Le soir tombe lentement sur Casa Finance City. Les tours de verre, encore tièdes du soleil d'avril, se découpent en silhouettes contre un ciel mauve. Sur l'esplanade, deux drapeaux claquent côte à côte dans le vent de ce jeudi 30 avril 2026 : les bandes étoilées et le pentagramme vert. Un cordon de sécurité a été dressé. Des berlines noires viennent déposer, l'une après l'autre, leurs passagers : conseillers, ministres, généraux, diplomates. La nuit s'installe ; la cérémonie peut commencer. À l'intérieur, le complexe, qui dépasse 2,7 hectares, dix fois plus vaste que l'ancien siège, déploie ses volumes. Bois marocains, zelliges, courbes contemporaines : le bâtiment a été pensé comme un récit, une architecture qui raconte l'amitié séculaire entre deux nations.
Quand le Conseiller de Sa Majesté le Roi, Fouad Ali El Himma, fait son entrée, suivi du ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita, du ministre de l'Inclusion économique, de la petite entreprise, de l'emploi et des compétences, Younes Sekkouri, de l'inspecteur général des Forces Armées Royales, commandant la Zone Sud, le général de corps d'Armée Mohamed Berrid, du wali Mohamed M'hidia, du président du Conseil de la région de Casablanca-Settat, Abdellatif Maâzouz, et de la présidente du conseil de la commune de Casablanca, Nabila Rmili, l'assistance comprend qu'il s’agit à l’évidence d’un moment d'exception. Côté américain, le secrétaire d'État adjoint Christopher Landau s'est déplacé en personne, aux côtés de l'ambassadeur Duke Buchan III et de la consule générale Marissa Scott. Le casting, à lui seul, dit l'importance qu'accorde Washington à ce rendez-vous.
Quand le Conseiller de Sa Majesté le Roi, Fouad Ali El Himma, fait son entrée, suivi du ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger, Nasser Bourita, du ministre de l'Inclusion économique, de la petite entreprise, de l'emploi et des compétences, Younes Sekkouri, de l'inspecteur général des Forces Armées Royales, commandant la Zone Sud, le général de corps d'Armée Mohamed Berrid, du wali Mohamed M'hidia, du président du Conseil de la région de Casablanca-Settat, Abdellatif Maâzouz, et de la présidente du conseil de la commune de Casablanca, Nabila Rmili, l'assistance comprend qu'il s’agit à l’évidence d’un moment d'exception. Côté américain, le secrétaire d'État adjoint Christopher Landau s'est déplacé en personne, aux côtés de l'ambassadeur Duke Buchan III et de la consule générale Marissa Scott. Le casting, à lui seul, dit l'importance qu'accorde Washington à ce rendez-vous.
Une amitié à la mesure des siècles
Devant ses invités, Christopher Landau choisit la mesure et l'émotion. «Je ne pourrais qu'être plus heureux et plus fier de l'inauguration de ce nouveau complexe. C'est une magnifique représentation de l'amitié entre nos deux pays», lance-t-il, avant de saluer les nombreux atouts du Royaume, sa trajectoire de développement et son attractivité retrouvée pour les capitaux étrangers. Puis cette phrase, qui sonne comme une signature politique : «Il est très enthousiasmant de voir comment le Maroc se développe sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.» Les États-Unis, ajoute-t-il, sont fiers de se tenir aux côtés du Royaume en tant que partenaire et allié.
Duke Buchan III, lui, prend l'angle long. Celui de l'historien autant que du diplomate. «Le Maroc est un ami des États-Unis, un allié et un partenaire. C'est notre allié le plus ancien, le plus solide et le plus fiable dans la région», affirme-t-il. La formule prend, ce soir-là, une résonance particulière. Car c'est bien à Tanger, en 1821, que Feu le Sultan Moulay Slimane offrit à la jeune République américaine le bâtiment qui allait devenir la Légation, encore aujourd'hui le seul monument historique national américain situé à l'étranger. Quarante-quatre années plus tôt, en 1777, le Royaume du Maroc avait été le premier pays au monde à reconnaître l'indépendance des États-Unis. Deux siècles plus tard, c'est dans le quartier d'affaires d'une métropole africaine en pleine ascension que l'Amérique vient planter sa nouvelle pierre. Le communiqué publié dans la nuit par le département d'État pose le mot juste : le Royaume du Maroc abrite désormais «à la fois la plus ancienne et la plus récente des missions diplomatiques américaines».
Le Sahara, ligne de cohérence
À la profondeur historique répond la clarté politique. Réitérant le soutien des États-Unis à la souveraineté du Royaume sur son Sahara, l'ambassadeur Buchan III a tenu à préciser qu'«il est grand temps de parvenir à une solution pacifique» à ce conflit régional. Et d'enfoncer la formule devenue ligne de fond de la diplomatie américaine : «La voie vers la paix est claire : la proposition d'autonomie du Maroc est la seule solution.» À Rabat, on relit la phrase. Elle prolonge la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara intervenue en décembre 2020 et confirme que cette position s'est installée durablement dans la doctrine de Washington. Dans un environnement régional marqué par les incertitudes, le Royaume offre à ses partenaires une combinaison qui se fait rare : un ancrage sécuritaire éprouvé, une diplomatie active vers l'Afrique subsaharienne et une économie en pleine transformation. Le diplomate américain l'exprime sans détour. Dans un monde «instable et incertain», le Maroc, souligne-t-il, «se distingue comme un pilier de stabilité, fiable et engagé dans de nombreuses réformes». Ce progrès, ajoute-t-il, est «le fruit du Leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI». Le Royaume «est devenu, à juste titre, un centre d'investissement, d'innovation et d'opportunités».
Quand la diplomatie se lit dans la pierre
À l'intérieur du bâtiment, la consule générale Marissa Scott guide quelques journalistes parmi les œuvres sélectionnées par le Bureau de l'art dans les ambassades du département d'État. Peintures, textiles, sculptures : un dialogue discret s'installe entre les cultures, où chaque pièce évoque les valeurs partagées et la richesse des deux sociétés. «Ce nouveau bâtiment est dix fois plus grand que notre ancien siège», déclare-t-elle à la presse. Dix fois plus de capacité d'accueil, dix fois plus de visas délivrés, dix fois plus de programmes culturels et de coopération. Une arithmétique qui, en diplomatie, n'est jamais neutre. Le complexe lui-même, 350 millions de dollars d'investissement, design hybride mêlant tradition marocaine et systèmes constructifs de pointe, répond à un cahier des charges précis : sécurité, modernité, durabilité.
Le Département d'État évoque une «plateforme sûre, moderne et résiliente pour la diplomatie américaine» qui «favorise une coopération accrue en matière de croissance économique, de sécurité et de stabilité régionale». Casablanca s'installe ainsi, dans la cartographie consulaire de Washington, au rang des postes de premier plan. Ainsi, quand les invités quittent Casa Finance City, ce soir-là, les drapeaux continuent de claquer dans la fraîcheur du printemps casablancais. Quelque part au nord, à Tanger, le vieux bâtiment de la Légation, devenu musée et centre de recherche, veille toujours sur le détroit. Entre les deux, près de deux cent cinquante années cumulées d'histoire commune et un même fil tendu : celui d'une amitié exemplaire, sans cesse renouvelée, et qui se prépare aujourd'hui à célébrer son deux cent cinquantième anniversaire.
