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Mercredi 08 Avril 2026
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Parlement : une session législative décisive s’ouvre ce vendredi

À la veille de l’ouverture de la session parlementaire printanière, ultime rendezvous législatif de la mandature, le Parlement marocain s’apprête à examiner une série de textes attendus, entre projets déjà mûrs, réformes discutées et dossiers encore en suspens. Dans un contexte de fin de cycle, cette session s’annonce déterminante pour faire avancer plusieurs chantiers, tout en révélant les équilibres – parfois délicats – qui accompagnent l’élaboration des lois.

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À moins de deux jours de l’ouverture de la session parlementaire printanière, prévue ce vendredi 10 avril, le Parlement marocain s’apprête à entamer ce qui s’apparente à un sprint final. Dernière session de la législature en cours, elle concentre à elle seule les enjeux d’un mandat marqué par une ambition réformatrice importante, mais aussi par des défis dans la conduite de certains dossiers structurants.



Dans ce contexte de fin de cycle, le calendrier s’annonce d’emblée particulièrement chargé. Plusieurs projets de loi importants, parfois déjà bien avancés dans leur parcours législatif, attendent d’être examinés ou finalisés. Parmi eux figurent notamment les textes relatifs au Conseil national de la presse, aux experts judiciaires ou encore à l’organisation de la profession des adouls. Autant de chantiers qui traduisent une volonté de structuration et de modernisation de plusieurs secteurs, dans un contexte où les attentes en matière de résultats sont élevées.

Des textes «prêts», mais révélateurs d’un certain rythme soutenu

Dans la continuité de cet agenda dense, plusieurs projets sont déjà engagés dans les circuits parlementaires, certains ayant même fait l’objet de discussions détaillées en commission. C’est le cas notamment du projet de loi sur les experts judiciaires ou encore de celui relatif à la réorganisation du Conseil national de la presse. Ce dernier illustre les impondérables qui pourraient marquer le processus législatif. Après avoir été adopté une première fois, le texte a été partiellement invalidé par la Cour constitutionnelle, ce qui a conduit à sa réintroduction dans une nouvelle version. Cette étape met en lumière le rôle des mécanismes institutionnels dans l’amélioration des textes et le respect des équilibres constitutionnels. Dans ce contexte, la volonté d’accélérer l’adoption de certains projets, notamment celui encadrant le Conseil de la presse, répond à la fois à des impératifs institutionnels et au souci d’aboutir à des dispositifs opérationnels avant la fin de la législature.

Quand le consensus se construit difficilement

Cependant, au-delà de ces textes relativement avancés, la session printanière sera aussi marquée par des projets de loi hautement polémiques. En tête de liste figure celui relatif à l’organisation de la profession d’avocat, qui a mobilisé les professionnels du secteur. Les réserves exprimées portent notamment sur l’équilibre entre encadrement institutionnel et préservation de l’indépendance de la profession. Le dialogue engagé entre le gouvernement et les représentants des avocats témoigne ainsi des efforts en cours pour rapprocher les positions et aboutir à un texte consensuel.

Dans le même esprit, le projet de loi encadrant la profession des adouls continue de susciter des réactions polarisées. Les mouvements de protestation récents traduisent des préoccupations au sein de la profession, plaçant le Parlement, notamment la Chambre des conseillers, devant la nécessité de concilier modernisation du cadre juridique et prise en compte des attentes des professionnels.

Les grands absents : des réformes structurantes en suspens

Par ailleurs, l’attention se porte également sur certaines réformes majeures qui n’ont pas encore franchi le cap de l’examen parlementaire. En effet, plusieurs textes structurants, annoncés de longue date, restent entourés d’incertitudes quant à leur calendrier. C’est le cas du projet de réforme du Code pénal, qui continue de faire l’objet de discussions au sein de la majorité, reflétant la sensibilité des enjeux qu’il soulève. De même, la révision du Code de la famille (Moudawana), bien qu’identifiée comme prioritaire, avance de manière discrète, dans l’attente d’arbitrages finaux. Ces situations traduisent surtout la complexité de ces réformes, qui nécessitent un large consensus, compte tenu de leurs implications sociales et politiques.

Une session révélatrice d’un bilan en construction

Au regard de ces éléments, cette dernière session printanière apparaît comme une étape importante pour consolider les acquis et faire avancer plusieurs chantiers en cours. Entre textes à finaliser, projets débattus et réformes encore en préparation, le Parlement aborde cette échéance dans un contexte exigeant mais structurant. En définitive, cette session pourrait contribuer à clarifier les priorités législatives et à poser les bases des évolutions à venir, dans la continuité du travail engagé au cours de la législature.
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