligner qu'«aujourd'hui, le temps est venu de se mettre à innover», faisant remarquer que «nous nous sommes déjà engagés dans cette voie».
Dans l'industrie automobile, dit-il, où nous avons par exemple quelque 10.000 ingénieurs, environ 2.500 d'entre eux sont impliqués dans le parcours de la production, tandis que 7.500 interviennent soit dans le parcours de l'innovation, soit dans celui de la qualité. Et d’ajouter qu’«à Casanearshore, par exemple, vous pouvez trouver des ingénieurs marocains qui réalisent des crash-tests numériques reconnus, ou qui travaillent sur des véhicules connectés, ou encore qui conçoivent des plans pour des modèles de voitures de luxe de marques mondiales». Aujourd'hui, poursuit M. Mezzour, «nous en sommes arrivés à cette phase, et il faut continuer sur cette trajectoire, en dépassant la capacité de produire vers le raffermissement de notre capacité à innover, étant donné que la valeur ajoutée de l'innovation est bien plus forte que celle de la production».

Mezzour : L'objectif est de se lancer dans les marchés avec nos propres marques

Autre élément important relevé par le ministre : la nécessité de détenir un pouvoir de décision. «Cela revient à pouvoir distribuer des produits et à communiquer directement avec le consommateur», explique-t-il. «Aujourd'hui, nous travaillons avec le donneur d'ordre, qui décident des détails du produit. Mais quand nous détenons la décision, nous nous lançons sur les marchés avec nos propres marques. Et Sa Majesté le Roi a donné un fort signal dans ce sens en accueillant le 15 mai 2023 deux innovateurs marocains, l'un fabriquant un modèle de voiture marocaine grand public et qu'on a commencé à commercialiser, et l'autre développant un prototype de véhicule à hydrogène d'initiative marocaine», dit M. Mezzour.

Et le ministre d'affirmer que c'est dans le domaine de l'innovation qu'il y aura de grandes opportunités d'emploi pour les ingénieurs marocains, faisant savoir qu’«aujourd'hui, nous avons un total de 1.646 projets d'usines prévus, et ce nombre est en augmentation, et ces unités auront besoin d'un grand nombre de laboratoires pour les accompagner dans leur processus d'innovation».
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