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Mardi 14 Juillet 2026
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Maroc-USA : L'AMTEC de Tan-Tan, un hub de souveraineté continentale et un levier industriel au service du Royaume

Sur Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Chef suprême et Chef d'État-Major général des Forces Armées Royales, le général de corps d'armée Mohammed Berrid s'est rendu, le 13 juillet 2026, au siège de l'US AFRICOM à Stuttgart pour signer un mémorandum d'entente historique avec le général Dagvin Anderson, commandant l'US AFRICOM. Acte fondateur d'un Centre africain d'entraînement et d'expérimentation multidomaines qui sera implanté à Tan-Tan à l'horizon 2030, ce texte consolide le leadership sécuritaire du Royaume, positionne le Maroc comme hub continental de lutte contre le terrorisme et ouvre, dans le même sens, une plateforme d'expérimentation industrielle à faible coût pour les bases de défense américaine et marocaine.

À Stuttgart, dans le quartier général de l'US AFRICOM, deux haut responsables militaires ont signé, le 13 juillet 2026, un document qui dépasse de loin le registre de la coopération militaire ordinaire. D'un côté, le général de corps d'armée Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces Armées Royales et commandant de la Zone Sud, se déplaçant à Stuttgart sur Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Chef suprême et Chef d'État-Major général des Forces Armées Royales. De l'autre, le général Dagvin Anderson, commandant l'US AFRICOM. Entre les deux, un mémorandum d'entente portant création de l'Africa Multidomain Training and Experimentation Center (AMTEC), dont le siège sera établi au Maroc à Tan-Tan, d'ici 2030.

Le texte s'inscrit dans la feuille de route 2026-2036 pour la coopération en matière de défense, signée à Washington le 16 avril 2026 par le Royaume du Maroc et les États-Unis d'Amérique. Il ne constitue donc pas une rupture, mais un palier supérieur dans une architecture stratégique patiemment construite, fondée, selon le communiqué de l'État-Major général des FAR, «sur des jalons de confiance mutuelle et de volonté commune en faveur d'un partenariat stratégique afin de faire face aux menaces communes».

Tan-Tan, nouvelle capitale africaine du contre-terrorisme technologique

Ce que l'AMTEC installe à Tan-Tan n'est pas un simple camp d'entraînement. Le centre s'articulera autour de trois composantes distinctes et complémentaires. La première est une Zone d'entraînement multidomaine offrant un espace physique dédié à la préparation des forces et des systèmes dans tout type d'environnement, y compris les environnements contestés et la totalité du spectre électromagnétique. La deuxième est une Académie des drones, appelée à former des opérateurs, des planificateurs et des instructeurs issus du Maroc, mais aussi des pays partenaires africains. La troisième est un Centre d'innovation et d'expérimentation, chargé de développer, tester et évaluer rapidement des capacités émergentes à partir de solutions peu coûteuses et modulables.

La dimension continentale du projet se lit dans chacune de ces composantes. L'Académie des drones, en particulier, ne forme pas uniquement des soldats marocains. Sa vocation explicite est de renforcer les capacités de lutte contre le terrorisme face aux menaces qui pèsent sur l'Afrique de l'Ouest. Les stagiaires y acquerront les compétences nécessaires à l'intégration des petits systèmes aériens sans pilote dans le dispositif global de manœuvre, avec un accent mis sur la déconfliction de l'espace aérien, l'intégration multidomaine, les capacités de frappe et la synchronisation du renseignement, de la surveillance et de la reconnaissance. En clair, Tan-Tan formera les armées africaines aux techniques les plus avancées du combat asymétrique contemporain.

Le général Berrid n'a pas manqué de souligner la valeur de cet actif. «La disponibilité opérationnelle du Maroc, démontrée par les infrastructures existantes et par les compétences de son personnel, garantit une progression rapide depuis la conception jusqu'à la mise en œuvre opérationnelle», a-t-il déclaré. Et d'ajouter, dans une formule qui déborde le cadre sécuritaire strict, que ce dispositif offre aux industries marocaine et américaine «un partenaire fiable et compétent pour l'innovation conjointe et les perspectives d'exportation». Le Centre d'innovation et d'expérimentation associera par ailleurs le monde universitaire, en intégrant des experts et des institutions académiques au sein d'équipes de conception pluridisciplinaires.

Un laboratoire grandeur nature pour l'industrie de défense

C'est ici que l'AMTEC révèle sa seconde nature, celle que les communiqués officiels évoquent avec une discrétion calculée mais que les termes du mémorandum rendent incontournable. Le centre ne se limite pas à entraîner des soldats et à réduire les zones grises sahéliennes. Il constitue aussi, selon les termes mêmes de l'AFRICOM, un banc d'essai pour les futures technologies sans fil et de détection. L'objectif affiché est de garantir que les investissements américains dans l'innovation se traduisent par des capacités opérationnelles concrètes, tout en favorisant une croissance industrielle conjointe entre les deux pays.

Le mécanisme prévu est précis. L'AMTEC ouvrira aux acteurs industriels américains et marocains des possibilités de test et d'expérimentation à moindre coût. Elle permettra de développer de nouvelles capacités de réseau dans les zones éloignées et insuffisamment desservies, en appui à la sécurité et au développement économique. Le général Anderson a résumé cette ambition avec clarté : «Ce partenariat représente une occasion majeure pour les bases industrielles de défense américaine et africaine, ainsi que pour les institutions universitaires, d'expérimenter, d'innover et de développer des solutions évolutives et adaptables dans le domaine des technologies émergentes».

L'exercice African Lion 2027 servira de premier démonstrateur de concept pour l'AMTEC
Cette manœuvre annuelle, déjà organisée sur le sol marocain, est décrite par l'AFRICOM comme un terrain d'expérimentation permettant d'intégrer directement des technologies de pointe dans des environnements opérationnels. Des partenaires industriels y travaillent aux côtés des militaires pour tester des systèmes reposant sur l'intelligence artificielle, des plateformes autonomes et des outils de communication avancés, accélérant ainsi le passage du concept à la capacité opérationnelle. African Lion 2027 sera en quelque sorte la répétition générale avant l'ouverture officielle du centre.

Au fond, ce que le mémorandum du 13 juillet 2026 installe à Tan-Tan, c'est une équation à deux termes que le Maroc maîtrise depuis longtemps : la sécurité comme condition du développement, et le développement comme argument de la sécurité. L'AMTEC ne sera pas seulement le poste avancé de la lutte contre le terrorisme en Afrique de l'Ouest. Il sera aussi la preuve que le Royaume a su transformer sa position géographique, sa stabilité institutionnelle et la qualité de ses forces armées en capital diplomatique, industriel et technologique. Tan-Tan, ville du Sud marocain longtemps tenue à l'écart des grands flux, pourrait bien devenir, d'ici 2030, l'une des adresses les plus stratégiques du continent.
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