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Lundi 03 Août 2026
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Sécurité routière : pourquoi les motocyclistes restent le maillon faible

Les motocyclistes paient un tribut de plus en plus lourd sur les routes marocaines. Alors que la mortalité routière recule chez la plupart des catégories d'usagers, elle connaît une progression alarmante chez les conducteurs de deux-roues. Dans une réponse écrite adressée au groupe parlementaire du Mouvement populaire à la Chambre des représentants, le ministre du Transport et de la logistique, Abdessamad Kayouh, dévoile des chiffres préoccupants et détaille les mesures engagées pour inverser cette tendance, tout en annonçant les grandes orientations de la future stratégie nationale de sécurité routière 2026-2030.

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La sécurité routière continue de représenter l'un des défis majeurs des politiques publiques au Maroc. Si les indicateurs globaux affichent des progrès pour plusieurs catégories d'usagers, un constat demeure particulièrement préoccupant : les conducteurs de motos restent les principales victimes des accidents de la circulation. Une réalité qui pousse aujourd'hui les pouvoirs publics à revoir leurs priorités et à cibler davantage cette catégorie d'usagers.



Dans sa réponse à une question écrite du député Idriss Sentissi du groupe parlementaire du Mouvement populaire, le ministre du Transport et de la logistique souligne que la lutte contre l'insécurité routière s'inscrit au cœur des priorités gouvernementales, conformément aux engagements du Royaume dans le cadre du deuxième Plan mondial pour la sécurité routière 2021-2030. L'analyse des statistiques les plus récentes révèle toutefois une évolution inquiétante de la sinistralité chez les motocyclistes.

44% des décès concernent désormais les motocyclistes

Les chiffres avancés par le ministère illustrent l'ampleur du phénomène. En 2024, les usagers de motocyclettes représentent à eux seuls près de 44% de l'ensemble des personnes tuées sur les routes marocaines. Plus préoccupant encore, le nombre de décès enregistrés parmi cette catégorie a augmenté de 63,04% entre 2015 et 2024, alors que la mortalité routière a diminué de 27,5% chez les autres usagers de la route, à l'exception des piétons et des conducteurs de deux et trois roues. Un contraste qui confirme que les motocyclistes constituent aujourd'hui le principal point noir de la sécurité routière au Maroc.

Le pari d'une prévention plus ciblée

Face à cette évolution, le ministère affirme avoir mis en place un programme intégré baptisé «La moto sûre», articulé autour d'un ensemble d'actions de prévention, de sensibilisation et de contrôle. Parmi les mesures annoncées figure le lancement de campagnes nationales de communication destinées à promouvoir le port du casque homologué, considéré comme le premier facteur de protection des conducteurs de deux-roues. Dans le même esprit, 50.000 casques de protection ont été distribués à travers le Royaume afin d'encourager leur utilisation et de renforcer la sécurité des motocyclistes, parallèlement à des actions de sensibilisation ciblées.

Contrôles renforcés et mobilisation des acteurs

L'action gouvernementale ne se limite pas à la sensibilisation. Le ministère met également en avant le renforcement du contrôle du respect des normes techniques et juridiques lors de l'homologation des motos, ainsi que l'intensification des opérations de surveillance visant le respect du port du casque et des limitations de vitesse. Ces opérations sont menées dans le cadre d'une coopération entre l'Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) et la Direction générale de la Sûreté nationale, afin d'améliorer le respect du Code de la route et de réduire les comportements à risque.

Une nouvelle stratégie nationale en préparation

Au-delà des mesures immédiates, le ministère prépare une nouvelle feuille de route. Une évaluation approfondie de la stratégie nationale 2017-2026 a déjà été réalisée afin d'identifier les acquis, les insuffisances et les nouveaux défis. Cette réflexion a débouché sur l'élaboration d'une nouvelle stratégie nationale de sécurité routière 2026-2030, construite selon une approche participative associant les différents départements concernés et inspirée des meilleures pratiques internationales.

Le futur dispositif reposera sur cinq grands axes : le renforcement de la gouvernance, l'amélioration de la sécurité des infrastructures, la promotion d'une véritable culture de la sécurité routière, l'amélioration de la sécurité des véhicules ainsi que le renforcement des dispositifs d'intervention et de secours après les accidents. Le document a déjà été présenté à la Commission interministérielle permanente de la sécurité routière et devrait être adopté avant son entrée en vigueur.

Au-delà des chiffres, un défi de société

Derrière ces statistiques se dessine un véritable enjeu de santé publique. La progression continue de la mortalité des motocyclistes montre que les campagnes de sensibilisation, si elles restent indispensables, ne suffisent plus à elles seules à enrayer le phénomène. La réussite de la future stratégie dépendra désormais de la capacité des pouvoirs publics à conjuguer prévention, contrôle, amélioration des infrastructures et évolution des comportements. Car réduire durablement le nombre de victimes sur les routes passera avant tout par une meilleure protection de ceux qui en paient aujourd'hui le plus lourd tribut : les conducteurs de deux-roues.
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