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Mardi 24 Mars 2026
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Sans progression, le Maroc maintenu à la 112e place du classement du bonheur en 2026

Connu pour son sourire et sa chaleur humaine, le peuple marocain ne figure pourtant pas parmi les plus heureux au monde. Le dernier rapport mondial sur le bien-être classe le Royaume à la 112e place sur 147 pays en 2026, confirmant un recul dans le temps et révélant un décalage persistant entre conditions de vie et perception du bonheur.

image générée par IA
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Le Maroc recule dans le classement mondial du bien-être et s’installe, année après année, dans le bas du tableau. C’est ce que révèle le dernier le dernier rapport mondial sur le bonheur, publié par le Centre de recherche sur le bien-être de l’Université d’Oxford. Dans cette édition 2026, le Royaume se positionne à la 112e place sur 147 pays, avec un score de 4,646 sur 10, confirmant une stagnation à ce niveau depuis 2024. Une trajectoire en recul si l’on se réfère à son meilleur classement en 2016 (84e mondial), point haut depuis lequel le pays a progressivement perdu du terrain .

À l’échelle mondiale, la Finlande conserve la première place pour la neuvième année consécutive, suivie de l’Islande et du Danemark. Le top 10 est également occupé par la Suède, la Norvège, les Pays-Bas, le Luxembourg ou encore la Suisse . À l’opposé, l’Afghanistan ferme le classement mondial . Entre ces deux extrêmes, le Maroc se situe dans le dernier tiers, à proximité de pays comme le Kenya (110e) et l’Ukraine (111e), et légèrement devant la Guinée (113e) ou le Mali (114e) .

À l’échelle régionale, le pays se classe 14e sur 18 dans la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord, un positionnement qui confirme un décalage avec plusieurs pays de la région. Sur le continent africain, la hiérarchie reste fragmentée : certains pays se situent au milieu du classement mondial, tandis qu’une large partie de l’Afrique subsaharienne reste en bas du tableau .

Mais au-delà du classement, le rapport précise sur quels critères repose cette mesure du bien-être. Les pays sont évalués à partir des réponses des habitants, qui notent leur propre vie sur une échelle de 0 à 10. Cette note est ensuite analysée en fonction de plusieurs facteurs clés : le niveau de vie, la santé, le soutien social (pouvoir compter sur ses proches), la liberté de faire ses choix, la générosité et la perception de la corruption...

Des signaux plus profonds sur le ressenti des Marocains

Les auteurs mettent également en évidence une évolution paradoxale : alors que 79 pays ont vu leur niveau de satisfaction de vie progresser entre 2006–2010 et 2023–2025, contre 41 en recul , les émotions négatives – comme le stress, l’inquiétude ou la tristesse – augmentent dans toutes les régions du monde . Autrement dit, les conditions de vie s’améliorent globalement dans de nombreux pays, mais le ressenti des individus, lui, se dégrade. Cette contradiction met en lumière une transformation plus profonde : les attentes progressent plus vite que les conditions de vie, ce qui crée un décalage entre ce que les personnes vivent et ce qu’elles espèrent.

L’édition 2026 met un accent particulier sur le rôle des usages numériques dans le bien-être. Les données montrent un schéma simple : plus le temps passé sur les réseaux sociaux augmente, plus le niveau de satisfaction de vie tend à diminuer. À l’inverse, un usage modéré est associé à un meilleur équilibre. Chez les jeunes, les utilisateurs les plus intensifs sont aussi ceux qui déclarent davantage de stress et de signes de mal-être.

Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, où l’utilisation des réseaux sociaux est parmi les plus élevées au monde, cette tendance se confirme : les utilisateurs intensifs ont plus souvent une perception négative de leur propre situation.

Pour autant, les chercheurs ne tirent pas de conclusion simpliste et insistent sur un point clé : ce n’est pas seulement le temps passé en ligne qui compte, mais la manière dont ces outils sont utilisés. Les usages basés sur l’échange, la communication et le lien social peuvent être positifs, tandis que les usages passifs – regarder, comparer, suivre – sont davantage associés à une baisse du bien-être.

Au fond, le rapport rappelle que le bonheur repose d’abord sur les relations humaines. Le soutien des proches, la confiance et le sentiment d’appartenance comptent davantage dans la satisfaction de vie. Les données montrent que ces facteurs ont plus d’impact que le temps passé sur les réseaux sociaux. Un rappel essentiel, à l’heure où les réponses se cherchent souvent ailleurs.
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