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Lundi 13 Avril 2026
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Essaouira renforce son écosystème culturel à travers la valorisation du musée Sidi Mohammed Ben Abdellah

Essaouira confirme de jour en jour son statut de ville culturelle par excellence. La signature, lundi, d’un partenariat stratégique pour la valorisation du musée Sidi Mohammed Ben Abdellah a en effet marqué une nouvelle étape dans la transformation de la cité des Alizés en un pôle artistique et patrimonial de référence. Porté par une vision où culture, développement économique et rayonnement international se rejoignent, ce projet illustre l’ambition du Maroc de faire de ses institutions culturelles de véritables moteurs d’attractivité et de compétitivité territoriale.

Une nouvelle étape vient d’être franchi lundi dans le cheminement vers la consécration de la ville d’Essaouira comme place culturelle de premier plan. Un partenariat stratégique a été signé ce jour-là entre le ministère de la Jeunesse, de la culture et de la communication, la Fondation nationale des musées, l’Association Essaouira-Mogador et le Conseil communal, pour la valorisation du musée Sidi Mohammed Ben Abdellah. Cette convention vise à encadrer les conditions d’aménagement, d’équipement et de gestion de cet établissement emblématique, avec l’ambition de le transformer en un véritable pôle culturel et muséal de référence.

Un projet inscrit dans une Vision Royale

Ce projet qui s’inscrit dans les Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, s’assigne un objectif clair : faire du musée un espace de diffusion, d’apprentissage et de découverte, capable de renforcer l’attractivité d’Essaouira tout en préservant son identité singulière. Dans ce cadre, Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées, a insisté sur la portée structurante de cette initiative, qui s’inscrit dans une dynamique de consolidation de l’offre culturelle locale : «Cet accord ambitionne de faire du musée Sidi Mohammed Ben Abdellah un véritable lieu de diffusion, d’apprentissage et de découverte, contribuant ainsi à renforcer l’attractivité de la ville tout en préservant son identité ».

Essaouira, modèle culturel et laboratoire du vivre-ensemble

D’ailleurs, la cérémonie de signature a été l’occasion de réaffirmer le positionnement singulier d’Essaouira sur la scène nationale et internationale. André Azoulay, Conseiller de Sa Majesté et figure emblématique du renouveau de la ville, a ainsi rappelé : «Essaouira est aujourd’hui une cité iconique pour le Maroc, mais également à l’échelle internationale. Elle s’affirme comme un véritable centre des arts, de la créativité et de la culture.» Dans le prolongement de cette vision, il a mis en avant la richesse de l’écosystème culturel local, évoquant notamment Bayt Dakira, inauguré en 2020, devenu un espace majeur de transmission ayant accueilli plus de 120.000 visiteurs en 2025. Dès lors, la réflexion autour du musée Sidi Mohammed Ben Abdellah s’inscrit dans une logique de complémentarité avec les institutions existantes, notamment pour mieux valoriser l’école souirie des arts plastiques, encore insuffisamment représentée.

La culture comme moteur de développement économique

Pour sa part, le ministre de la Culture, Mehdi Bensaïd, a mis en avant les retombées économiques et sociales de l’investissement culturel : «Lorsqu’on parvient à investir dans la culture tout en améliorant concrètement la vie des Marocaines et des Marocains, on entre pleinement dans ce que l’on appelle l’industrie culturelle.» À cet égard, Essaouira apparaît comme un cas d’école. Portée par ses festivals, ses événements et une attractivité touristique croissante – notamment grâce à des liaisons aériennes directes – la ville illustre concrètement cette conception qui fait de la culture un levier de développement économique. Tout en rappelant les mutations technologiques à l’œuvre, le ministre a également souligné que ces industries culturelles, à l’instar du sport, constituaient des opportunités d’avenir, en particulier pour les jeunes.

Une vision locale consolidée par des résultats concrets

Cette lecture stratégique rejoint celle portée au niveau local. Prenant la parole à son tour, Tarik Othmani, président du Conseil communal, a rappelé le chemin parcouru par la ville : «Il y a un peu plus de 30 ans, Essaouira n’était pas ce qu’elle est devenue. La ville a fait le choix de fonder son développement sur la culture, et ce choix s’est révélé juste». Les résultats sont aujourd’hui tangibles, note le responsable local : plus de 2 millions de visiteurs en 2025 et une reconnaissance internationale croissante, illustrée par l’accueil en 2026 de la 18ᵉ Conférence des villes créatives de l’Unesco, prévoyant de réunir plus de 1.200 participants issus de 450 villes. Dans cette perspective, le futur musée viendra renforcer un écosystème déjà structuré, aux côtés de projets majeurs comme la Cité des arts ou encore les programmes de réhabilitation de la médina.

Un musée entre mémoire et création contemporaine

Au croisement de ces différentes dynamiques, le projet muséal entend dépasser la simple logique patrimoniale. Il ambitionne de créer un lien vivant entre mémoire historique et création contemporaine. Le musée offrira ainsi une lecture renouvelée de l’histoire d’Essaouira, tout en ouvrant ses espaces aux expressions artistiques actuelles et en soutenant les pratiques locales. La convention de partenariat signée lundi s’avère de ce fait plus qu’un simple partenariat institutionnel : elle consacre une vision. Entre préservation du patrimoine, soutien à la création et développement économique, cet accord ambitionne de hisser la culture en moteur de transformation et de rayonnement de la ville Essaouira. Le musée Sidi Mohammed Ben Abdellah, dans sa nouvelle configuration, pourrait ainsi devenir l’un des symboles les plus forts de cette ambition renouvelée.
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