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Vendredi 24 Avril 2026
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Le nez humain se souvient durablement des virus et les combat en cas de retour (étude)

Et si la première ligne de défense du corps humain se jouait là où on ne regardait pas vraiment ? Longtemps réduit à un simple organe respiratoire, le nez apparaît désormais comme un acteur clé de l’immunité, capable de garder en mémoire les virus et de freiner leur progression dès leur entrée dans l’organisme. Une découverte qui bouscule les idées reçues et ouvre de nouvelles pistes en matière de prévention et de santé publique.

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Une étude menée par des chercheurs du La Jolla Institute for Immunology, un institut de recherche biomédicale basé en Californie, et relayée récemment par la revue Nature, apporte un éclairage précis sur le rôle du nez dans la défense immunitaire. Les travaux, auxquels ont notamment contribué les équipes du chercheur Shane Crotty, s’appuient sur l’analyse des cellules présentes dans les voies respiratoires supérieures.

Les scientifiques montrent que le nez abrite des cellules immunitaires capables de conserver la mémoire des virus déjà rencontrés. Installées directement dans les tissus nasaux, ces cellules restent en alerte au point d’entrée des infections respiratoires. Lorsqu’un virus similaire réapparaît, elles déclenchent une réponse rapide, produisant des anticorps ou activant d’autres mécanismes de défense pour limiter la propagation de l’infection.

Ce fonctionnement marque une évolution dans la compréhension de l’immunité. Jusqu’ici, l’attention se portait surtout sur les cellules circulant dans le sang. Or, ces travaux mettent en évidence l’importance des cellules dites « résidentes », présentes dans les tissus, qui agissent comme une première ligne de défense, plus rapide et plus ciblée.

Les chercheurs soulignent également que cette mémoire immunitaire peut persister sur le long terme, parfois pendant plusieurs années. Les vaccins participent à ce processus en entraînant ces cellules à reconnaître les agents pathogènes. Toutefois, l’efficacité de cette mémoire dépend aussi de la capacité des virus à évoluer, certaines mutations pouvant contourner partiellement cette reconnaissance.

Au-delà de la découverte fondamentale, ces résultats ouvrent des perspectives concrètes, affirment les chercheurs. Ils pourraient orienter le développement de vaccins administrés par voie nasale, capables de renforcer cette immunité locale dès le point d’entrée des virus, une piste stratégique pour mieux prévenir les infections respiratoires à l’avenir.
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