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Dimanche 04 Octobre 2026
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Égalité femmes-hommes : le Maroc au 139e rang mondial, l’emploi creuse l’écart

Les Marocaines ont largement réduit l’écart avec les hommes dans l’accès à l’éducation, mais ces avancées peinent encore à se prolonger dans la vie active. Entre le poids de l’analphabétisme chez les générations plus âgées, les disparités territoriales et une participation féminine au marché du travail toujours faible, le rapport 2026 du Forum économique mondial, qui classe le Maroc 139e sur 145 économies, met en lumière des inégalités qui persistent au-delà de l’école.

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Le Maroc se classe 139e sur 145 économies dans l’édition 2026 du rapport du Forum économique mondial sur les écarts entre les femmes et les hommes, avec un score de 0,632 sur 1, contre 0,628 en 2025. Cette légère progression ne se traduit pas dans le classement, puisque le Royaume recule de deux places en un an. Les écarts varient fortement selon les quatre domaines évalués : le Maroc est 118e dans l’éducation, 133e en matière de santé et de survie, 141e pour la participation et les opportunités économiques et 90e pour la représentation politique.

L’alphabétisation continue de peser sur les résultats dans l’éducation

Dans l’éducation, le Maroc obtient un score de 0,958, avec des indicateurs d’inscription dans le primaire, le secondaire et l’enseignement supérieur qui atteignent tous le seuil de parité retenu par l’indice. L’écart reste en revanche important dans l’alphabétisation, où le Royaume se classe 123e avec un score de 0,781 et un taux de 64,35% chez les femmes contre 82,44% chez les hommes.

Les résultats du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024 confirment la persistance de cet écart. Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), 32,4% des femmes âgées de 10 ans et plus sont analphabètes, contre 17,2% des hommes.

La situation est nettement différente chez les nouvelles générations, puisque le taux d’alphabétisation atteint 96,5% chez les jeunes femmes contre 97,5% chez les jeunes hommes. Chez les adultes, l’écart reste beaucoup plus important, avec un taux de 63,8% chez les femmes contre 80,7% chez les hommes.

Les disparités se creusent également selon le milieu de résidence, avec un taux d’alphabétisation des femmes adultes de 44,9% en milieu rural, contre 68,1% chez les hommes. En milieu urbain, ce taux atteint 73,9% chez les femmes et 88% chez les hommes.

En matière de santé et de survie, le Maroc obtient un score de 0,956 et atteint le seuil de parité retenu par l’indice pour le rapport entre les naissances de filles et de garçons. Le principal écart relevé dans ce volet concerne l’espérance de vie en bonne santé, pour laquelle le Royaume se situe au 138e rang. Les données reprises par le Forum économique mondial donnent 61,84 années de vie en bonne santé aux femmes contre 62,82 aux hommes, soit près d’une année d’écart.

De l’éducation à l’emploi, un décrochage marqué

Le volet économique est celui où le Maroc occupe son rang le plus faible parmi les quatre dimensions évaluées, avec une 141e place sur 145 et un score de 0,424. Dans le détail, le Royaume tombe au 143e rang pour la participation au marché du travail et occupe également la 143e place pour les revenus estimés.

Les données du HCP montrent l’ampleur de l’écart entre les femmes et les hommes sur le marché du travail. Au deuxième trimestre 2026, le taux de participation à la main-d’œuvre atteint 18,1% chez les femmes contre 66,5% chez les hommes, soit un écart de 48,4 points. Les femmes ne représentent ainsi que 21,5% de la main-d’œuvre du pays.

Le niveau de diplôme augmente sensiblement la participation des femmes au marché du travail sans combler l’écart global. En 2025, le taux d’activité atteignait 45,4% chez les femmes diplômées du supérieur, contre 12,8% chez celles ayant un diplôme de niveau moyen et 14,4% chez celles sans diplôme.

La progression observée dans l’accès des femmes à l’éducation ne se prolonge donc pas avec la même ampleur dans la vie active, où leur participation reste très inférieure à celle des hommes.

Une présence féminine encore minoritaire dans les institutions politiques

Dans les institutions politiques, le Maroc obtient un score de 0,188, identique à celui de 2025, tout en gagnant une place au classement. Le rapport fait état de 24,3% de femmes au Parlement et de 26,32% de femmes dans les fonctions ministérielles prises en compte par l’indice, plaçant respectivement le Royaume aux 81e et 57e rangs sur ces deux indicateurs.

Le paysage politique marocain a toutefois connu une évolution majeure après la publication du rapport et les élections législatives du 23 septembre. Le Roi Mohammed VI a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri Cheffe du gouvernement le 29 septembre et l’a chargée de former le nouvel exécutif, portant pour la première fois une femme à la tête du gouvernement marocain.

Cette accession au sommet de l’exécutif ouvre une nouvelle séquence pour la représentation politique des femmes au Maroc. Au-delà de cette première, elle peut contribuer à élargir la place des femmes marocaines dans les sphères de décision et à inscrire davantage leur présence aux plus hautes responsabilités politiques.

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