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Vendredi 14 Août 2026
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Belyounech, quand l’archéologie révèle les secrets d’un paysage médiéval

Niché au pied du majestueux Jbel Musa, sur la côte nord-méditerranéenne du Maroc, le site médiéval de Belyounech s’apprête à livrer de nouveaux secrets. Une mission maroco-allemande de haute précision s’apprête à rouvrir les chantiers de fouilles pour mieux comprendre l’un des sites remarquables de l’archéologie médiévale marocaine, marqué par la villégiature, l’agriculture, la maîtrise de l’eau et l’architecture.

Il est des lieux où la terre conserve précieusement le murmure des fastes passés. Belyounech est de ceux-là. Étagée en terrasses sur environ 175 hectares au pied du Jbel Musa, cette enclave d’exception s’apprête à redevenir le centre d’attention de la communauté scientifique. Du 27 au 31 juillet dernier, une équipe d’archéologues y a réalisé des relevés topographiques au moyen de différentes techniques de documentation, afin de préparer une nouvelle campagne de fouilles qui débutera en septembre 2026.

Fruit d’un partenariat scientifique entre l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP) et l’Institut Allemand d’Archéologie (DAI) de Madrid, cette initiative est co-dirigée par la Professeure Asmae El Kacimi et le Professeur Felix Arnold. Elle s’inscrit dans le sillage des travaux fondateurs entrepris dès les années 1970 sous la direction de la Professeure Joudia Hassar Benslimane, dont les recherches ont ouvert la voie à la découverte et à l’étude d’un site exceptionnel de l’archéologie marocaine.

L’arrière-pays d’art et d’eau douce

Pour comprendre Belyounech, il faut remonter le fil du temps jusqu’au VIIIᵉ siècle. Connu à l’origine pour son port, Marsa Musa, le site constitue alors un point stratégique majeur pour les expéditions militaires et la conquête vers Al-Andalus. Mais c’est sous les dynasties almohade et mérinide que Belyounech vit son véritable âge d’or, s’affirmant comme un point de mouillage essentiel, une escale maritime majeure et l’arrière-pays nourricier de Sabta.

Grâce à ses ressources en eau et à ses cultures en terrasses, Belyounech devient un territoire particulièrement prospère. En 1184-1185, le calife almohade Abu Yaqub Yusuf fait améliorer le système hydraulique de Belyounech afin d’acheminer l’eau vers la ville de Sabta. Au début du XIVᵉ siècle, l’historien al-Ansari al-Sabti décrit une agglomération qui compte 24 domaines, 19 mosquées, 16 fours, des entrepôts sur la plage ainsi que plusieurs tours fortifiées.

L’art de la munya et la magie des jardins médiévaux

Les fouilles qui s’ouvrent en septembre visent à renouveler la lecture de ces espaces balnéaires et de plaisance médiévaux. Les chercheurs entendent étudier l’architecture résidentielle, les jardins, les exploitations agraires, les bains ainsi que les résidences princières de type munya. Ils s’intéresseront également au fonctionnement du réseau complexe de canaux d’irrigation, les saqiyas, qui témoigne de l’importance de la gestion de l’eau dans l’organisation du territoire.

En croisant de nouvelles approches pluridisciplinaires avec les technologies modernes d’analyse et de documentation spatiale, l’équipe maroco-allemande s’apprête à documenter systématiquement les vestiges apparents et à ouvrir de nouveaux secteurs de fouille afin d’affiner la compréhension de ce paysage médiéval.

Belyounech s’apprête ainsi à sortir de l’ombre pour rappeler qu’il y a près de mille ans, sur cette côte méditerranéenne, l’eau, les cultures en terrasses, les jardins, les espaces résidentiels et les infrastructures portuaires formaient un ensemble étroitement lié à l’histoire de Sabta.

Une histoire à relire

La nouvelle campagne ne constitue pas une découverte à partir de zéro. Elle prolonge un programme de recherches engagé dès les années 1970 sous la direction de la Professeure Joudia Hassar Benslimane, auquel les nouvelles recherches souhaitent rendre hommage. Cette continuité scientifique est essentielle pour comprendre l’ambition du projet actuel. Il ne s’agit pas seulement de mettre au jour de nouveaux vestiges, mais de renouveler la compréhension historique de Belyounech à travers une documentation plus systématique et des méthodes d’analyse contemporaines.

À travers ses maisons, ses jardins, ses exploitations agricoles, ses bains, ses systèmes hydrauliques et ses résidences princières, le site pourrait ainsi permettre de mieux comprendre la manière dont un territoire côtier médiéval associait habitat, agriculture, plaisance, ressources en eau et fonctions stratégiques.

Sous les terrasses du Jbel Musa, Belyounech conserve encore une partie de cette histoire. En septembre, les archéologues retourneront sur le terrain pour documenter les vestiges apparents et ouvrir de nouveaux secteurs de fouille. Une nouvelle étape scientifique pour mieux comprendre l’architecture résidentielle, les jardins, les exploitations agraires, les bains et les réseaux hydrauliques qui ont façonné Belyounech à son apogée médiévale.
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