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Mercredi 24 Juin 2026
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Plus de 400 pièces d’or marocaines retrouvées dans une épave du XVIIe siècle au large de l’Angleterre

Découverte en 1995 au large du sud de l’Angleterre, une épave contenant plus de 400 pièces d’or frappées au Maroc a enfin été identifiée ce mois. Il s’agit du Dom van Keulen, un navire marchand néerlandais parti du royaume en 1633 avant de sombrer près des côtes anglaises. Cette découverte révèle, preuves à l’appui, la place qu’occupait déjà le Maroc dans les grandes routes commerciales reliant l’Afrique et l’Europe au XVIIe siècle.

Pendant près de trente ans, cette épave est restée une énigme. Découverte en 1995 au large de Salcombe, une ville côtière du Devon, dans le sud de l’Angleterre, elle contenait plus de 400 pièces d’or frappées au Maroc. En juin 2026, des chercheurs britanniques ont finalement établi son identité : il s’agit du Dom van Keulen, un navire marchand néerlandais parti du Maroc à l’automne 1633 pour rejoindre les Pays-Bas.

L’enquête a été menée par le British Museum, l’un des plus importants musées du Royaume-Uni, l’Université de Bournemouth, spécialisée notamment dans l’archéologie maritime, et le South West Maritime Archaeology Group, un groupe britannique de chercheurs et plongeurs spécialisé dans les épaves historiques. Leur travail s’est appuyé sur des fouilles sous-marines, mais aussi sur des archives anciennes retrouvées au Royaume-Uni.

Ces documents ont permis de reconstituer le dernier voyage du navire. Parti du Maroc avec une importante cargaison, le Dom van Keulen a été surpris par de mauvaises conditions météorologiques. Le navire a pris l’eau avant de couler près des côtes anglaises. Selon les chercheurs, les membres de l’équipage ont survécu au naufrage.

La cargaison donne toute son importance à cette découverte. Le navire transportait 150 sacs de gomme arabique, utilisée notamment dans le commerce et l’artisanat, 64 sacs de salpêtre, un produit employé à l’époque dans la fabrication de la poudre, 320 peaux de chèvre et surtout 9.000 ducats barbaresques, des pièces d’or marocaines en circulation au XVIIe siècle.

Une grande partie de cette cargaison aurait été récupérée après le naufrage. Mais plus de 400 pièces d’or sont restées au fond de la mer pendant plus de trois siècles, avant d’être retrouvées en 1995 par des plongeurs britanniques.

Pour les chercheurs, ces pièces racontent à la fois l’histoire d’un naufrage et celle de la place occupée par le Maroc dans les grands échanges commerciaux de l'époque. Au XVIIe siècle, sous la dynastie Saadienne, le pays était relié aux routes de l’or africain et commerçait avec plusieurs puissances européennes, dont les Pays-Bas.

Les marchands néerlandais venaient chercher au Maroc des produits très recherchés en Europe, notamment de l’or, des peaux et d’autres marchandises. Une partie de cet or était ensuite fondue pour fabriquer des monnaies utilisées dans le commerce international.

L’épave, longue d’environ 30 mètres, repose aujourd’hui à près de 18 mètres de profondeur. Outre les pièces d’or, les chercheurs y ont retrouvé des bijoux, des objets en céramique, des ustensiles de bord, des ancres, des canons et des instruments de navigation.

Aujourd’hui, les pièces et plusieurs objets récupérés sont conservés au British Museum. Pour les historiens, cette découverte est importante parce qu’elle apporte une preuve matérielle du rôle joué par le Maroc dans les échanges entre l’Afrique et l’Europe il y a près de quatre siècles.
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