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Programme gouvernemental 2026-2031 : les sept grandes priorités annoncées par El Mansouri

La Cheffe du gouvernement, Fatima-Zahra El Mansouri, a présenté, lundi 19 octobre, devant le Parlement, les grandes orientations du programme gouvernemental pour la période 2026-2031. Articulée autour de sept priorités, cette feuille de route prévoit notamment de porter l'aide sociale directe à 1.000 dirhams, de relever progressivement les pensions minimales à 3.000 dirhams, de renforcer l'insertion professionnelle des jeunes et d'accélérer les investissements dans les secteurs stratégiques. L'Exécutif ambitionne également d'atteindre une croissance annuelle moyenne de 5 %, tout en consolidant les finances publiques.

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La nouvelle équipe gouvernementale a dévoilé sa feuille de route pour les cinq prochaines années. Devant les deux Chambres du Parlement, réunies pour la présentation du programme gouvernemental conformément à l'article 88 de la Constitution, Fatima-Zahra El Mansouri a exposé les engagements de son Exécutif pour la période 2026-2031, en plaçant la protection du pouvoir d'achat, l'emploi, la qualité des services publics et la réduction des disparités territoriales au cœur de son action.

Reconnaissant que les avancées économiques et sociales enregistrées par le Royaume n'ont pas bénéficié de manière égale à toutes les catégories de la population et à tous les territoires, Mme El Mansouri a insisté sur la nécessité de changer d'approche dans la conduite des politiques publiques. L'objectif affiché consiste à passer de l'élargissement de la couverture sociale à l'amélioration effective des prestations, du volume des investissements à leur rendement économique et social, et de la multiplication des programmes à leur complémentarité et à leurs résultats concrets. Cette orientation s'inscrit, souligne la Cheffe du gouvernement, dans la continuité des réformes engagées sous la conduite de S.M. le Roi Mohammed VI, des orientations Royales et des ambitions du Nouveau Modèle de Développement à l'horizon 2035. Elle intervient également dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, les mutations des chaînes de production, l'accélération de l'intelligence artificielle et les pressions croissantes du changement climatique.



Le programme gouvernemental repose ainsi sur sept priorités complémentaires, allant de la consolidation de l'État de droit à la construction d'une économie capable de financer les ambitions sociales et stratégiques du pays. La jeunesse constitue, selon Mme El Mansouri, une préoccupation transversale, appelée à se retrouver dans l'ensemble des politiques publiques.

1. État de droit : renforcer les institutions, la justice et la régionalisation avancée

La première priorité porte sur la consolidation de l'État de droit, le renforcement des institutions et l'approfondissement de la pratique démocratique. Pour la Cheffe du gouvernement, la restauration de la confiance dans l'action publique passe par une meilleure protection des droits et libertés, une participation citoyenne accrue et un dialogue institutionnel ouvert, y compris avec l'opposition parlementaire.

L'Exécutif prévoit notamment de lancer un programme de modernisation de la justice visant à faciliter l'accès des citoyens aux juridictions et à renforcer la sécurité juridique. Il entend également poursuivre les réformes législatives et institutionnelles relatives aux droits humains et intégrer davantage cette dimension dans l'élaboration et l'évaluation des politiques publiques.

La promotion des droits des femmes occupe une place importante dans ce premier axe. Le gouvernement s'engage à renforcer leur autonomisation économique à travers l'accès à un emploi décent, le soutien à l'entrepreneuriat et l'indépendance financière. La lutte contre les violences faites aux femmes, l'amélioration des mécanismes de protection et l'élargissement de leur participation aux postes de décision figurent également parmi les engagements annoncés.

Sur le plan territorial, Mme El Mansouri entend accélérer la mise en œuvre de la régionalisation avancée. Cette réforme doit notamment passer par une clarification des compétences des régions, une modernisation des mécanismes d'exécution des projets et un renforcement de leur autonomie financière.

Le gouvernement prévoit ainsi de porter les transferts financiers destinés aux régions à au moins 12 milliards de dirhams à partir de 2027.

Parallèlement, l'Exécutif compte généraliser les contrats-programmes entre l'État et les régions, en les associant à des objectifs précis en matière d'emploi, d'investissement et de réduction des disparités territoriales. L'accélération de la déconcentration administrative et le déploiement d'une nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré doivent accompagner cette évolution.

2. Lutte contre la corruption : criminaliser l'enrichissement illicite et combattre les situations de rente

La deuxième priorité concerne la moralisation de la vie publique et la lutte contre la corruption, les conflits d'intérêts et les situations de rente. Le gouvernement considère que le rétablissement de la confiance dans les institutions exige des mesures concrètes pour renforcer la transparence et prévenir les abus.

Parmi les engagements annoncés figurent la criminalisation de l'enrichissement illicite, la sanction des conflits d'intérêts conformément à l'article 36 de la Constitution, le renforcement du dispositif de déclaration obligatoire du patrimoine et la pénalisation de la divulgation d'informations dans le but d'obtenir des avantages indus.

L'Exécutif prévoit également une réforme structurelle de l'organisation des marchés afin de lutter contre les pratiques monopolistiques et les intermédiaires opportunistes. Un mécanisme spécifique, doté de moyens adaptés, devrait être mis en place en coordination avec le Conseil de la concurrence.

La commande publique fera, elle aussi, l'objet d'une attention particulière. Le gouvernement entend renforcer les dispositifs de contrôle des marchés publics et les moyens d'investigation sur les pratiques de collusion dans les appels d'offres.

Au-delà de la transparence, l'objectif consiste à faire de la commande publique un instrument de développement du tissu productif national. Dans cette perspective, le programme prévoit d'imposer légalement aux donneurs d'ordre publics de réserver 30 % de la valeur de leurs marchés aux petites et moyennes entreprises marocaines. Cette mesure vise à améliorer l'accès des PME aux opportunités économiques générées par les investissements publics et à renforcer leur participation à la création de valeur.

3. Identité et cohésion sociale : 2 milliards de dirhams pour renforcer l'officialisation de l'amazighe

La troisième priorité vise à préserver l'identité marocaine dans sa diversité, à consolider les valeurs de solidarité et à renforcer la cohésion sociale. Le gouvernement place la famille au centre de cette orientation, en la considérant comme un pilier de l'équilibre de la société.

L'Exécutif s'engage à poursuivre la mise en œuvre de la réforme du Code de la famille conformément aux orientations de S.M. le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine. Il prévoit également une politique intégrée en faveur des enfants, des jeunes et des personnes âgées, ainsi que des mesures destinées à renforcer la protection des femmes, des enfants et des personnes en situation de handicap.

La lutte contre les discriminations et la promotion de l'égalité des chances seront accompagnées d'un renforcement des institutions constitutionnelles compétentes en matière de droits, d'égalité et de parité.

Sur le plan des libertés publiques, le gouvernement annonce des mesures pour améliorer la protection des données personnelles, simplifier les procédures d'autorisation des associations et rendre plus effectif le droit d'accès à l'information.

L'une des principales annonces de ce volet concerne l'officialisation de la langue amazighe. Un fonds spécial doté de 2 milliards de dirhams sera créé, parallèlement à l'installation d'une commission ministérielle permanente auprès de la Cheffe du gouvernement.

Cette instance sera chargée de suivre l'intégration de l'amazighe dans l'enseignement, l'administration, la justice, les médias et la signalisation publique. Un rapport annuel devra présenter les indicateurs permettant d'évaluer les progrès réalisés.

Le programme prévoit également de renforcer la préservation du patrimoine, de réduire les disparités territoriales dans l'accès à la culture et de mieux valoriser la contribution du secteur culturel au développement et à l'attractivité touristique.

Enfin, une politique intégrée sera consacrée aux Marocains du monde afin de faciliter leur participation à la vie nationale, d'améliorer les services qui leur sont destinés et de soutenir leur contribution au développement du Royaume.

4. Pouvoir d'achat et État social : aide directe à 1.000 DH, pensions minimales à 3.000 DH et réforme des services publics

La quatrième priorité constitue l'un des volets les plus développés du programme gouvernemental. Elle rassemble les mesures relatives au pouvoir d'achat, à la protection sociale, aux retraites, à la santé, à l'éducation et au logement. L'objectif annoncé est de garantir des conditions de vie dignes aux citoyens, tout en améliorant l'efficacité des mécanismes de solidarité et la qualité des services publics.

Pour faire face à la hausse du coût de la vie, l'Exécutif prévoit une stratégie reposant sur l'amélioration des revenus des ménages, la maîtrise des facteurs de renchérissement des prix et le renforcement de la protection sociale.

Concernant les produits alimentaires, le gouvernement entend élaborer des plans d'approvisionnement pour les produits stratégiques, rapprocher les producteurs des consommateurs à travers des entreprises régionales et des plateformes professionnelles de collecte et de commercialisation, et réorganiser les circuits de distribution des viandes et des poissons. Il prévoit également d'encadrer les relations entre les exportations et l'approvisionnement du marché national à travers des règles transparentes et stables.

Parmi les mesures annoncées figure la prise en charge automatique des factures mensuelles d'électricité ne dépassant pas 100 dirhams, au titre de la résidence principale des ménages éligibles. Cette compensation sociale sera accordée sans demande sur support papier ni déplacement administratif.

Le programme prévoit également une réforme progressive de l'impôt sur le revenu, destinée à augmenter le revenu net des salariés et à encourager l'emploi déclaré.

Aide sociale directe : de 500 à 1.000 dirhams d'ici 2031

L'une des annonces majeures concerne la revalorisation de l'aide sociale directe. La Cheffe du gouvernement s'est engagée à porter son montant de 500 à 1.000 dirhams à la fin du mandat, soit à l'horizon 2031. Cette augmentation s'accompagnera d'une réorientation du ciblage des aides sociales sur la base des revenus effectifs des ménages. Le gouvernement souhaite également faire de ce dispositif un instrument d'insertion économique et sociale, parallèlement à l'élargissement de l'accès à l'indemnisation pour perte d'emploi.

L'Exécutif prévoit, en outre, d'accélérer le chantier de généralisation de la protection sociale afin de garantir une couverture médicale effective et de préserver la viabilité de l'Assurance maladie obligatoire.

Retraites : un minimum de 3.000 dirhams et une pension de réversion intégrale pour les veuves

La réforme des retraites constitue un autre engagement important. Mme El Mansouri a annoncé la volonté du gouvernement d'engager une réforme globale des régimes, en concertation avec les partenaires sociaux et économiques. Selon la Cheffe du gouvernement, cette réforme ne doit pas se limiter à la question de l'âge de départ, des taux de cotisation ou des modalités de calcul des pensions. Elle devra également permettre d'élargir la protection aux personnes ne bénéficiant d'aucune retraite, de rapprocher les droits et obligations entre les différents régimes et de garantir leur soutenabilité financière.

Dans cette perspective, le programme prévoit le relèvement progressif du minimum des pensions principales à 3.000 dirhams par mois dans les différents régimes.

Autre mesure annoncée : les veuves devraient pouvoir bénéficier d'une pension de réversion correspondant à 100 % de la pension principale due à leur conjoint décédé, contre 50 % actuellement, selon les termes du discours. Le gouvernement précise que cette évolution devra préserver les droits des orphelins et des autres ayants droit.

La mise en œuvre de cette réforme devra s'inscrire dans un calendrier défini, assorti d'objectifs, d'étapes de réalisation et de financements identifiés, tout en préservant les droits acquis.

Santé : améliorer l'accès aux soins et réformer les urgences

Dans le domaine de la santé, le gouvernement souhaite dépasser la seule généralisation de la couverture médicale pour garantir un accès effectif, équitable et continu à des prestations de qualité.

Le programme prévoit de réduire les déficits territoriaux en matière d'offre de soins, d'organiser les parcours de prise en charge des patients et de réformer les conditions d'accueil dans les établissements de santé, particulièrement au niveau des services d'urgence.

L'Exécutif s'engage également à généraliser les services d'aide médicale urgente et à mettre en place un système national d'information sanitaire unifié. Ces mesures devront accompagner la poursuite de la réforme institutionnelle du secteur, le renforcement des ressources humaines et l'amélioration des conditions d'exercice dans la fonction publique sanitaire.

Éducation : 80 % des élèves maîtrisant les apprentissages fondamentaux en 2031

La réforme de l'enseignement figure également parmi les principaux engagements sociaux du programme. Le gouvernement entend concentrer ses efforts sur l'amélioration des acquis scolaires, au-delà de la seule généralisation de l'accès à l'école. Il fixe ainsi l'objectif de porter à au moins 80 % la proportion d'élèves maîtrisant les apprentissages et compétences fondamentales d'ici 2031.

Pour y parvenir, l'Exécutif prévoit de poursuivre le développement et la généralisation du modèle des établissements pionniers, d'élaborer un référentiel national obligatoire des apprentissages fondamentaux et de renforcer les évaluations diagnostiques régulières.

Le soutien pédagogique individualisé et le recours aux outils numériques pour suivre la progression des élèves doivent également contribuer à améliorer les résultats scolaires.

Autre engagement : atteindre l'objectif de « zéro abandon scolaire » à l'horizon 2030. Le gouvernement compte mettre en place un dispositif national de détection précoce des élèves menacés de décrochage, accompagné d'un suivi individualisé.

Les élèves ayant quitté le système scolaire devront être orientés vers des solutions adaptées, notamment la réintégration dans l'enseignement, la formation professionnelle ou l'apprentissage.

Logement : 100.000 habitations rurales et une aide de 40.000 dirhams

Le logement constitue le dernier grand chantier de cette quatrième priorité. Le gouvernement souhaite faire évoluer la politique de l'habitat vers une approche davantage centrée sur les besoins des ménages, le coût du logement et la qualité du cadre de vie.

Le programme prévoit de poursuivre les dispositifs d'aide à l'accession à la propriété, tout en développant une offre nationale de logements destinés à la location. Des solutions spécifiques seront également étudiées pour les fonctionnaires exerçant dans des secteurs confrontés à des difficultés de recrutement.

En milieu rural, 100.000 logements devront être construits ou réhabilités pendant le mandat, notamment dans les centres ruraux émergents.

Les ménages éligibles pourront bénéficier d'une aide directe de 40.000 dirhams, accompagnée d'une assistance technique gratuite.

Pour faciliter la réalisation de ces projets, le gouvernement annonce l'élaboration d'une loi relative à l'urbanisme en milieu rural. Celle-ci devra simplifier les procédures de construction et permettre la régularisation des bâtiments existants, sous réserve du respect des conditions de sécurité et des droits des tiers.

5. Emploi des jeunes : 100.000 formations et 100.000 premières expériences professionnelles par an

La cinquième priorité est consacrée à l'intégration des jeunes dans l'éducation, la formation et l'emploi décent. Le gouvernement entend répondre à une situation qu'il juge préoccupante, en particulier pour les jeunes qui se trouvent durablement éloignés du marché du travail.

Dans son discours, Mme El Mansouri a rappelé que près de 2,9 millions de jeunes âgés de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en formation, ni dans le système éducatif. Le taux de chômage des 15-24 ans atteint, selon les chiffres présentés, 29,2 %, tandis qu'environ 300.000 élèves quittent chaque année l'école sans qualification.

Pour répondre à ces difficultés, l'Exécutif prévoit de lancer, dès 2027, un programme national d'accompagnement social et territorial, articulé autour de plusieurs objectifs quantifiés.

Le premier consiste à assurer chaque année la formation de 100.000 jeunes en fonction des besoins exprimés par les entreprises. Le deuxième vise à permettre à 100.000 autres jeunes d'accéder annuellement à une première expérience professionnelle.

Parallèlement, le gouvernement entend porter la capacité de formation par apprentissage à 150.000 à 200.000 bénéficiaires par an.

Le soutien à l'entrepreneuriat figure également dans ce dispositif. L'Exécutif prévoit d'accompagner 60.000 entreprises afin de favoriser leur développement et leur pérennité, à travers des mécanismes d'incubation, de financement, de garantie et d'accès aux marchés publics.

Le programme comprend également un volet consacré à la mobilité professionnelle. Le gouvernement compte activer un passeport de mobilité destiné à soutenir les personnes qui trouvent un emploi en dehors de leur région de résidence, en complément d'un programme de logements locatifs à prix abordables.

Sur le plan international, des accords avec des pays confrontés à des besoins dans certains métiers devront permettre de développer des parcours de mobilité professionnelle légale.

Au-delà de ces mesures, la jeunesse est présentée comme une dimension transversale de l'ensemble du programme gouvernemental. Mme El Mansouri prévoit notamment de renforcer la participation politique et institutionnelle des jeunes, leur insertion dans les projets liés à la Coupe du monde 2030, leur formation aux métiers du numérique et les dispositifs destinés à encourager le retour des compétences marocaines établies à l'étranger.

6. Souveraineté stratégique : eau, énergie, alimentation, numérique et industrie de défense

La sixième priorité vise à renforcer la souveraineté du Maroc dans les secteurs considérés comme stratégiques. Face aux transformations économiques, climatiques et géopolitiques mondiales, le gouvernement souhaite réduire les vulnérabilités du pays en matière d'approvisionnement, de production et de maîtrise technologique.

Énergie : dépasser 52 % d'énergies renouvelables en 2030

Dans le domaine énergétique, l'Exécutif s'engage à accélérer le développement des énergies renouvelables afin de porter leur part à plus de 52 % du mix énergétique à l'horizon 2030, selon la formulation du programme. Cette orientation s'accompagnera de la mise en œuvre de l'Offre Maroc pour l'hydrogène vert et du déploiement progressif de la feuille de route relative aux infrastructures gazières.

Le gouvernement entend également renforcer les mesures d'efficacité énergétique afin de maîtriser la croissance de la demande et d'optimiser la consommation.

Eau : 1,8 milliard de mètres cubes grâce au dessalement d'ici 2031

La sécurité hydrique constitue un autre axe central de cette priorité. Le gouvernement prévoit de diversifier les ressources en eau, notamment en accélérant la construction des barrages dans les régions arides, semi-arides, montagneuses et oasiennes.

Le développement du dessalement occupera une place importante dans cette stratégie, avec un objectif de mobilisation de 1,8 milliard de mètres cubes d'eau à l'horizon 2031.

Des projets de transfert d'eau entre bassins hydrauliques et régions pourront également être réalisés lorsque les besoins le justifient, tout en préservant les équilibres hydriques des territoires concernés.

L'Exécutif prévoit par ailleurs l'élaboration d'un Plan national de l'eau destiné à définir une vision de long terme et à renforcer la cohérence entre les politiques publiques relatives à l'eau, à l'agriculture, à l'énergie, à l'environnement et à l'aménagement du territoire.

Sécurité alimentaire : porter la part des semences nationales à 50 %

En matière de souveraineté alimentaire, le gouvernement souhaite passer d'une logique de soutien conjoncturel à une meilleure maîtrise des facteurs de production.

L'un des principaux objectifs annoncés concerne les semences. Le programme prévoit de porter la part des semences nationales de 20 à 50 % durant la législature.

L'Exécutif entend également sécuriser les stocks stratégiques, renforcer l'approvisionnement du marché national, revoir les dispositifs de stockage des céréales et mieux encadrer les exportations des filières sensibles.

La reconstitution du cheptel constitue une autre priorité. Elle devra notamment passer par un meilleur accès des petits éleveurs aux races à forte productivité, la valorisation des races locales et le renforcement de la surveillance sanitaire et épidémiologique.

Numérique : cybersécurité, intelligence artificielle et protection des données

La souveraineté numérique occupe une place spécifique dans le programme. Le gouvernement annonce la mise en place d'un dispositif national intégré de cybersécurité, destiné à protéger les données et les systèmes d'information vitaux.

Il prévoit également d'élargir l'accès à Internet, particulièrement dans les zones éloignées, et de définir un cadre pour le développement d'une intelligence artificielle sûre et responsable. Ces orientations seront accompagnées de mesures visant à attirer les investissements technologiques et à soutenir les startups innovantes.

Industrie de défense et flotte maritime nationale

Sur le plan industriel, le gouvernement entend renforcer l'intégration du Maroc dans les chaînes de valeur internationales, développer les activités à faible émission de carbone et consolider les infrastructures logistiques et énergétiques. Le programme prévoit également de créer les conditions favorables à l'émergence d'une base industrielle et technologique nationale de défense, notamment à travers l'amélioration du cadre juridique, des dispositifs d'incitation et de la compétitivité du secteur.

Parallèlement, l'Exécutif ambitionne de constituer une flotte maritime commerciale nationale forte et compétitive, tout en accélérant les grands projets portuaires et le développement des zones industrielles et logistiques qui leur sont associées. Ces orientations doivent accompagner le déploiement des initiatives Royales africaines et atlantiques et renforcer le positionnement du Maroc comme plateforme économique et logistique entre l'Europe, l'Afrique et l'espace atlantique.

7. Économie et investissement : une croissance moyenne de 5 % et 26 millions de touristes en 2030

La septième priorité porte sur la construction d'une économie suffisamment productive pour financer les engagements sociaux et les ambitions stratégiques du Royaume. Le gouvernement entend favoriser une croissance créatrice de valeur ajoutée et d'emplois, en renforçant l'industrie, en diversifiant les activités productives et en améliorant la maîtrise des technologies.

L'objectif est également de réduire la dépendance aux importations, notamment pour les produits finis, en développant la production nationale et en renforçant la compétitivité des entreprises marocaines.

L'Exécutif prévoit de poursuivre les investissements dans les infrastructures et les stratégies sectorielles, tout en accompagnant la modernisation de l'agriculture et le développement de l'économie sociale et solidaire, des coopératives et de l'économie du sport.

Tourisme : une nouvelle feuille de route pour atteindre 26 millions de visiteurs

Le secteur touristique fera l'objet d'une nouvelle feuille de route couvrant la période 2027-2030. Le gouvernement se fixe pour objectif d'atteindre 26 millions de touristes à l'horizon 2030, en s'appuyant sur le renforcement de l'offre nationale et les investissements dans les infrastructures. Cette ambition s'inscrit dans la perspective des grands rendez-vous internationaux que le Maroc doit accueillir, notamment la Coupe du monde de football 2030.

Investissement : porter la contribution du privé aux deux tiers du total national

La mobilisation de l'investissement privé constitue un autre levier essentiel du programme. Le gouvernement souhaite porter sa contribution aux deux tiers de l'investissement national. Pour y parvenir, il prévoit de poursuivre la mise en œuvre de la Charte de l'investissement, d'accélérer les projets ayant fait l'objet de conventions et de renforcer la réforme des Centres régionaux d'investissement.

Un accompagnement spécifique sera également consacré aux très petites, petites et moyennes entreprises, notamment en matière de financement, de garanties et d'accès à la commande publique.

L'Exécutif entend par ailleurs travailler avec le secteur financier pour élargir les financements bancaires et non bancaires destinés aux investissements productifs, aux grands projets, à l'innovation, à l'industrialisation et à l'exportation.

La mobilisation de l'épargne nationale, notamment institutionnelle, et la dynamisation des marchés financiers figurent également parmi les orientations annoncées.

Dans le secteur public, le gouvernement prévoit d'accélérer la restructuration du portefeuille des établissements et entreprises publics, avec pour objectif d'améliorer leur situation financière et leur contribution à la réalisation des priorités économiques et sociales.

Croissance, inflation et déficit : les objectifs macroéconomiques pour 2031

Pour soutenir l'ensemble de ces engagements, le gouvernement affiche une trajectoire macroéconomique reposant sur quatre objectifs majeurs.

Croissance annuelle moyenne (2027-2031) : 5 %

Inflation annuelle visée : 2 %

Déficit budgétaire / PIB (2026-2031) : 3 %

Dette publique / PIB en 2031 : ≈ 62 %

Objectifs annoncés dans le programme gouvernemental, et non résultats acquis.

Le gouvernement vise ainsi une croissance économique moyenne de 5 % par an sur la période 2027-2031, tout en maintenant l'inflation autour de 2 % annuellement afin de protéger le pouvoir d'achat et de préserver la stabilité économique.

Sur le plan budgétaire, l'Exécutif entend contenir le déficit autour de 3 % du PIB durant la période 2026-2031. Cet objectif devra être soutenu par l'élargissement de l'assiette fiscale, l'amélioration de l'efficacité des dépenses publiques, les retombées de la croissance et une contribution accrue des établissements et entreprises publics.

La dette publique devrait, pour sa part, suivre une trajectoire descendante pour atteindre environ 62 % du PIB à l'horizon 2031.

Ces engagements traduisent la volonté affichée par le gouvernement de concilier l'augmentation des dépenses consacrées aux priorités sociales et stratégiques avec la préservation des équilibres macroéconomiques.

En conclusion de son intervention, Fatima-Zahra El Mansouri a insisté sur la responsabilité collective que représente la mise en œuvre du programme gouvernemental. Elle a réaffirmé sa volonté de maintenir le dialogue avec les composantes de la majorité et de l'opposition, les partenaires économiques et sociaux, la société civile, les acteurs des droits humains et les médias.

La Cheffe du gouvernement a enfin sollicité la confiance de la Chambre des représentants pour engager la mise en œuvre de cette feuille de route quinquennale, dont les résultats devront, selon les engagements présentés, se mesurer à l'amélioration concrète des conditions de vie des citoyens.
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