À la veille du cinquantième anniversaire de la Marche Verte, célébré le 6 novembre, l’Institut Royal des études stratégiques (IRES) a mis en ligne sur son site institutionnel un ouvrage de 102 pages consacré au Sahara marocain, élaboré sous la direction de son directeur général, Mohammed Tawfik Mouline. Daté de novembre 2025, le document se présente, selon les termes de son liminaire, comme «une lecture rétrospective d’un demi-siècle d’histoire nationale» et comme «un cadre de référence pour saisir la portée de cette commémoration». Il dresse, en sept chapitres, le bilan des acquis politiques, institutionnels, sécuritaires, socio-économiques et diplomatiques du Royaume dans ses provinces du Sud, de la Vision Royale et de l’épopée de la Marche Verte jusqu’à la diplomatie de l’initiative d’autonomie et à l’intégration africaine. Mais c’est par son actualité la plus immédiate que l’ouvrage retient d’abord l’attention.
Le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la Résolution 2797. Le même jour, Sa Majesté le Roi Mohammed VI décrète cette date Fête de l'Unité. Quelques semaines plus tard, l'Institut Royal des études stratégiques publie un ouvrage de sept chapitres intitulé «Le Sahara marocain, de la revendication nationale à la reconnaissance internationale de l'autonomie sous souveraineté du Maroc». Conçu pour le cinquantenaire de la Marche Verte, le document – publié il y a quelques jours – ne s'arrête pas au bilan d'un demi-siècle. Il décrit ce qui reste à accomplir.
Dans le liminaire qu'il signe, Mohammed Tawfik Mouline rappelle que la Résolution 2797 «a réaffirmé que l'Initiative marocaine d'autonomie est la seule voie sérieuse et crédible pour le règlement définitif de ce conflit artificiel». Il ajoute aussitôt que ce «tournant décisif dans l'Histoire du Maroc mérite, par conséquent, d'être couronné, dans un avenir proche, par l'adoption définitive du statut d'autonomie du Sahara sous souveraineté marocaine, par sa radiation de la liste des territoires non autonomes et par le retrait de la qualité de membre de la pseudo “République arabe sahraouie démocratique” de l'Union africaine».
Le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la Résolution 2797. Le même jour, Sa Majesté le Roi Mohammed VI décrète cette date Fête de l'Unité. Quelques semaines plus tard, l'Institut Royal des études stratégiques publie un ouvrage de sept chapitres intitulé «Le Sahara marocain, de la revendication nationale à la reconnaissance internationale de l'autonomie sous souveraineté du Maroc». Conçu pour le cinquantenaire de la Marche Verte, le document – publié il y a quelques jours – ne s'arrête pas au bilan d'un demi-siècle. Il décrit ce qui reste à accomplir.
Dans le liminaire qu'il signe, Mohammed Tawfik Mouline rappelle que la Résolution 2797 «a réaffirmé que l'Initiative marocaine d'autonomie est la seule voie sérieuse et crédible pour le règlement définitif de ce conflit artificiel». Il ajoute aussitôt que ce «tournant décisif dans l'Histoire du Maroc mérite, par conséquent, d'être couronné, dans un avenir proche, par l'adoption définitive du statut d'autonomie du Sahara sous souveraineté marocaine, par sa radiation de la liste des territoires non autonomes et par le retrait de la qualité de membre de la pseudo “République arabe sahraouie démocratique” de l'Union africaine».
Trois objectifs pour «un avenir proche»
Le premier de ces objectifs renvoie à un processus dont le rapport donne les dates. Au chapitre consacré à l'intégration politique des provinces du Sud, le document indique que l'initiative marocaine pour la négociation d'un statut d'autonomie, transmise aux Nations unies le 11 avril 2007, «a fait l'objet d'un processus d'actualisation entre novembre 2025 et fin janvier 2026, visant à l'adapter aux évolutions institutionnelles, régionales et internationales récentes». Cette actualisation répond, selon le même passage, à l'adoption de la Résolution 2797, «laquelle a consacré l'Initiative marocaine d'autonomie comme seule base crédible et réaliste pour la conduite des négociations et le règlement de ce différend».
Le rapport situe l'origine de cette démarche dans le Discours Royal du 31 octobre 2025. Le Souverain y a appelé, écrit l'IRES, «à l'actualisation et à la formulation détaillée de la proposition d'autonomie, en vue de sa soumission ultérieure aux Nations unies». Le document relie cet appel à une déclaration de l'Envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU, Staffan de Mistura, selon laquelle «le vrai travail commence maintenant pour parvenir à une solution mutuellement acceptable à un conflit vieux de 50 ans». Le Royaume, note l'institut, «a répondu par l'affirmative».
Sur le contenu de la version actualisée, le rapport ne livre aucun détail. Il rappelle en revanche les principes de la proposition initiale de 2007, élaborée «avec la participation des représentants des populations sahraouies» : une société démocratique fondée sur l'État de droit, le maintien des compétences souveraines de l'État en matière de défense et de relations extérieures ainsi que des attributions constitutionnelles et religieuses du Roi, Commandeur des croyants, l'attribution à la région de «larges compétences propres» dans les domaines économique, social et culturel, et l'accès aux mécanismes de solidarité nationale. Le document précise que cette proposition reposait aussi sur «la soumission du statut d'autonomie à un référendum, auquel devaient participer les habitants des provinces récupérées et les Sahraouis de la diaspora». Il ne dit pas si cette disposition a été maintenue dans la formulation actualisée.
Le rapport situe l'origine de cette démarche dans le Discours Royal du 31 octobre 2025. Le Souverain y a appelé, écrit l'IRES, «à l'actualisation et à la formulation détaillée de la proposition d'autonomie, en vue de sa soumission ultérieure aux Nations unies». Le document relie cet appel à une déclaration de l'Envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU, Staffan de Mistura, selon laquelle «le vrai travail commence maintenant pour parvenir à une solution mutuellement acceptable à un conflit vieux de 50 ans». Le Royaume, note l'institut, «a répondu par l'affirmative».
Sur le contenu de la version actualisée, le rapport ne livre aucun détail. Il rappelle en revanche les principes de la proposition initiale de 2007, élaborée «avec la participation des représentants des populations sahraouies» : une société démocratique fondée sur l'État de droit, le maintien des compétences souveraines de l'État en matière de défense et de relations extérieures ainsi que des attributions constitutionnelles et religieuses du Roi, Commandeur des croyants, l'attribution à la région de «larges compétences propres» dans les domaines économique, social et culturel, et l'accès aux mécanismes de solidarité nationale. Le document précise que cette proposition reposait aussi sur «la soumission du statut d'autonomie à un référendum, auquel devaient participer les habitants des provinces récupérées et les Sahraouis de la diaspora». Il ne dit pas si cette disposition a été maintenue dans la formulation actualisée.
Le texte onusien et sa lecture marocaine
L'ouvrage reproduit un extrait de la Résolution 2797. Celle-ci, selon la citation retenue par l'IRES, «exhorte les parties à s'engager dans ces discussions sans conditions préalables, en prenant comme base la proposition d'autonomie du Maroc, dans l'objectif de parvenir à une solution politique finale et mutuellement acceptable prévoyant l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, reconnaissant qu'une autonomie véritable pourrait représenter l'issue la plus réalisable». Le rapport présente ce texte comme la consécration de la proposition marocaine «comme la seule base crédible, réaliste et durable pour la poursuite des négociations».
Sur la notion d'autodétermination, le document expose la position du Royaume. Le Maroc, écrit l'IRES, «a choisi l'autonomie parce qu'elle est l'une des trois expressions du droit à l'autodétermination, premier des droits humains qu'il s'efforce d'ancrer dans les mœurs et pratiques de tous les Marocains et dans leur diversité, y compris ses citoyens sahraouis». Le rapport rappelle par ailleurs que «l'option référendaire» prévue par le plan de règlement de 1991 est devenue «caduque et inapplicable», le processus d'identification supervisé par la Minurso ayant été, selon le document, rendu irréalisable «par les adversaires du Royaume eux-mêmes».
Dans sa conclusion, l'institut mentionne deux éléments relatifs aux autres parties. Il relève d'abord que la Résolution 2797 a été adoptée «sans que l'Algérie, porte-drapeau et très souvent porte-parole du Polisario, ne vote contre». Il indique ensuite, en renvoyant à un article du quotidien «Al Arab», que «les responsables du Polisario» ont «laissé entendre» que le plan d'autonomie «s'impose de plus en plus», tandis que «l'offre de médiation américaine» se précise. Le dernier chapitre du rapport affirme qu'en acceptant une formulation détaillée de sa proposition, le Maroc «fait preuve une fois de plus de son esprit d'ouverture et sa disposition à négocier avec les parties concernées sous la supervision américaine».
Sur la notion d'autodétermination, le document expose la position du Royaume. Le Maroc, écrit l'IRES, «a choisi l'autonomie parce qu'elle est l'une des trois expressions du droit à l'autodétermination, premier des droits humains qu'il s'efforce d'ancrer dans les mœurs et pratiques de tous les Marocains et dans leur diversité, y compris ses citoyens sahraouis». Le rapport rappelle par ailleurs que «l'option référendaire» prévue par le plan de règlement de 1991 est devenue «caduque et inapplicable», le processus d'identification supervisé par la Minurso ayant été, selon le document, rendu irréalisable «par les adversaires du Royaume eux-mêmes».
Dans sa conclusion, l'institut mentionne deux éléments relatifs aux autres parties. Il relève d'abord que la Résolution 2797 a été adoptée «sans que l'Algérie, porte-drapeau et très souvent porte-parole du Polisario, ne vote contre». Il indique ensuite, en renvoyant à un article du quotidien «Al Arab», que «les responsables du Polisario» ont «laissé entendre» que le plan d'autonomie «s'impose de plus en plus», tandis que «l'offre de médiation américaine» se précise. Le dernier chapitre du rapport affirme qu'en acceptant une formulation détaillée de sa proposition, le Maroc «fait preuve une fois de plus de son esprit d'ouverture et sa disposition à négocier avec les parties concernées sous la supervision américaine».
Un rapport de forces chiffré
Le rapport mesure l'appui international acquis à l'initiative. Il fait état d'une reconnaissance «de la proposition d'autonomie et de la marocanité du Sahara par 120 pays, dont trois membres permanents du Conseil de sécurité», en citant le site du ministère des Affaires étrangères. Le liminaire évoque, de son côté, un soutien de «près des deux tiers des pays membres des Nations unies». Le document retrace la séquence des ralliements : la reconnaissance américaine de décembre 2020, «réaffirmée en 2021 et en 2025», le revirement espagnol de mars 2022, lorsque Pedro Sánchez a qualifié l'initiative de «base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du conflit», puis la déclaration d'Emmanuel Macron devant les parlementaires à Rabat, fin juillet 2024, selon laquelle «le présent et l'avenir du Sahara s'inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine».
À ces positions s'ajoute, selon l'IRES, un mouvement consulaire. De 2019 à fin septembre 2025, 29 pays, «africains pour la plupart, mais aussi arabes et américains», ont ouvert des consulats à Laâyoune, au nombre de douze, ou à Dakhla, au nombre de dix-sept. Le rapport note que la politique étrangère du Royaume est «pensée depuis août 2022 à travers le prisme du Sahara», le respect de l'intégrité territoriale étant érigé «en condition préalable à tout partenariat ou engagement international».
À ces positions s'ajoute, selon l'IRES, un mouvement consulaire. De 2019 à fin septembre 2025, 29 pays, «africains pour la plupart, mais aussi arabes et américains», ont ouvert des consulats à Laâyoune, au nombre de douze, ou à Dakhla, au nombre de dix-sept. Le rapport note que la politique étrangère du Royaume est «pensée depuis août 2022 à travers le prisme du Sahara», le respect de l'intégrité territoriale étant érigé «en condition préalable à tout partenariat ou engagement international».
Le front de l'Union africaine
Le troisième objectif fixé par le liminaire concerne l'organisation continentale, où la «Rasd» siège toujours. Le document rappelle que le Maroc s'est absenté de l'Organisation de l'Unité africaine puis de l'Union africaine de 1984 à 2017, avant d'y être admis en janvier 2017 avec le soutien de 42 pays «peu avant le Sommet décisif d'Addis-Abeba», soit «plus que les deux tiers requis». Depuis, écrit l'IRES, «moins d'un tiers des États africains reconnaissent encore cette entité et la plupart se garde bien de la soutenir activement». Seuls quelques États demeurent alignés sur la position du polisario et de l'Algérie, «principalement l'Afrique du Sud et certains pays de l'Afrique australe».
Le rapport détaille la méthode suivie à Addis-Abeba. En juillet 2018, le Sommet de Nouakchott a créé une Troïka chargée de suivre le dossier en coordination avec l'ONU, «mettant ainsi fin au poste de l'Envoyé spécial de l'Union africaine pour le Sahara». Le Maroc a été élu au Conseil de paix et de sécurité pour 2018-2020, par 39 voix et 16 abstentions, puis reconduit pour 2022-2025 sur l'un des deux sièges de l'Afrique du Nord, «brigué par l'Algérie». Le Royaume a assuré trois présidences de ce Conseil. Le document ajoute que les diplomates marocains ont œuvré pour que l'Union «se recentre sur un rôle d'appui au processus exclusivement onusien» et que le Maroc «a systématiquement refusé de siéger à des réunions où figurent ses symboles».
Reste la question de la gouvernance régionale, que le rapport aborde dans le même chapitre. Après avoir présenté la participation des chioukh et des élus à la vie économique et politique comme la preuve de «la capacité des Sahraouis à gérer leurs propres affaires», l'IRES relève des «problèmes de coordination et d'efficacité» dans l'architecture institutionnelle des deux régions : des capacités techniques et managériales des élus «qui gagneraient à être renforcées», une participation citoyenne «insuffisamment pratiquée», des décisions stratégiques «restant souvent l'apanage d'un cercle restreint d'acteurs institutionnels» et une transparence «jugée en deçà des attentes». Le document rappelle qu'en 2021, la Cour des comptes a recommandé «une clarification des rôles entre les différents intervenants» et le renforcement «des capacités de pilotage stratégique des Conseils régionaux».
La conclusion de l'ouvrage résume l'esprit dans lequel l'Institut inscrit la séquence ouverte le 31 octobre. La négociation, «moyen par excellence de résoudre les conflits», y est présentée comme «le premier instrument d'instauration de la paix listé par l'article 33 de la Charte onusienne». Et la Fête de l'Unité, «Aïd Al Wahda», comme un «tournant historique dans l'évolution du dossier du Sahara marocain».
Le rapport détaille la méthode suivie à Addis-Abeba. En juillet 2018, le Sommet de Nouakchott a créé une Troïka chargée de suivre le dossier en coordination avec l'ONU, «mettant ainsi fin au poste de l'Envoyé spécial de l'Union africaine pour le Sahara». Le Maroc a été élu au Conseil de paix et de sécurité pour 2018-2020, par 39 voix et 16 abstentions, puis reconduit pour 2022-2025 sur l'un des deux sièges de l'Afrique du Nord, «brigué par l'Algérie». Le Royaume a assuré trois présidences de ce Conseil. Le document ajoute que les diplomates marocains ont œuvré pour que l'Union «se recentre sur un rôle d'appui au processus exclusivement onusien» et que le Maroc «a systématiquement refusé de siéger à des réunions où figurent ses symboles».
Reste la question de la gouvernance régionale, que le rapport aborde dans le même chapitre. Après avoir présenté la participation des chioukh et des élus à la vie économique et politique comme la preuve de «la capacité des Sahraouis à gérer leurs propres affaires», l'IRES relève des «problèmes de coordination et d'efficacité» dans l'architecture institutionnelle des deux régions : des capacités techniques et managériales des élus «qui gagneraient à être renforcées», une participation citoyenne «insuffisamment pratiquée», des décisions stratégiques «restant souvent l'apanage d'un cercle restreint d'acteurs institutionnels» et une transparence «jugée en deçà des attentes». Le document rappelle qu'en 2021, la Cour des comptes a recommandé «une clarification des rôles entre les différents intervenants» et le renforcement «des capacités de pilotage stratégique des Conseils régionaux».
La conclusion de l'ouvrage résume l'esprit dans lequel l'Institut inscrit la séquence ouverte le 31 octobre. La négociation, «moyen par excellence de résoudre les conflits», y est présentée comme «le premier instrument d'instauration de la paix listé par l'article 33 de la Charte onusienne». Et la Fête de l'Unité, «Aïd Al Wahda», comme un «tournant historique dans l'évolution du dossier du Sahara marocain».
