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La femme marocaine en chiffres : l’essentiel du rapport du HCP

À l’occasion de la Journée nationale de la femme, célébrée le 10 octobre, le Haut-Commissariat au Plan a publié l’édition 2023 de son rapport annuel «La Femme marocaine en chiffres». Situation familiale, santé, éducation, accès à l’emploi, violences…, ce recueil présente les dernières données statistiques sur l’évolution de la condition des femmes au Maroc dans différents domaines.

Les femmes célibataires, de plus en plus nombreuses

En 2022, les femmes représentaient un peu plus de la moitié de la population du pays, soit 18.406.000 femmes contre 18.263.000 hommes. Alors qu’en 2014, le nombre de femmes s’élevait à 16.863.000 contre 16.748.000 hommes.



Concernant leur statut matrimonial, le document du Haut-Commissariat au Plan (HCP) révèle que le taux de célibat a considérablement augmenté chez les femmes âgées de 15 ans et plus. Celui-ci est passé de 28,1% en 2020 à 40,7% en 2022. Le recueil précise aussi que 62,5% des femmes qui vivaient seules en 2022 sont âgées de plus de 60 ans, 30,5% d’entre elles sont âgées de 30 à 59 ans et 4,3% ont moins de 30 ans.

On apprend, par ailleurs, que le nombre de femmes mariées a légèrement reculé 57,3% en 2022 contre 57,8% sont mariées en 2020. Le HCP précise également que les Marocaines se marient de plus en plus et de plus en plus jeunes, contrairement à ce que l’on pourrait croire. En effet, l’âge moyen du premier mariage des femmes est passé de 27,2 ans en 2004 à 25,5 en 2018, contre 31,9 ans pour les hommes. En ville, les femmes se marient en moyenne autour de 26,6 ans, contre 23,9 dans les campagnes.

Par ailleurs, sur les 8.823.000 ménages au Maroc, 17% sont dirigés par des femmes en 2022 contre 16,9% en 2021 ; le nombre de ces ménages est plus important dans le milieu urbain (19,4%) contre (11,4%) dans le milieu rural. Il s’agit dans la majorité des cas de femmes veuves (54,6%), suivies des femmes mariées (23,7%).

La santé des femmes s’améliore

Selon le rapport du HCP, l’espérance de vie des femmes est passée de 72,1 ans en 2001 à 78,6 ans en 2022. Cette moyenne est plus élevée en ville (80,1 ans) alors qu’en campagne elle est de 75,7 ans. Le HCP note également une nette amélioration de la situation sanitaire des femmes, notamment au niveau des soins prénataux et la mortalité maternelle.

On apprend ainsi que le taux de couverture des soins prénataux et de l’assistance lors de l’accouchement est passé de 60,4% en 2004 à 86,1% en 2018. De même, le taux de mortalité maternelle est passé de 227 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2003 à 72,6 en 2018. Toujours en 2018, quelque 70,8% des femmes utilisent une méthode contraceptive.

Scolarisation des filles, des avancées importantes observées

Côté accès à l’éducation, le rapport fait état de la scolarisation de 96,1% des filles âgées de 15 à 17 ans en 2022 en milieu urbain et de 47,6% en milieu rural. Le document souligne également qu’en 2022, 92,7% des élèves filles ont achevé leurs études du cycle primaire, 66,5% ont terminé le collège et 43,2% ont terminé le lycée.

Dans les différentes filières de l’enseignement supérieur, le HCP indique que le taux de féminisation atteint 58,4% en 2022 contre 49,4% en 2012 ; une hausse portée notamment par les sciences de l’éducation et le paramédical qui connaissent un taux de féminisation respectivement de 72,4% et 73,3%. On note également que le taux de femmes diplômées du cycle master et doctorat de l’enseignement supérieur a augmenté. Celui-ci est passé de 38,8% en 2012 à 48,3% en 2022. S’agissant du niveau d’études de la population âgée de 25 ans, le rapport révèle qu’en 2022, 50,3% des femmes n’ont aucun niveau d’études contre 61,9% en 2010.

Quant au taux d’alphabétisation des femmes, celui-ci est passé à 57,7% en 2022 contre 55% en 2004. Ce taux a atteint 77,1% chez les hommes en 2022 contre 75,5% en 2020, tandis que le taux global d’alphabétisation était de 67,3% en 2022 contre 65,1% en 2020.

Le taux de chômage des femmes toujours en hausse

Le rapport souligne, en outre, que le taux d’activité des femmes âgées de 15 ans continue de baisser depuis quelques années, passant de 26,8% en 2010 à 22,6% en 2022. Quelque 33,7% d’entre elles ont plus de 45 ans, 30,3% sont âgées de 25 à 34 ans et 23,8% ont entre 35 et 44 ans. Concernant les secteurs d’activité, le HCP révèle qu’en 2022 le secteur de l’agriculture, forêt et pêche concentre la plus forte proportion de femmes (30,1%), suivi de celui de l’industrie et l’artisanat (26,1%) et des services (19,3%). Le taux de chômage des femmes est, quant à lui, passé de 8,9% en 2010 à 17,2% en 2022.

Les postes de décision se féminisent

Le rapport du HCP est également revenu sur l’évolution du taux des ministres féminins et masculins dans le gouvernement. Ainsi, le taux de ministres femmes est passé de 12,8% en 2011 à 24% en 2022, soit pratiquement le double. Tandis que le taux des ministres hommes est passé de 87,2% en 2011 à 76% en 2022. De même, une importante augmentation a été constatée dans le nombre des effectifs des sièges occupés par les femmes dans le parlement (67 en 2011 contre 96 en 2021) et la Chambre des conseillers (6 en 2011 contre 15 en 2021).

On constate également une évolution de la part des postes «élus» occupés par des femmes. Ainsi, le taux de femmes élues aux conseils régionaux est passé de 2,21% en 2009 à 38,5% en 2021 et au niveau des conseils de préfecture et de province, ce taux est passé de 2,25 en 2009 à 35,6% en 2021.

Par ailleurs, le taux de féminisation aux postes judiciaires et de la profession d’avocat sont passé de 22,3% et 21,2% en 2012 à 25,5% et 22,3% en 2022. Le rapport révèle aussi que le taux de féminisation des postes de responsabilité dans les médias est passé de 10,5 en 2010 à 27,3% en 2022.

Enfin, concernant les entreprises dirigées par des femmes, leur part a atteint 12,8% en 2019. Il s’agit généralement de petites entreprises. Elles sont plus présentes dans le secteur des services (17,3%), suivi du commerce (13,8%), de l’industrie (12,6%) et de la construction (2,6%).

La prévalence des violences économiques augmente

Le rapport s’est également penché sur la question de la violence à l’égard des femmes. Ainsi, on apprend que 57% d’entre elles ont été victimes d’un acte de violence en 2019. Les prévalences des violences économiques et sexuelles ont fortement augmenté. Elles sont passées respectivement de 8 à 15%, et de 9 à 14% entre 2009 et 2019. La violence faite aux femmes et aux filles reste principalement perpétrée au sein de l’espace conjugal et familial avec une prévalence de 52,1%, suivi du milieu éducatif avec un taux de 18,9% et du milieu professionnel (15,4%). Dans les espaces publics, la prévalence est de 12,6%.