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Vendredi 27 Mars 2026
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Colère des diplômés en transport sanitaire face à l’absence de débouchés, malgré les besoins du secteur

À Rabat, des diplômés en transport et secours sanitaire annoncent un sit-in le 1er avril 2026 devant le ministère de la Santé et de la Protection sociale pour dénoncer le blocage de leur intégration professionnelle. Formés pour intervenir dans le transport des patients et la prise en charge des urgences, ces profils restent, selon leurs représentants, exclus des dispositifs de recrutement public. Leur mobilisation intervient dans un contexte de réorganisation du secteur, où les besoins opérationnels coexistent avec l’absence de solutions concrètes d’insertion.

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Un mouvement de protestation des diplômés en transport et secours sanitaire est annoncé à Rabat, le 1er avril 2026, devant le ministère de la Santé et de la Protection sociale, à l’appel du syndicat des cadres administratifs et techniques du secteur. Cette mobilisation intervient dans ce que les organisateurs décrivent comme un blocage persistant de leur intégration professionnelle, malgré plusieurs années de formation et des besoins reconnus dans le secteur.

Ils affirment, par ailleurs, que ce dossier demeure sans issue concrète et les échanges engagés avec le ministère n’ayant, à ce jour, débouché sur aucune mesure opérationnelle, notamment en matière de création de postes ou d’intégration dans le système public de santé. Une situation qu’ils considèrent comme révélatrice d’une marginalisation durable de ces profils, pourtant formés à des missions essentielles liées au transport des patients et à la prise en charge des urgences.

Le principal point de crispation tient, pour les représentants du secteur, à l’absence d’intégration de ces techniciens dans les structures publiques, notamment les hôpitaux, les centres hospitaliers universitaires et les dispositifs d’urgence tels que le SAMU. Ils soulignent que, contrairement à d’autres catégories du personnel de santé, ces profils ne bénéficient pas de mécanismes d’insertion ou de recrutement régulier, ce qui limite, à leurs yeux, leurs perspectives d’emploi.

Cette impasse intervient dans un contexte paradoxal. D’un côté, le nombre de diplômés ne cesse d’augmenter, avec plus de 259 lauréats actuellement en situation de chômage selon les données syndicales. De l’autre, les autorités locales reconnaissent les dysfonctionnements du secteur du transport sanitaire, en particulier dans des villes comme Casablanca, où le service est jugé peu structuré, marqué par l’informel et des insuffisances en matière de régulation et d’équipement.

Casablanca : une réforme du transport sanitaire jugée insuffisante pour l’intégration des diplômés

Un projet de réorganisation du secteur est d’ailleurs en cours d’examen au niveau de la commune de Casablanca. Il prévoit un encadrement plus strict de l’activité, avec une limitation du nombre d’opérateurs à 30 exploitants sélectionnés, l’instauration de contrats de gestion déléguée sur dix ans, ainsi que des exigences renforcées en matière d’équipements et de qualité de service. Le dispositif inclut également des mécanismes de contrôle et de sanction pouvant aller jusqu’à la résiliation des contrats en cas de non-respect des obligations.

Cependant, ce projet suscite de fortes réserves parmi les professionnels. Certains estiment qu’il risque d’exclure une grande partie des acteurs actuels, tandis que les conditions d’investissement, jugées élevées, pourraient freiner l’entrée de nouveaux opérateurs. Le coût d’équipement d’une ambulance est estimé à environ 100.000 dirhams, et l’investissement global nécessaire peut atteindre entre 4 et 5 millions de dirhams. À cela s’ajoute la durée limitée des contrats, perçue comme un facteur d’incertitude, ce dont ils s’inquiètent.

Dans ce contexte de recomposition du secteur, la question de l’intégration des ressources humaines formées demeure en suspens, dans l’attente d’arbitrages des autorités compétentes.
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