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Cancer du sein : Groupe «Le Matin» s’engage dans la bataille de la prévention

Informer, sensibiliser, mais aussi agir. À l’occasion d’«Octobre Rose», le Groupe «Le Matin» a réuni, le 20 octobre à Casablanca, médecins, associations et personnalités engagées dans la lutte contre le cancer du sein. Ouverte par Mohammed Haitami, le président-directeur général, la conférence a mêlé expertises et témoignages. Une campagne de dépistage est élargie à toutes les collaboratrices.

Les paroles sensibilisent, les actes font la différence. Partant de cette conviction, le Groupe «Le Matin» a organisé, mardi 20 octobre 2026, à Casablanca, une conférence placée sous le thème «Cancer du sein : mieux prévenir, mieux guérir, mieux vivre». Professionnels de santé, associations et personnalités engagées y ont croisé leurs regards sur le dépistage, les traitements et l’accompagnement. Objectif : transformer la prise de conscience en prévention.

Au Maroc, le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez les femmes. Selon les estimations «Globocan 2024» du Centre international de recherche sur le cancer, 10.410 nouveaux cas étaient estimés en 2024, soit 39% des nouveaux cancers féminins. Derrière ces chiffres, des vies bouleversées et l’importance d’une prise en charge précoce, médicale et humaine.

Mohammed Haitami : une responsabilité qui commence au sein de l’entreprise

En ouvrant la rencontre, Mohammed Haitami, président-directeur général du Groupe «Le Matin», a donné à cette mobilisation une portée qui dépasse le seul cadre d’«Octobre Rose». Rappelant la vocation d’un groupe de presse à informer, à éclairer les consciences et à accompagner les grandes évolutions de la société, il a souligné que cette responsabilité devait aussi trouver son expression au sein même de l’entreprise. «Notre mission ne consiste pas seulement à informer et à sensibiliser. Elle nous engage aussi à donner l’exemple. Car on ne peut porter auprès du public un message de prévention sans commencer par en faire une réalité pour celles et ceux qui font vivre notre Groupe au quotidien.»

Par conséquent, Mohammed Haitami a réaffirmé sa volonté de faire de la santé et du bien-être des collaborateurs une dimension à part entière de la responsabilité de l’entreprise. Une ambition qui repose sur un principe simple : la sensibilisation prend tout son sens lorsqu’elle se traduit en actes, en créant les conditions permettant à chacune de prendre soin de sa santé.

Cet engagement s’inscrit dans la continuité d’une démarche engagée depuis plusieurs années. Chaque année, plus d’une trentaine de collaboratrices du Groupe, principalement âgées de 45 ans et plus, bénéficient d’une campagne de dépistage du cancer du sein. L’édition 2026 marque une nouvelle étape, avec l’élargissement du dispositif à l’ensemble des collaboratrices, quel que soit leur âge, selon les indications médicales. Une initiative qui entend lever certains des obstacles du quotidien et rappeler que la prévention ne devrait jamais être reléguée au second plan, entre exigences professionnelles et responsabilités familiales.

De la prévention aux traitements, des expertises complémentaires

Le cadrage de l’événement étant tracé, les échanges pouvaient commencer. Modéré par Nabila Bakkass, journaliste au Groupe «Le Matin», le débat a permis aux experts présents d’apporter un éclairage global sur cette maladie qui ne cesse de gagner du terrain. Le Pr Nabil Ismaili, spécialiste en oncologie médicale et radiothérapie à l’Université Mohammed VI des sciences et de la santé, a insisté sur l’enjeu du diagnostic précoce. Selon les données qu’il a présentées, environ 64% des cancers du sein seraient diagnostiqués aux stades I et II au Maroc, une proportion qu’il faudrait porter à 80%. Dans certaines situations, la guérison peut atteindre 95% lorsque le cancer est détecté tôt et correctement traité. «Le cancer du sein nécessite une approche globale et multidisciplinaire», avait-il déjà souligné en amont de la rencontre.

Le spécialiste a aussi évoqué les progrès des traitements, des protocoles classiques aux thérapies ciblées et à l’immunothérapie pour certaines tumeurs. Leur personnalisation dépend notamment du stade et des caractéristiques biologiques de la maladie. Mais ces avancées ne peuvent produire pleinement leurs effets sans un accès rapide au diagnostic et aux soins.

Le Pr Mohamed Fareh, gynécologue-obstétricien à l’Hôpital universitaire international Mohammed VI de Bouskoura, a appelé les femmes à mieux connaître leur corps et à consulter devant toute anomalie persistante. Il a évoqué une situation familière au Maroc : au Hammam, il arrive que des employées remarquent un changement au niveau d’un sein et alertent leur cliente. Une observation qui ne remplace pas un examen médical, mais peut déclencher la consultation. Il a par ailleurs rappelé que le cancer du sein touche, plus rarement, les hommes.

Le Dr Hamza Samlali, oncologue-radiothérapeute chez Oncorad, est revenu sur la place de la radiothérapie et les techniques permettant de mieux cibler les traitements. Ces progrès soulignent l’importance d’un suivi coordonné, qui tienne compte à la fois de l’efficacité médicale et de la qualité de vie.

Car traiter une tumeur ne suffit pas toujours à accompagner une personne. «Le patient n’est ni un numéro ni un dossier. C’est un être humain», a insisté la Dre Dallal Jeddi, pharmacienne biologiste et éducatrice thérapeutique. Compréhension du traitement, nutrition, activité physique adaptée, gestion des effets secondaires: elle a plaidé pour une place plus active du patient dans son parcours de soins.

Le Dr Issam Harti, psychiatre et psychothérapeute, a mis l’accent sur les blessures moins visibles : anxiété, peur de la récidive, rapport au corps et difficulté à retrouver son équilibre. Évoquant le risque de troubles psychiques, il a défendu l’accompagnement psychologique et appelé à une information rigoureuse, éloignée de la pitié et des représentations qui enferment les patientes dans leur vulnérabilité.

La parole des femmes et des associations au cœur de la rencontre

Les témoignages ont donné une profondeur particulière à ces échanges. Première à s’exprimer après Mohammed Haitami, Hind Zemmama, alpiniste et entrepreneure, a invité les femmes à ne pas toujours placer leur santé après leurs obligations professionnelles et familiales. Son intervention, consacrée au temps que l’on s’accorde et à l’écoute de soi, s’est achevée sur un geste émouvant : elle a offert au PDG du Groupe son premier livre, encore inédit.

Le témoignage de Latifa Chérif, présidente fondatrice des Amis du Ruban Rose et présidente de l’Alliance marocaine des associations de patients de cancer, a donné chair à cet appel. Le 25 novembre 2013, une mammographie révèle une lésion invisible à la palpation. Le diagnostic est celui d’un cancer du sein triple négatif, particulièrement agressif. Suivent chirurgie, chimiothérapie et 33 séances de radiothérapie. Elle évoque son fils, alors âgé de dix ans, parmi les raisons l’ayant poussée à tenir bon. Plus tard, elle a gravi le Toubkal et, depuis ses 4.167 mètres, adresse aux femmes confrontées à la maladie ces mots : «Vous avez un triple négatif, je l’ai eu aussi.» Son parcours rappelle l’importance d’un examen pratiqué à temps, mais aussi de l’entourage et de la possibilité de se reconstruire après les traitements.

L’accompagnement associatif a été incarné par Ikram Bghiel, directrice des opérations de Dar Zhor, elle-même passée par le cancer. Soutien psychologique, groupes de parole, kinésithérapie, activité physique adaptée, aide aux proches et à la reprise du travail : l’association intervient là où les besoins ne se résument pas aux prescriptions médicales. «Tout ce qu’on va offrir ne peut pas remplacer les soins», a-t-elle précisé. Il s’agit de les compléter, de rompre l’isolement et de retrouver des ressources pour avancer.

Parmi ses initiatives figure l’art-thérapie, à travers la musique, la danse et le théâtre. De ces ateliers est née la pièce «Bnât Dar Zhor», nourrie des récits de huit participantes, dont sept femmes ayant vécu un cancer du sein. Humour et émotion s’y côtoient. Partenaire de cette mobilisation, «Le Matin» propose à ses collaboratrices d’assister à la représentation prévue samedi 24 octobre à 20 heures au théâtre de la F.O.L., à Casablanca.

Après la conférence, place au dépistage

La rencontre du 20 octobre ne constitue pas l’aboutissement de la mobilisation. Avec ODM – Radiologie La Wilaya, le Groupe organise une campagne d’examens mammaires, mammographie ou échographie selon les indications médicales. «Car la portée d'"Octobre Rose" ne se mesure pas seulement au nombre de messages diffusés, mais aussi à celui des femmes qui, grâce à cette mobilisation, franchiront effectivement la porte d’un cabinet de dépistage.»
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