Menu
Search
Mardi 19 Mai 2026
S'abonner
close

Astronomie, géologie, espace : un Festival pour réconcilier les élèves avec les sciences

Du 20 au 24 mai à Ifrane, le Festival national de l’astronomie, de la planétologie et des sciences de la Terre réunira les meilleures équipes d’élèves issues des collèges pionniers de plusieurs régions du Royaume. Porté par le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports et la Fondation Attariq, l’événement ambitionne de rapprocher les jeunes du monde de la recherche scientifique et de faire naître de nouvelles vocations.

No Image
Pendant quatre jours, l’Université Al Akhawayn à Ifrane accueillera des élèves venus de différentes régions du Maroc pour participer au Festival national de l’astronomie, de la planétologie et des sciences de la Terre, organisé par le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports en partenariat avec la Fondation Attariq.

Présenté comme le point d’orgue d’une année entière d’activités parascolaires menées dans les collèges pionniers, ce rendez-vous scientifique mettra en compétition les meilleures équipes sélectionnées aux niveaux local, provincial et régional.

Selon la professeure Hasnaa Chennaoui, présidente de la Fondation Attariq, cette initiative vient surtout «clôturer une année de travail» menée avec des élèves ayant bénéficié d’ateliers hebdomadaires consacrés à l’astronomie, à la géologie et à la planétologie.

«Ces ateliers leur ont permis de découvrir le monde fascinant de ces sciences», explique-t-elle, précisant que le programme a concerné plusieurs régions du Royaume, notamment Dakhla-Oued Eddahab, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia El Hamra, Fès-Meknès, l’Oriental et Casablanca-Settat.

Des sciences rendues accessibles aux élèves

Au-delà de la compétition, les organisateurs souhaitent surtout démocratiser l’accès aux sciences et rapprocher les élèves de l’univers de la recherche scientifique. Le festival prévoit ainsi des présentations de projets devant un jury d’experts, des ateliers immersifs, des rencontres avec des chercheurs ainsi que des animations pédagogiques et culturelles. Pour Pre Hasnaa Chennaoui, l’un des enjeux majeurs réside dans la capacité à rendre accessibles des disciplines souvent perçues comme complexes.

«Ces ateliers ont été réfléchis et montés par une équipe comprenant des scientifiques, des universitaires, mais aussi des amateurs, afin que l’information scientifique puisse parvenir aux élèves de façon simple et accessible», souligne-t-elle.

La chercheuse estime que cette approche permet d’ouvrir «le milieu universitaire sur le monde de l’école», en faisant sortir la science des amphithéâtres pour la rapprocher du terrain éducatif et des jeunes générations.

Faire naître des vocations scientifiques

Le festival intervient également dans un contexte où les métiers liés aux sciences de la Terre, à l’espace et à la recherche scientifique suscitent un intérêt croissant à l’échelle mondiale. «L’astronomie, la géologie ou encore les recherches spatiales sont des sciences d’avenir», insiste Hasnaa Chennaoui, rappelant que ces ateliers permettent aux élèves de développer leur curiosité, leur esprit critique et leur envie d’aller plus loin. La présidente de la Fondation Attariq évoque par ailleurs l’impact humain de ces rencontres directes entre élèves et chercheurs.

«Quand on voit leurs yeux briller, on comprend qu’ils réalisent qu’ils sont capables de comprendre des choses complexes et d’imaginer un avenir dans ces domaines», affirme-t-elle.

Durant le festival, les participants auront notamment l’occasion d’échanger avec des doctorants, des enseignants universitaires et des chercheurs venus partager leurs parcours et leurs expériences. Pour les organisateurs, ce contact direct avec le monde académique pourrait contribuer à transformer le regard des élèves sur les carrières scientifiques, tout en renforçant leur confiance dans leur capacité à poursuivre des études dans ces filières.

L’initiative s’inscrit enfin dans une ambition plus large : promouvoir la culture scientifique, encourager l’innovation et contribuer à la lutte contre l’abandon scolaire à travers des activités éducatives stimulantes.

Questions à Pre Hasnaa Chennaoui, professeur à l’Université Hassan II de Casablanca, Faculté des sciences Aïn Chock, résidente à l’IAS, à l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Benguérir et présidente de la Fondation Attariq

Vous insistez sur la lutte contre l’abandon scolaire à travers cette initiative. Comment les activités scientifiques de ce festival peuvent-elles concrètement aider à maintenir les élèves dans le parcours scolaire ?

Ces activités sont avant tout des activités ludiques et accessibles à tous, même si les thématiques peuvent paraître compliquées au départ. Nous parlons d’astronomie, de géologie ou encore de planétologie, mais ce sont des sciences qui sont simplifiées et présentées de manière à ce que les élèves puissent les comprendre et surtout les aimer.

Quand on prend l’exemple de la géologie, nous constatons aujourd’hui un véritable manque d’intérêt, voire parfois un rejet de cette discipline chez les élèves, au collège comme au lycée. Beaucoup de jeunes ne se dirigent pas vers ces filières parce qu’ils les connaissent mal ou parce qu’elles leur font peur. C’est d’ailleurs le cas pour plusieurs sciences qui donnent aux enfants l’impression que c’est trop compliqué pour eux.

Or, quand on rend les sciences accessibles, les élèves commencent à se dire qu’ils peuvent réussir, qu’ils peuvent avoir de bonnes notes et apprendre avec plaisir. L’école ne doit pas être uniquement un lieu où l’on prépare des examens. C’est aussi un espace où l’on éveille la curiosité, où l’on développe l’esprit des jeunes et où l’on prend plaisir à découvrir des choses nouvelles.

À travers ces ateliers, nous essayons justement de faire aimer l’école et l’apprentissage. Et quand les élèves prennent goût à apprendre, cela peut contribuer à les maintenir plus longtemps dans leur parcours scolaire et à renforcer leur attachement à l’établissement.

Le Maroc dispose-t-il aujourd’hui, selon vous, d’un véritable potentiel dans les sciences de l’Univers et les sciences de la Terre ?

Oui, le Maroc dispose d’un potentiel exceptionnel dans les sciences de l’Univers et les sciences de la Terre. D’abord à travers la richesse incroyable des météorites présentes sur le territoire marocain, notamment dans le Sahara marocain, mais aussi dans d’autres régions du Royaume. Ces météorites constituent de véritables sources de savoir et de recherche scientifique.

Concernant les sciences de la Terre, le Maroc est souvent considéré comme un véritable paradis pour les géologues grâce à sa richesse et à sa diversité géologiques. Nous avons un patrimoine naturel extrêmement important et un potentiel scientifique énorme dans ces domaines.

À la Fondation Attariq, nous sommes convaincus que ce potentiel doit être développé dès le plus jeune âge, à travers ce type d’ateliers destinés aux collégiens et aux enfants. Ce sont ces initiatives qui peuvent susciter des vocations, encourager les jeunes à poursuivre ces carrières scientifiques et contribuer au développement futur de ces disciplines au Maroc.

Je rajouterais également que le Maroc possède un potentiel remarquable en astrophysique et en astronomie grâce à un ciel encore préservé et riche en étoiles. C’est un patrimoine précieux que nous devons continuer à protéger, car il représente un atout scientifique majeur pour notre pays.

Quelle importance accordez-vous à la vulgarisation scientifique auprès du grand public et des jeunes générations ?

Pour nous, la diffusion et le partage du savoir scientifique de manière rigoureuse mais accessible sont fondamentaux. C’est même l’un des piliers de la création de la Fondation Attariq. Nous croyons profondément que le partage des connaissances scientifiques est essentiel pour le développement d’un pays et pour préparer les générations futures. L’objectif est de former des jeunes capables non seulement d’appliquer le savoir, mais aussi de le créer, de le produire et d’innover eux-mêmes. Nous avons au Maroc des jeunes qui en ont pleinement la capacité. Il faut simplement les inspirer, leur montrer qu’ils peuvent aller très loin dans les sciences et qu’ils peuvent être utiles à leur pays autant qu’à eux-mêmes.

Nous souhaitons d’ailleurs un très beau festival à tous ces élèves venus de différentes régions du Royaume. Nous espérons que cette expérience leur apportera beaucoup et que le fait d’être plongés dans un environnement universitaire laissera une véritable empreinte positive sur leur avenir.

Nous avons découvert des élèves extrêmement brillants, avec une grande capacité d’innovation, beaucoup de sérieux dans le travail et surtout une véritable passion. Cela nous a sincèrement touchés et encouragés.

Et nous tenons aussi à rappeler que ce festival ne doit pas être perçu uniquement comme une compétition. Chaque élève a réalisé des projets et des travaux qu’il pourra garder dans son établissement et partager avec ses camarades. L’idée est avant tout de créer une dynamique collective autour des sciences.

Nous avons hâte d’accueillir ces jeunes, de leur faire découvrir le monde universitaire et de partager avec eux, mais aussi entre eux, cette passion pour les sciences et la découverte.
Lisez nos e-Papers