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Vendredi 09 Octobre 2026
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Discours Royal au Parlement : les orientations de S.M. le Roi pour une nouvelle étape de développement

À l’ouverture de la 12e législature, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a fixé les grandes orientations d’une nouvelle étape pour le Maroc. Ambition économique, justice sociale et territoriale, souveraineté dans les secteurs stratégiques, emploi des jeunes, renforcement du rôle du secteur privé, accélération de la régionalisation et refonte de la coopération migratoire : le discours du Souverain dessine une feuille de route qui dépasse le seul cadre du nouveau mandat parlementaire et gouvernemental. Avec une exigence centrale : traduire les ambitions nationales en réalisations concrètes, au plus près des attentes des citoyens.

10 octobre 2025 : Ouverture de la première session de la 5ème année législative de la 11ème Législature. Ph. Archives
10 octobre 2025 : Ouverture de la première session de la 5ème année législative de la 11ème Législature. Ph. Archives
Le Maroc aborde une nouvelle étape de son développement, porteuse d’opportunités mais aussi d’exigences accrues en matière de gouvernance et d’efficacité de l’action publique. C’est le sens du discours adressé, vendredi 9 octobre 2026, par Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Parlement, à l’occasion de l’ouverture de la première session de la première année législative de la 12e législature.

Dès l’entame de Son discours, le Souverain a situé les enjeux de cette nouvelle étape dans une conjoncture qu’Il a qualifiée d’« exceptionnelle », marquée par des opportunités « qui pourraient ne pas se renouveler ». Une manière de souligner l’importance des choix à opérer et la nécessité de saisir les possibilités qui s’offrent au Royaume pour consolider ses acquis et accélérer sa transformation.

L’ambition exprimée est claire : faire du nouveau mandat législatif et gouvernemental un « véritable tournant » pour un Maroc qui entend poursuivre son affirmation comme puissance économique émergente et fiable, tout en recherchant un équilibre entre les impératifs de croissance et ceux d’une justice sociale et spatiale renforcée.

Mais le discours va au-delà de la définition des priorités du prochain quinquennat. Il aborde les fondements de la souveraineté économique, les responsabilités du secteur privé, les perspectives offertes à la jeunesse, les blocages institutionnels qui freinent le développement territorial et les nouvelles exigences de la coopération internationale. Autant de dimensions qui dessinent les contours d’une transformation dont la réussite dépendra autant de la pertinence des stratégies que de leur mise en œuvre effective.

Croissance et justice sociale : les deux exigences du nouveau cycle de développement

L’un des principaux messages du discours réside dans l’articulation entre l’ambition économique du Maroc et la nécessité de renforcer la justice sociale et territoriale. En appelant à poursuivre la construction d’une puissance économique émergente et fiable, S.M. le Roi réaffirme l’importance de la dynamique de développement engagée par le Royaume. Mais cette ambition doit s’accompagner d’une amélioration de la répartition des fruits de la croissance et d’une réduction des disparités entre les territoires.

La justice sociale et spatiale apparaît ainsi comme une composante à part entière du modèle de développement recherché, et non comme un objectif distinct de la performance économique. Cette orientation prend une dimension particulière à l’heure où le Maroc poursuit plusieurs grands chantiers structurants. Pour le Souverain, la prochaine étape devra permettre de consolider les acquis tout en veillant à ce que les transformations économiques se traduisent par des progrès tangibles dans les conditions de vie des citoyens.

Cette exigence traverse l’ensemble du discours. Elle se retrouve dans les orientations relatives à l’emploi, à l’éducation, à l’investissement productif, à la qualité des services publics et au développement des régions.

Eau, énergie, alimentation, industrie et IA : une nouvelle génération de stratégies nationales

Sur le plan économique, le discours annonce une évolution importante des priorités stratégiques du Royaume. Tout en appelant à poursuivre les projets d’infrastructures déjà engagés, S.M. le Roi a souligné la nécessité de lancer une nouvelle génération de grandes stratégies dans plusieurs secteurs déterminants pour l’avenir du pays.

La sécurité hydrique, énergétique et alimentaire figure au premier rang de ces priorités. À ces trois dimensions s’ajoutent l’émergence industrielle, l’économie numérique et l’intelligence artificielle. Cette orientation traduit la volonté de renforcer les capacités du Maroc dans des domaines qui conditionnent à la fois sa résilience, sa compétitivité et son positionnement dans une économie mondiale en profonde mutation.

La place accordée à l’intelligence artificielle et à l’économie numérique témoigne notamment de l’importance que devront prendre les transformations technologiques dans les futures politiques de développement. Leur intégration aux côtés de l’industrie et des secteurs de souveraineté souligne la nécessité d'articuler modernisation productive, innovation et maîtrise des ressources stratégiques. Le Souverain a également renouvelé Son appel à accélérer la constitution des réserves stratégiques et la sécurisation des approvisionnements en produits de première nécessité.

Dans un environnement international marqué par l’accélération des mutations géoéconomiques, cette priorité renvoie à la nécessité pour le Royaume de renforcer sa capacité d’anticipation et de réduire sa vulnérabilité face aux perturbations extérieures.

L’enjeu n’est donc pas uniquement de poursuivre la croissance, mais de consolider les fondements d’une économie capable de faire face aux incertitudes tout en saisissant les nouvelles opportunités de développement.

Investissement, innovation et emploi : le secteur privé appelé à prendre toute sa place

Autre message fort : la transformation économique du Maroc ne peut reposer sur la seule impulsion publique. S.M. le Roi a appelé le secteur privé à renforcer son rôle en tant qu’acteur stratégique du développement du Royaume. Le Souverain l’a exhorté à faire preuve de davantage d’initiative, de créativité et d’ambition, notamment en matière d’investissement, de création d’emplois et d’exportation. Cet appel place les entreprises devant une responsabilité accrue dans la concrétisation des ambitions économiques nationales. Au-delà de leur contribution à la production de richesses, elles sont invitées à participer plus activement à l’émergence de nouvelles activités, au développement des capacités productives et à l’ouverture de débouchés sur les marchés extérieurs.

La création d’opportunités d’emploi occupe une place centrale dans cette orientation. Elle établit un lien direct entre le dynamisme entrepreneurial et la réponse aux attentes sociales, particulièrement celles des jeunes. Le discours met ainsi en évidence la complémentarité attendue entre les stratégies publiques et l’initiative privée. L’État fixe les grandes orientations et engage les réformes nécessaires, tandis que les entreprises sont appelées à transformer les opportunités économiques en investissements, en activités et en emplois. Dans cette perspective, la mobilisation du secteur privé constitue l’un des leviers essentiels de la réussite du nouveau cycle de développement.

Jeunesse : faire de l’égalité des chances et de l’ascension sociale une priorité

La jeunesse constitue un autre axe majeur des orientations Royales. S.M. le Roi a demandé que les questions qui la concernent soient placées en tête des politiques publiques et des préoccupations des instances de gouvernance, à travers une vision intégrée reposant sur trois dimensions : l’éducation, la qualification et l’insertion économique. L’objectif est de garantir une véritable égalité des chances et de permettre aux jeunes de disposer des moyens nécessaires pour construire leur avenir. Le discours établit à cet égard un lien explicite entre les perspectives d’ascension sociale et la confiance dans les institutions.

En offrant aux jeunes davantage de possibilités de progresser dans l’échelle sociale, le Maroc doit également renforcer leur conviction que les institutions et les opportunités offertes par leur pays peuvent répondre à leurs aspirations. Cette approche dépasse la seule problématique de l’emploi. Elle pose la question de la cohérence entre les politiques éducatives, les dispositifs de formation, les besoins de l’économie et les mécanismes d’insertion professionnelle. Elle inscrit également la jeunesse au cœur de la justice sociale évoquée dans les premières orientations du discours. L’enjeu sera donc de faire converger ces différentes politiques autour de parcours capables d’offrir aux nouvelles générations des perspectives réelles de mobilité sociale, dans un environnement garantissant liberté, dignité et stabilité.

Régionalisation et déconcentration : le Souverain exige la fin des retards

C’est sans doute sur le terrain de la gouvernance territoriale que le discours prend son ton le plus ferme. S.M. le Roi a clairement identifié l’action territoriale comme l’un des enjeux majeurs de la prochaine étape. Il s’agit de partir des problèmes réels de chaque région pour leur apporter des solutions adaptées et réalisables. Cette approche place les territoires au centre de l’efficacité des politiques publiques.

Le Souverain a toutefois relevé la persistance de retards et de dysfonctionnements qui entravent l’opérationnalisation de la décentralisation et de la déconcentration administrative. Ces blocages affectent directement les programmes de développement socio-économique et limitent la capacité des institutions à répondre aux préoccupations des citoyens.

Le message Royal est sans équivoque : « aucun retard ni atermoiement n'est plus tolérable » dans la mise en œuvre pleine et entière de la Charte de la déconcentration. Cette exigence concerne notamment le transfert effectif des compétences, mais aussi la réaffectation des ressources humaines et financières de l’administration centrale vers les provinces et les régions. Le discours insiste également sur la nécessité de lever les obstacles qui continuent de freiner le fonctionnement des institutions régionales. Il s’agit de clarifier leurs compétences, de renforcer leurs moyens humains et matériels et de mieux organiser leurs relations avec l’État.

La coordination et la contractualisation entre les différents niveaux de gouvernance occupent ici une place essentielle. Elles doivent permettre aux régions de disposer des capacités de décision et d’exécution nécessaires à la réalisation des projets. La régionalisation avancée et la déconcentration ne peuvent donc produire pleinement leurs effets sans une redistribution effective des responsabilités et des moyens.

Le Souverain ne se limite donc pas à réaffirmer l’importance de ces réformes. Il met l’accent sur les conditions concrètes de leur fonctionnement et sur la nécessité de dépasser les blocages qui en retardent les résultats. Cette orientation rejoint directement les objectifs de justice spatiale, d’amélioration des services publics et d’encouragement de l’investissement productif. Elle fait de la gouvernance territoriale l’un des principaux leviers de la transformation économique et sociale du Royaume.

Migration et coopération internationale : le Maroc prépare une nouvelle approche de ses partenariats

Sur le plan international, le discours comporte également des messages importants concernant le positionnement du Maroc et l’évolution de ses relations avec ses partenaires. S.M. le Roi a rappelé que le Royaume avait conforté sa place sur la scène internationale en tant que partenaire responsable et fiable, attaché au respect de ses engagements. Cette fiabilité implique, rappelle le Souverain, une exigence de réciprocité dans les relations avec les autres pays. C’est dans ce cadre qu’Il a abordé la question migratoire, en dressant un constat critique du modèle actuel de coopération.

Tout en soulignant les résultats obtenus grâce à l’approche équilibrée adoptée par le Maroc, le Souverain a estimé que ce modèle avait atteint ses limites, comme en témoignent les crises récurrentes. Le discours évoque particulièrement le partenariat avec l’Espagne, dont les avancées dans plusieurs domaines, notamment la lutte contre l’immigration irrégulière, sont reconnues. S.M. le Roi a néanmoins pointé les difficultés liées à certaines dispositions légales jugées dépassées et à des décisions judiciaires éloignées des réalités du terrain. Ces obstacles compliquent notamment le rapatriement des mineurs et des personnes usurpant le statut de réfugié, tout en favorisant les activités des réseaux criminels.

Face à cette situation, le Souverain a réaffirmé le caractère souverain et volontaire des partenariats conclus par le Maroc, qui ne sauraient être soumis à des pressions, des menaces ou des formes de chantage.

Mais le discours ne se limite pas à ce constat. Il comporte une annonce importante : le Maroc présentera à ses partenaires un document exposant une nouvelle vision stratégique de la coopération, fondée sur le codéveloppement, la compétitivité économique et la stabilité régionale. Cette orientation ouvre la perspective d’une approche plus large des partenariats, dans laquelle la gestion des flux migratoires serait articulée à des objectifs de développement économique et de stabilité. Elle traduit également la volonté du Royaume de faire évoluer les cadres de coopération à partir d’une vision qu’il entend lui-même proposer à ses partenaires.

Parlement : un mandat placé sous le signe de la responsabilité envers les citoyens

En conclusion de Son discours, S.M. le Roi Mohammed VI s’est directement adressé aux parlementaires pour leur rappeler la portée de la mission qui leur a été confiée. Le Souverain a défini le mandat parlementaire comme un « engagement politique et un contrat moral » liant les élus aux citoyens.

Ce rappel prend une signification particulière à l’ouverture d’une nouvelle législature, appelée à accompagner des transformations économiques, sociales et institutionnelles majeures. Il souligne que la confiance exprimée par les électeurs implique une responsabilité qui dépasse l’exercice formel des fonctions parlementaires.

À travers leur mission législative, leur rôle de contrôle et leur contribution au débat public, les représentants de la Nation sont appelés à prendre part à la concrétisation des grandes orientations du pays, dans le respect de leurs attributions constitutionnelles. Le discours établit ainsi un lien entre les ambitions nationales et la responsabilité des institutions chargées de les accompagner. Cette exigence concerne, plus largement, l’ensemble des acteurs impliqués dans l’action publique : gouvernement, administrations, collectivités territoriales et institutions de gouvernance, chacun dans le cadre de ses compétences.

Au-delà des orientations sectorielles et institutionnelles, le discours Royal repose sur une idée qui traverse l’ensemble de ses messages : les acquis du Maroc doivent constituer un point d’appui pour poursuivre sa transformation, et non un motif d’autosatisfaction.

En réaffirmant Sa fierté de la marocanité, de l’histoire du Royaume, de son identité et de ses réalisations, S.M. le Roi a pris soin de préciser que cette fierté nationale doit se traduire en responsabilité et en devoir.

La consolidation de la puissance économique, la justice sociale et territoriale, la souveraineté dans les secteurs stratégiques, la mobilisation du secteur privé, l’amélioration des perspectives offertes aux jeunes et l’accélération des réformes institutionnelles participent d’une même ambition nationale.

La coopération internationale s’inscrit, elle aussi, dans cette logique, avec la volonté de renforcer la place du Maroc comme partenaire fiable, tout en affirmant ses choix souverains.

En fixant les priorités du nouveau mandat tout en rappelant les responsabilités de chacun, le discours du 9 octobre trace ainsi les contours d’un cycle de développement où l’ambition économique doit aller de pair avec l’efficacité institutionnelle et le progrès social.
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