La diphtérie avait pratiquement disparu du paysage sanitaire marocain depuis plusieurs décennies. La confirmation, fin septembre, d’un cas dans la région de Souss-Massa remet donc sous les projecteurs cette infection bactérienne devenue rare grâce à la vaccination, mais qui n’a jamais totalement disparu.
Interrogé par Assahra Al Maghribia, Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé et vice-président de la Fédération nationale de la santé, les données disponibles doivent toutefois être interprétées avec précision. « Il ne s’agit pas de neuf cas confirmés », souligne-t-il.
Au 28 septembre 2026, un seul cas avait été confirmé en laboratoire, tandis que huit autres restaient sous investigation, dont les deux décès enregistrés. Deux foyers familiaux avaient été identifiés, l’un à Agadir Ida-Outanane et l’autre à Chtouka-Aït Baha.
Selon les informations disponibles localement, précise le médecin, le cas confirmé appartient à une famille dans laquelle deux enfants sont décédés. Plusieurs enfants concernés n’étaient par ailleurs pas vaccinés ou n’avaient pas reçu toutes les doses recommandées.
Ces éléments traduisent, selon le Dr Hamdi, une réapparition locale importante de la maladie, mais ne suffisent pas, en l’état actuel des données, à conclure à une épidémie à l’échelle nationale.
La transmission intervient principalement par les gouttelettes respiratoires et lors de contacts rapprochés avec une personne infectée. La forme cutanée peut également transmettre la bactérie par contact avec des lésions. Autre particularité : une personne porteuse de la bactérie mais ne présentant aucun symptôme peut également transmettre l’infection.
La période d’incubation est généralement comprise entre deux et cinq jours, mais peut aller approximativement d’un à dix jours. Sans traitement, une personne infectée peut rester contagieuse pendant environ deux semaines, voire davantage. Un traitement antibiotique efficace réduit fortement l’excrétion de la bactérie dans les 24 à 48 heures, explique le médecin.
Mais le signe le plus caractéristique est l’apparition d’une épaisse fausse membrane gris-blanchâtre, fortement adhérente, sur les amygdales ou dans la gorge. Celle-ci peut progresser vers le larynx et entraver la respiration. Dans les formes sévères, un gonflement important du cou peut également apparaître.
La diphtérie peut être pharyngée, amygdalienne, laryngée, nasale ou cutanée. Les formes respiratoires restent les plus préoccupantes, en raison du risque d’obstruction des voies aériennes et de diffusion de la toxine dans l’organisme.
Le Dr Hamdi insiste sur deux principaux mécanismes de complications : l’obstruction des voies respiratoires par la fausse membrane et les effets de la toxine. Celle-ci peut provoquer une inflammation du muscle cardiaque, des troubles du rythme ou une insuffisance cardiaque. Elle peut aussi entraîner des atteintes neurologiques susceptibles d’aller jusqu’à certaines formes de paralysie.
Selon les données citées par le médecin, le taux de létalité des formes cliniques se situe généralement entre 5 et 10% malgré les traitements modernes et peut atteindre environ 20% chez les très jeunes enfants et les personnes âgées. Il peut être sensiblement plus élevé en l’absence de vaccination ou de prise en charge appropriée.
Une suspicion de forme respiratoire nécessite généralement une hospitalisation et un isolement approprié. La prise en charge associe notamment l’antitoxine diphtérique, destinée à neutraliser la toxine encore libre dans l’organisme, et des antibiotiques pour éliminer la bactérie et limiter sa transmission.
Les personnes ayant eu des contacts étroits avec le malade doivent également être identifiées et suivies. Une antibioprophylaxie et un rattrapage vaccinal peuvent leur être proposés en fonction de leur situation.
La couverture vaccinale nationale contre la maladie atteindrait aujourd’hui environ 96%, selon les dernières estimations internationales citées par le médecin. Mais cette moyenne nationale ne dit pas tout. Elle peut, avertit-il, masquer des poches locales où la couverture demeure insuffisante.
Le vaccin protège très efficacement contre les formes graves, mais cette protection diminue avec le temps, d’où l'importance des doses de rappel. Il protège principalement contre les effets de la toxine : dans des cas exceptionnels, une personne vaccinée peut donc être colonisée par la bactérie, tout en restant beaucoup mieux protégée contre une forme sévère.
Pour le Dr Hamdi, quatre indicateurs permettront désormais de mesurer l’évolution réelle de la situation : le nombre définitif de cas confirmés, la cause exacte des décès, l’apparition éventuelle de cas sans lien familial avec les premiers foyers et la détection, ou non, d’autres foyers dans le pays.
C’est sur ces éléments que devra être appréciée l’évolution épidémiologique. Pour l’heure, la confirmation d’un cas après plusieurs décennies de quasi-disparition de la diphtérie constitue surtout, selon le spécialiste, un signal appelant à renforcer la vigilance et à identifier les personnes insuffisamment vaccinées.
En cas de mal de gorge accompagné d’une membrane grisâtre adhérente, d’un gonflement important du cou ou de difficultés respiratoires, le Dr Hamdi recommande de consulter en urgence. Il met également en garde contre toute tentative de retirer soi-même la fausse membrane.
Interrogé par Assahra Al Maghribia, Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé et vice-président de la Fédération nationale de la santé, les données disponibles doivent toutefois être interprétées avec précision. « Il ne s’agit pas de neuf cas confirmés », souligne-t-il.
Au 28 septembre 2026, un seul cas avait été confirmé en laboratoire, tandis que huit autres restaient sous investigation, dont les deux décès enregistrés. Deux foyers familiaux avaient été identifiés, l’un à Agadir Ida-Outanane et l’autre à Chtouka-Aït Baha.
Selon les informations disponibles localement, précise le médecin, le cas confirmé appartient à une famille dans laquelle deux enfants sont décédés. Plusieurs enfants concernés n’étaient par ailleurs pas vaccinés ou n’avaient pas reçu toutes les doses recommandées.
Ces éléments traduisent, selon le Dr Hamdi, une réapparition locale importante de la maladie, mais ne suffisent pas, en l’état actuel des données, à conclure à une épidémie à l’échelle nationale.
Une maladie rare, mais potentiellement grave
La diphtérie est une infection bactérienne principalement liée à Corynebacterium diphtheriae. Toutes les souches ne présentent toutefois pas la même dangerosité. Les formes les plus sévères sont essentiellement provoquées par celles capables de produire la toxine diphtérique. Cette toxine peut détruire localement les tissus avant de passer dans le sang et d’atteindre d’autres organes. C’est ce qui fait, selon le Dr Hamdi, de la forme respiratoire de la diphtérie une urgence médicale.La transmission intervient principalement par les gouttelettes respiratoires et lors de contacts rapprochés avec une personne infectée. La forme cutanée peut également transmettre la bactérie par contact avec des lésions. Autre particularité : une personne porteuse de la bactérie mais ne présentant aucun symptôme peut également transmettre l’infection.
La période d’incubation est généralement comprise entre deux et cinq jours, mais peut aller approximativement d’un à dix jours. Sans traitement, une personne infectée peut rester contagieuse pendant environ deux semaines, voire davantage. Un traitement antibiotique efficace réduit fortement l’excrétion de la bactérie dans les 24 à 48 heures, explique le médecin.
Quels symptômes doivent alerter ?
La maladie débute généralement par un mal de gorge, de la fatigue, une fièvre modérée, des difficultés à avaler et un gonflement des ganglions du cou.Mais le signe le plus caractéristique est l’apparition d’une épaisse fausse membrane gris-blanchâtre, fortement adhérente, sur les amygdales ou dans la gorge. Celle-ci peut progresser vers le larynx et entraver la respiration. Dans les formes sévères, un gonflement important du cou peut également apparaître.
La diphtérie peut être pharyngée, amygdalienne, laryngée, nasale ou cutanée. Les formes respiratoires restent les plus préoccupantes, en raison du risque d’obstruction des voies aériennes et de diffusion de la toxine dans l’organisme.
Le Dr Hamdi insiste sur deux principaux mécanismes de complications : l’obstruction des voies respiratoires par la fausse membrane et les effets de la toxine. Celle-ci peut provoquer une inflammation du muscle cardiaque, des troubles du rythme ou une insuffisance cardiaque. Elle peut aussi entraîner des atteintes neurologiques susceptibles d’aller jusqu’à certaines formes de paralysie.
Selon les données citées par le médecin, le taux de létalité des formes cliniques se situe généralement entre 5 et 10% malgré les traitements modernes et peut atteindre environ 20% chez les très jeunes enfants et les personnes âgées. Il peut être sensiblement plus élevé en l’absence de vaccination ou de prise en charge appropriée.
En cas de suspicion, le traitement ne doit pas attendre
Le diagnostic repose d’abord sur les signes cliniques avant d’être confirmé par des prélèvements. Mais face à une forte suspicion de diphtérie respiratoire, il ne faut pas attendre le résultat définitif du laboratoire pour commencer le traitement, insiste le Dr Hamdi.Une suspicion de forme respiratoire nécessite généralement une hospitalisation et un isolement approprié. La prise en charge associe notamment l’antitoxine diphtérique, destinée à neutraliser la toxine encore libre dans l’organisme, et des antibiotiques pour éliminer la bactérie et limiter sa transmission.
Les personnes ayant eu des contacts étroits avec le malade doivent également être identifiées et suivies. Une antibioprophylaxie et un rattrapage vaccinal peuvent leur être proposés en fonction de leur situation.
Une couverture nationale élevée qui peut masquer des poches de sous-vaccination
La vaccination a profondément modifié l’histoire de la maladie au Maroc. Selon les données rappelées par le Dr Hamdi, le Royaume enregistrait encore 14 cas en 1989, contre un seul en 1991, avant que la diphtérie ne disparaisse pratiquement des déclarations pendant plusieurs décennies.La couverture vaccinale nationale contre la maladie atteindrait aujourd’hui environ 96%, selon les dernières estimations internationales citées par le médecin. Mais cette moyenne nationale ne dit pas tout. Elle peut, avertit-il, masquer des poches locales où la couverture demeure insuffisante.
Le vaccin protège très efficacement contre les formes graves, mais cette protection diminue avec le temps, d’où l'importance des doses de rappel. Il protège principalement contre les effets de la toxine : dans des cas exceptionnels, une personne vaccinée peut donc être colonisée par la bactérie, tout en restant beaucoup mieux protégée contre une forme sévère.
Les prochaines données seront déterminantes
Les autorités sanitaires ont déjà activé les mesures de réponse : investigation autour des cas, identification et suivi des contacts, prélèvements, antibiotiques préventifs lorsque cela est nécessaire et rattrapage vaccinal. Des carnets de vaccination ont également été vérifiés dans certains établissements scolaires.Pour le Dr Hamdi, quatre indicateurs permettront désormais de mesurer l’évolution réelle de la situation : le nombre définitif de cas confirmés, la cause exacte des décès, l’apparition éventuelle de cas sans lien familial avec les premiers foyers et la détection, ou non, d’autres foyers dans le pays.
C’est sur ces éléments que devra être appréciée l’évolution épidémiologique. Pour l’heure, la confirmation d’un cas après plusieurs décennies de quasi-disparition de la diphtérie constitue surtout, selon le spécialiste, un signal appelant à renforcer la vigilance et à identifier les personnes insuffisamment vaccinées.
En cas de mal de gorge accompagné d’une membrane grisâtre adhérente, d’un gonflement important du cou ou de difficultés respiratoires, le Dr Hamdi recommande de consulter en urgence. Il met également en garde contre toute tentative de retirer soi-même la fausse membrane.
