Plus de 62.000 professionnels et plus de 2.400 exposants ont convergé vers Milan du 6 au 8 octobre pour le CPHI, le plus grand salon mondial de l’industrie pharmaceutique. Au milieu de cette foule, le laboratoire marocain Pharma 5 a présenté un médicament à base de cannabis pour le traitement de l’épilepsie, élaboré à partir de matière première issue de la filière licite nationale.
Pour une activité légalisée il y a quelques années à peine, le message est fort. Un bémol toutefois. À l’heure actuelle, aucun médicament à base de cannabis licite marocain n’est commercialisé au Maroc. Le patient marocain devra donc encore patienter avant de trouver ces médicaments en officine, le temps que les dernières étapes réglementaires soient franchies.
Il est important de ne pas confondre un médicament avec un complément alimentaire et un produit cosmétique. Ces seconds sont déjà en rayon dans les sites autorisés par l’ANRAC, le premier ne l’est pas. La publicité sur les médicaments obéit en outre à un encadrement strict : aucun médicament ne peut être promu auprès du public sans un visa de publicité délivré au préalable par l’AMMPS, et cette publicité doit rester conforme au résumé des caractéristiques du produit (RCP) qui figure au dossier d’AMM, sans induire en erreur sur la valeur thérapeutique du produit.
Il est enfin rappelé, que la publication de la liste des médicaments et produits à base de cannabis relève de la compétence exclusive de l’AMMPS. En vertu de la loi 10-22 portant création de cette agence et de la loi 17-04 portant Code du médicament et de la pharmacie, l’AMMPS est «le dépositaire unique de la liste exhaustive des produits à base de cannabis» et seule habilitée à la publier, la mettre à jour, retirer les certificats d’enregistrement ou en suspendre le contenu.
La recherche clinique s’organise aussi autour des médicaments en attente. Dans le cadre d’une convention-cadre signée en février 2025 avec l’Université Abdelmalek Essaâdi, l’ANRAC a conclu une convention spécifique avec la Faculté de médecine et de pharmacie de Tanger et le CHU Mohammed VI de Tanger pour une étude clinique sur l’utilisation du cannabis dans le traitement de l’épilepsie réfractaire chez l’enfant, à partir des médicaments développés par Sothema. Le sujet a par ailleurs été débattu dans une dizaine de manifestations scientifiques en deux ans, du congrès de gériatrie de Tanger en janvier 2025 à la journée de la Société marocaine des sciences médicales du 6 juin 2026 à Casablanca, en passant par le colloque de l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé (UM6SS) sur les applications cliniques du CBD en janvier 2026.
Le Maroc s’inscrit ainsi dans un mouvement international engagé depuis 2020, date à laquelle la Commission des stupéfiants des Nations unies a reconnu, sur recommandation de l’Organisation mondiale de la santé, l’intérêt thérapeutique du cannabis. Son usage médical est établi ou étudié dans les épilepsies sévères de l’enfant, la spasticité liée à la sclérose en plaques, les douleurs neuropathiques chroniques, la fibromyalgie, l’arthrite inflammatoire, les troubles du sommeil et l’autisme chez l’enfant et l’adolescent. Il reste au Royaume à franchir le dernier kilomètre, celui qui sépare l’AMM de l’ordonnance.
Pour une activité légalisée il y a quelques années à peine, le message est fort. Un bémol toutefois. À l’heure actuelle, aucun médicament à base de cannabis licite marocain n’est commercialisé au Maroc. Le patient marocain devra donc encore patienter avant de trouver ces médicaments en officine, le temps que les dernières étapes réglementaires soient franchies.
Enregistré ne veut pas dire commercialisé
Le détail compte. Quatre médicaments à base de cannabis sont aujourd’hui enregistrés par deux établissements pharmaceutiques, trois pour Sothema et un pour Pharma 5. Ils sont tous destinés au traitement de l’épilepsie. Mais l’enregistrement n’ouvre pas la porte du marché. Ces produits, précise-t-on, ne sont pas encore commercialisés, «dans l’attente d’achever les procédures réglementaires requises auprès du ministère de la Santé», en l’occurrence l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS). À ce jour, quatre médicaments ont obtenu leur autorisation de mise sur le marché (AMM) et leur mise sur le marché est en cours conformément à la réglementation en vigueur, dans l’attente de l’achèvement des procédures réglementaires auprès de l’AMMPS.Il est important de ne pas confondre un médicament avec un complément alimentaire et un produit cosmétique. Ces seconds sont déjà en rayon dans les sites autorisés par l’ANRAC, le premier ne l’est pas. La publicité sur les médicaments obéit en outre à un encadrement strict : aucun médicament ne peut être promu auprès du public sans un visa de publicité délivré au préalable par l’AMMPS, et cette publicité doit rester conforme au résumé des caractéristiques du produit (RCP) qui figure au dossier d’AMM, sans induire en erreur sur la valeur thérapeutique du produit.
Il est enfin rappelé, que la publication de la liste des médicaments et produits à base de cannabis relève de la compétence exclusive de l’AMMPS. En vertu de la loi 10-22 portant création de cette agence et de la loi 17-04 portant Code du médicament et de la pharmacie, l’AMMPS est «le dépositaire unique de la liste exhaustive des produits à base de cannabis» et seule habilitée à la publier, la mettre à jour, retirer les certificats d’enregistrement ou en suspendre le contenu.
L’enregistrement d’un médicament à base de cannabis reste régi par la loi 17-04
Pourquoi le chemin est-il si long entre le laboratoire et le comptoir de la pharmacie pour un médicament à base de cannabis ? Parce que l’enregistrement d’un médicament au cannabis suit, à la lettre, le droit commun du médicament. Il obéit à la loi 17-04 et à ses textes d’application, au décret 2-14-841 relatif à l’AMM des médicaments à usage humain, au décret 2-17-429 sur la bioéquivalence des génériques, à l’arrêté 1372-18 appliquant les pharmacopées américaine et européenne, ainsi qu’à la circulaire 142 du 20 mars 2024, qui fixe les exigences spécifiques pour l’enregistrement des médicaments à base de cannabis et de ses dérivés. L’AMM pour un médicament n’est délivrée qu’au terme d’une évaluation approfondie de la qualité, de l’efficacité, de la sécurité et de l’intérêt thérapeutique du médicament, complétée par l’avis favorable de la Commission nationale de l’autorisation de mise sur le marché des médicaments à usage humain.Une filière qui exporte avant de soigner
Le contraste est d’autant plus net que, sur les autres segments, la filière tourne déjà à plein régime. Jusqu’à la mi-octobre 2026, l’ANRAC a accompagné et autorisé 146 opérations d’exportation, réalisées par 29 opérateurs agréés vers quinze pays : Suisse, République tchèque, France, Luxembourg, Allemagne, Pays-Bas, Afrique du Sud, Australie, Tchad, Brésil, Belgique, Espagne, Canada, Pologne et Portugal. Ces exportations ont porté sur 17 produits de cannabis licite marocain, pour l’équivalent de 312 tonnes de matière sèche. Les opérateurs, selon nos informations, ont pris les mesures requises pour se conformer aux normes internationales et rendre le produit marocain compétitif.
Sur le marché intérieur, 179 produits à base de cannabis sont enregistrés auprès de l’AMMPS, 86 produits cosmétiques, 89 compléments alimentaires outre les 4 médicaments. Sept établissements pharmaceutiques sont autorisés par l’ANRAC pour la transformation et la fabrication de produits à base de cannabis à des fins médicales. Un protocole de partenariat entre l’ANRAC et l’AMMPS permet à la première d’accompagner les opérateurs dans l’enregistrement des compléments alimentaires et des cosmétiques, de la préparation du dossier jusqu’à l’octroi des certificats.
Ces produits, eux, sont bel et bien en vente. Leur enregistrement passe par l’examen de la complétude du dossier, une évaluation technique et administrative de l’AMMPS et un passage obligatoire devant une commission multidisciplinaire dédiée, après autorisation préalable de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) pour les compléments alimentaires et du département de la Santé pour les cosmétiques. Les seuils sont stricts : la circulaire n°771 du 25 octobre 2023 fixe le taux de THC des cosmétiques à 0% et la circulaire conjointe Santé-Agriculture n°834 du 14 novembre 2023 le plafonne à strictement moins de 0,3% dans les compléments alimentaires. La distribution se fait à travers un réseau de 646 officines et parapharmacies et de 4 points de vente dédiés, couvrant plus de 51 villes et provinces dans 12 régions du Royaume. Les adresses sont consultables sur le site de l’ANRAC.
Sur le marché intérieur, 179 produits à base de cannabis sont enregistrés auprès de l’AMMPS, 86 produits cosmétiques, 89 compléments alimentaires outre les 4 médicaments. Sept établissements pharmaceutiques sont autorisés par l’ANRAC pour la transformation et la fabrication de produits à base de cannabis à des fins médicales. Un protocole de partenariat entre l’ANRAC et l’AMMPS permet à la première d’accompagner les opérateurs dans l’enregistrement des compléments alimentaires et des cosmétiques, de la préparation du dossier jusqu’à l’octroi des certificats.
Ces produits, eux, sont bel et bien en vente. Leur enregistrement passe par l’examen de la complétude du dossier, une évaluation technique et administrative de l’AMMPS et un passage obligatoire devant une commission multidisciplinaire dédiée, après autorisation préalable de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) pour les compléments alimentaires et du département de la Santé pour les cosmétiques. Les seuils sont stricts : la circulaire n°771 du 25 octobre 2023 fixe le taux de THC des cosmétiques à 0% et la circulaire conjointe Santé-Agriculture n°834 du 14 novembre 2023 le plafonne à strictement moins de 0,3% dans les compléments alimentaires. La distribution se fait à travers un réseau de 646 officines et parapharmacies et de 4 points de vente dédiés, couvrant plus de 51 villes et provinces dans 12 régions du Royaume. Les adresses sont consultables sur le site de l’ANRAC.
Les prescripteurs sont déjà prêts
Du côté du corps médical, le terrain est préparé. Cinq sociétés savantes ont validé en 2025, en concertation avec l’ANRAC, des recommandations de prescription de l’usage thérapeutique du cannabis : médecine interne, neurologie, gastroentérologie pédiatrique, gériatrie et dermatologie. Des institutions universitaires et médicales conduisent, en partenariat avec l’Agence, des recherches sur l’épilepsie réfractaire de l’enfant, l’atténuation des douleurs liées à la chimiothérapie, les maladies inflammatoires, les maladies neurodégénératives et la douleur chronique.La recherche clinique s’organise aussi autour des médicaments en attente. Dans le cadre d’une convention-cadre signée en février 2025 avec l’Université Abdelmalek Essaâdi, l’ANRAC a conclu une convention spécifique avec la Faculté de médecine et de pharmacie de Tanger et le CHU Mohammed VI de Tanger pour une étude clinique sur l’utilisation du cannabis dans le traitement de l’épilepsie réfractaire chez l’enfant, à partir des médicaments développés par Sothema. Le sujet a par ailleurs été débattu dans une dizaine de manifestations scientifiques en deux ans, du congrès de gériatrie de Tanger en janvier 2025 à la journée de la Société marocaine des sciences médicales du 6 juin 2026 à Casablanca, en passant par le colloque de l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé (UM6SS) sur les applications cliniques du CBD en janvier 2026.
Le Maroc s’inscrit ainsi dans un mouvement international engagé depuis 2020, date à laquelle la Commission des stupéfiants des Nations unies a reconnu, sur recommandation de l’Organisation mondiale de la santé, l’intérêt thérapeutique du cannabis. Son usage médical est établi ou étudié dans les épilepsies sévères de l’enfant, la spasticité liée à la sclérose en plaques, les douleurs neuropathiques chroniques, la fibromyalgie, l’arthrite inflammatoire, les troubles du sommeil et l’autisme chez l’enfant et l’adolescent. Il reste au Royaume à franchir le dernier kilomètre, celui qui sépare l’AMM de l’ordonnance.
