Le chantier de restructuration du transport urbain par bus à Casablanca franchit une nouvelle étape. Réuni mardi en session extraordinaire, l’Établissement de coopération intercommunale (ECI) «Al Baida» a approuvé la souscription d’un emprunt bancaire de près de 444 millions de dirhams, destiné à financer l’acquisition d’un parc de 350 bus auprès d’Alsa Al Baida, délégataire du service de transport urbain.
Le prêt, qui sera remboursé en huit échéances annuelles, couvre deux volets. Une enveloppe de 284 millions de dirhams sera consacrée au règlement de l’encours bancaire supporté par la société, tandis que 160 millions de dirhams serviront à couvrir le reliquat du prix d’acquisition des bus. Cette opération intervient dans un contexte de réorganisation de la situation financière et contractuelle du transport urbain par autobus dans la métropole. Au-delà du financement du parc, elle vise à consolider les moyens affectés au réseau, confronté à l’évolution des besoins de mobilité d’une agglomération en expansion.
Dans le même mouvement, l’ECI «Al Baida» a approuvé le projet de deuxième avenant au contrat de gestion déléguée du transport par bus. Cette révision intervient à l’issue de négociations portant notamment sur d’anciennes réclamations financières du délégataire et sur l’adaptation du contrat aux évolutions du réseau ainsi qu’aux conditions actuelles et futures de son exploitation.
L’un des principaux résultats de ces négociations concerne précisément le montant des réclamations financières formulées par Alsa Al Baida. Initialement évaluées à près de 480 millions de dirhams, elles ont été ramenées à environ 219,578 millions de dirhams. L’accord prévoit également que la société renonce de manière définitive et irrévocable à l’ensemble de la réclamation financière antérieure. Une disposition qui permet aux deux parties de solder un important contentieux financier et de repartir sur de nouvelles bases contractuelles.
L’acquisition des 350 bus constitue, de son côté, un enjeu directement perceptible pour les usagers. Elle doit contribuer à renforcer et renouveler le parc destiné à desservir Casablanca, dans un contexte où la demande de transport collectif continue d’évoluer avec l’extension urbaine et la densification des déplacements. Reste désormais à mesurer les effets concrets de ces décisions sur le terrain. Au-delà des montants mobilisés et de l’assainissement de la relation contractuelle avec le délégataire, l’enjeu sera celui de la qualité du service : régularité des dessertes, couverture des différents territoires, conditions de déplacement des voyageurs et capacité du réseau à absorber une demande croissante.
La décision de l’ECI «Al Baida» dépasse ainsi la seule opération financière. Entre acquisition du parc, règlement du passif et révision du contrat de gestion déléguée, elle participe à une remise à plat plus large du modèle du transport urbain par bus à Casablanca, dont la soutenabilité financière et la qualité de service restent deux défis étroitement liés.
