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Mercredi 06 Mai 2026
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GITEX Health Africa : le Maroc mise sur une santé digitale, inclusive et souveraine

Lancée, ce lundi, à Casablanca sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la première édition de GITEX Future Health Africa Morocco réunit décideurs publics, industriels, investisseurs et innovateurs autour d’un enjeu central : accélérer la transformation numérique des systèmes de santé africains, tout en garantissant équité, souveraineté et accès universel aux soins.

Casablanca accueille, du 4 au 6 mai, la première édition de GITEX Future Health Africa Morocco, un rendez-vous inédit dédié à la santé numérique sur le continent. Organisé sous l’égide du ministère de la Santé et de la Protection sociale, en partenariat avec la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS) et porté par KAOUN International, l’événement ambitionne de structurer un écosystème africain autour des technologies de santé.

Dès l’ouverture, le ton est donné. Pour le ministre de la Santé, Amine Tehraoui, la transformation du secteur ne relève plus d’un choix mais d’une nécessité, dans un contexte où « la technologie va plus vite que nous ». Il met en avant des applications concrètes, de la télémédecine à l’intelligence artificielle, capables de répondre à des défis structurels comme les déserts médicaux ou la faiblesse des systèmes de surveillance épidémiologique.

Au cœur des échanges, la question de l’intelligence artificielle s’impose comme un levier majeur. Algorithmes prédictifs, outils d’aide au diagnostic, médecine personnalisée : les technologies numériques redessinent les contours des systèmes de santé. Mais leur déploiement pose aussi des enjeux de gouvernance, de protection des données et d’équité.

C’est précisément sur ce point que Youns Bjijou, directeur délégué de la FM6SS, insiste. Selon lui, la transformation digitale doit impérativement s’inscrire dans une logique d’accès universel et de souveraineté sanitaire. « La santé n’est pas une charge, mais un investissement stratégique », rappelle-t-il, tout en mettant en garde contre le risque d’une fracture numérique qui pourrait accentuer les inégalités territoriales et sociales.

L’enjeu dépasse le cadre national. Plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de penser cette transformation à l’échelle du continent. Pour le ministre, l’Afrique dispose des atouts nécessaires pour bâtir sa propre souveraineté sanitaire, à condition de renforcer la coopération régionale, de mutualiser les capacités de production et de développer des systèmes de données partagés.

Même lecture du côté de l’industrie. Yasmine Lahlou Filali, présidente de la Fédération marocaine de l’industrie et de l’innovation pharmaceutiques, estime que « la santé de demain sera digitale », mais aussi industrielle et inclusive. Elle appelle à la construction d’un écosystème intégré, capable de fédérer pouvoirs publics, acteurs technologiques, industrie pharmaceutique, investisseurs et start-ups.

GITEX Health Africa se positionne précisément comme cette plateforme. Pendant trois jours, près de 30 pays sont représentés, aux côtés de 200 exposants internationaux, parmi lesquels de grands groupes pharmaceutiques et technologiques. L’événement se veut à la fois un espace de démonstration, de réflexion et de conclusion de partenariats, avec l’ambition d’accélérer le passage de l’innovation à des applications concrètes.

Au-delà des discours, l’enjeu est clair : transformer les systèmes de santé africains en les rendant plus résilients, mieux connectés et pilotés par la donnée. Cela suppose de concilier innovation technologique, renforcement des capacités locales et accès équitable aux soins.

À Casablanca, le GITEX Health Africa ouvre ainsi un nouveau chantier : celui d’une santé numérique pensée pour les réalités africaines, où l’intelligence artificielle, loin de remplacer le soignant, devient un outil au service d’une médecine plus accessible, plus efficace et plus humaine.
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